‹ La géographie du TalmudChapitre 35 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

corde parfaitement avec la situation du mont Quarantania. La Mischna dit que Çouk était a 90 stades [Ris, 1 2 milles romains) de la capitale de la Palestine.

Il n’est pas improbable que la station Beth Hidoud * , fixée par la Mischna à trois milles de Jérusalem et située entre cette ville et le mont Çouk, soit identique avec le ouadi-el-Hodh, près du village el-Azirieh*. On pourrait trouver quelque identité entre le Aïn-Douk 8 au pied du mont Quarantania et le Çouk de la Mischna.

g ». — Plaine»

Le Talmud vante beaucoup la fertilité de la plaine de Genezareth (Guinusar). Les mots bibliques « la bénédiction de Dieu » se rapportent à cette plaine *. Les fruits y sont d’un goût exquis. « Pourquoi n’y a-t-il pas des fruits de Guinusar à Jérusalem? demande un docteur dans le Talmud5; parce qu’on nous reprocherait d’aller passer les fêtes à Jérusalem uniquement pour jouir de ses fruits (et non pour le service divin). » Josèphe6 se prononce dans le même sens sur cette plaine; nous citerons ses propres {«rôles :

i Mischna, Yoma, vi, 6 nnn P’2. Dans la rédaction de la Mischna, conservée dans le Talmud de Jérusalem, on lit pnn JTD au beu de HHH P1 * 3!!, ce qui est évidemment une faute des copistes.

*Cf. la carte de M. Van. de Velde.

3 Robinson, Phys, geogr ., p. 232.

3 Siphré, à la fin, éd. Friedmam, p. 14.

STalm. de Bab., Petahim, 8 b.

C Guerre, III, x, 8.

« La nature de la plaine de Genezareth est aussi mer- » veilleuse que sa beauté; le sol en est tellement fertile » que toutes sortes d’arbres y peuvent prospérer; aussi » les habitants y cultivent-ils toutes espèces d’arbres, » car la nature de l’air est si bien composée qu’il con- » vient très-bien à ces diverses espèces, principalement » aux noyers, qui demandent l’air le plus frais et qui » prospèrent là en grande quantité. On y voit aussi des » palmiers, qui réussissent le mieux dans un milieu » chaud ; le figuier et l’olivier viennent à côté, et cepen- » dant ces arbres demandent un air plus tempéré. On » pourrait appeler ce lieu « l’ambition de la nature; » » elle y force les plantes qui sont naturellement enne- » mies à s’accorder entre elles. C’est un heureux résumé » des saisons, comme si chacune d’e'.les avait des pré- » tentions sur cette contrée; car non-seulement elle » produit des fruits de l’automne au delà de ce qu’on en » attend, mais encore elle les conserve pendant long- » temps ; elle fournit aux hommes les principaux fruits, » et constamment pendant dix mois de l’année, du rai- » sin et des figues, et les autres fruits durant toute l’au- » née, à mesure qu’ils mûrissent; car, outre l’excellente » température de l’air, le pays est aussi arrosé par une » très-bonne source. »

Les voyageurs modernes 1 confirment les données du Talmud et de Josèphe et parlent de cette plaine avec un grand enthousiasme. Les Talmuds, dans la division de la Galilée en pays montagneux, pays de plaine et pays de vallée, la considèrent comme pays de vallée.

La plaine de Darom est la plaine de la Judée en général; elle s’étend de Lod jusqu’au sud, où elle se con-

■M. Renan, Vie de Jésus, p. 144.

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