LIVRE PREMIER. LA PALESTINE 4Ù
ils pas, en cas de guerre, du privilège établi par la législation mosaïque* : « Qui est-ce qui a bâti une maison neuve et ne l’a point dédiée? qu’il s’en aille et qu’il retourne dans sa maison, de peur qu’il ne meure dans la bataille et qu’un autre ne la dédie. »
Le jour de Kippour, dans sa prière pour le peuple, le grand-prètre ajoutait un paragraphe spécial pour les habitants de Sharon et disait8 : « Dieu veuille que les habitants de Sharon ne soient pas ensevelis dans leurs maisons. » Le Talmud 3 rapporte une prière semblable faite pour le3 Juifs de Babylonie demeurant dans les contrées où les maisons sont également menacées de ruine par la pluie.
M. Graetz * veut que la prière mentionnée se rapporte aux habitants de Sarona, pays entre le mont Thabor et le lac de Tibériade, parce que, dit-il, on y était souvent exposé aux tremblements de terre. Nous croyons comprendre que les Talmuds parlent des écroulements qui arrivaient régulièrement (deux fois en sept ans), et non des accidents. La reconstruction de maisons détruites accidentellement aurait certainement exempté leurs propriétaires du service militaire.
La dénomination Sharon, appliquée au pays entre le mont Thabor et le lac de Tibériade, ne se trouve qu’une fois dansEusèbe ; si les Talmuds avaient voulu désigner ce pays par le mot Sharon, ils auraient dû dire « Saron en Galilée, » la plaine de Saron en Judée étant tellement connue5 qu’une distinction aurait été indispensable.
I Deutéronome, xx, 5.
8 Tel. de Jér., Soiah, vin, 7 ; Toma, v. 3.
*Tul. de Bab., Taanith, 22 b. Cf. aussiM. Wiesner, Scholicn, etc., fasc. Il, p. 162.
4 OeschicAte der Juden, 2* éd., t. III, p. 182.
* Le n déterminatif de mon, dans les passages talmudiques
Outre les plaines mentionnées, les Talmuds citent les noms de plusieurs autres, parmi lesquelles nous nommons la plaiDe d’Yizréel (Merdj Ibn Amer) et celle de j^CO situées dans le pays de la tribu d’Issachar. Elles sont séparées l’une de l’autre par une montagne, d’après le Midrasch1. Peut-être faudrait-il lire, au lieu de j^CD, le mot et entendre par là la ville de Kesouloth*; la petite plaine où se trouve cette ville est séparée, sur une certaine longueur, par le mont dit de Précipitation , de celle d’Yizréel. 11 n’est pas permis de prendre les paroles de ce Midrasch au figuré, puisqu’il donne les noms des deux plaines et la situation exacte de celle d’Yizréel. La plaine de Beth-Havralhan3 est peut-être la grande plaine de Hauran, appelée aujourd’hui en- Noukrah. Nous parlerons de la plaine de Yadaïm ou Belh Rimmon dans l’article Bettar. Les autres plaines que donnent les Talmuds sont empruntées aux villes dans le voisinage desquelles elles se trouvent. Nous les mentionnerons dans la partie topographique.
Vallées. Nous trouvons dans le Midrasch * que la * vallée de Schavé » tirait son nom du mot nr « se mettre d’accord. » Les Hethéens y auraient proclamé à l’unanimité Abraham comme * prince de Dieu. » Selon
cités prouve qu’il s'agit d’une plaine fort connue. Il y avait aussi une mesure d’arpentage appelée dans la Misclma, Küaïm, H, 0 « joug de Saron » 'ïiTCn PU’-
1 Deretchith rabbo, ch. 88. Nous ferons remarquer en passant que le Midrasch rallia, ainsi que le Yalkovt, a subi deux rédactions; nous citons selon l'édition d’Amsterdam. — Dans les autres éditions, le passage en question ne se trouve pas.
* Josué, xix, 18.
3 jmnn JT3 njJP3 ; fai. de Bab., Mocd K alan, 3 b.
i Bcrcschilk rabba, ch. 42 ; cf. Keland Palœstinu, t. I, p. 3Sd.