LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
il est permis d'en élever dans les déserts de la Judée e* dans ceux du pays d’Acco. » La Tosiftha1 a une autre variante : « Dans les déserts de la Judée et dans ceux du pays d’Amaïk. »
Les déserts de la Palestine en général et ceux de la Judée en particulier, sont trop connus pour que nous ayons besoin de les énumérer ici. Les déserts d’Acco se trouvent dans la plaine d’Acco, vers le sud. où l’on rencontre beaucoup de pâturages*. Le pays A’Amaïk comprend probablement les environs à’Amiouka, au sudouest du bassin el-Houleh , terre qui est peu fertile jusqu'à Safed. LesTalmuds citent encore un désert à propos du mont Çouk (Quarantania), qui doit être le désert de Jéricho. Il est fait mention du désert de Jéricho une seule fois dans l’Ancien Testament 3 et plusieurs fois dans le Nouveau4; d’après le Nouveau Testament, ce désert était un repaire de bêtes fauves. Saint Jérôme parle même de brigands qui infestaient ce désert. Il dit à propos de l’endroit Maale Adumim 3 : « Cet endroit est appelé encore aujourd’hui « Ascension des Rouges, » à cause du sang que les brigands y versent souvent. Cet endroit se trouve sur le chemin de Jérusalem à Jéricho, à la frontière des pays de Benjamin et de Juda; il y existe encore aujourd’hui un château fort avec des soldats pour protéger les voyageurs. C’est à cette place que Notre -Seigneur fait allusion, en parlant d’un homme qui fut dépouillé sur le chemin de Jérusalem à Jéricho. »
* Mime traité, ch. 8. Notre édition porte aulieude p"KDV,
qu'on lit dans le manuscrit de Vienne. L'emploi d’une forma arabe Amali est assez singulier.
* Robinson, Phyt. gtogr., p. 114.
3Josué, xvi, 1.
* Saint Marc, l, 13.
5 De loe. t. te. ad vocem Addomim
Les voyageurs modernes font un triste tableau de ce pays. Maundrell * en dit : « C’est un pays aride et dévasté, parsemé de rochers et de montagnes étagées avec une grande irrégularité ; on dirait que le sol y a subi de fortes secousses et vomi ses entrailles. » Il ajoute : € On ne peut voir un jiays plus solitaire et plus triste sur toute la terre. » La Mischna - dit : On dressait dix tentes depuis Jérusalem jusqu’à Çouk; les notables de Jérusalem accompagnaient jusqu’à la dernière des tentes l’homme qui emmenait le bouc émissaire dans le désert. A chacune de ces tentes on lui offrait de la nourriture et de l’eau. » Ces précautions étaient probablement dues à ce que la contrée, traversée par ce chemin, était inhabitée et n’offrait aucune ressource au voyageur.
§ — Division» de 1* Palestine.
La Bible1 2 3 déjà, en fixant les lieux de refuge pour les meurtriers involontaires, divise les pays en deçà et au delà du Jourdain en trois parties. « Ils consacrèrent donc Kedèsch, en Galilée, dans la montagne de Nephthali ; Sichem , dans la montagne d’Ephraïm, et Kiryath-Arbah (qui est Hébron), dans la montagne de Juda. Et au delà du Jourdain, de Jéricho vers le levant, ils fixèrent (comme ville de refuge) Becer dans le désert, dans la plaine de la tribu de Reüben , Ramoth, en Gilad,
1 A joumey (rom Aleppo to Jérusalem , p 109.
2 Toma, xi, 8.
3 Jonué, xx. 7, 8.