LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
Ailleurs1 *, Josèphe précise mieux cette frontière par le village d’Anouath, appelé également Horkéos. Ce dernier est sans doute le village de Burkin*, au sud-est de Djenin. On ne peut douter que le nom ’AvusiO de Josèphe et celui de ’JtTÿ ne soient identiques; il n’y a qu’une transposition de lettres. En tout cas, nous pouvons prendre la frontière de la Samarie vers la Galilée, tout près de Kefr Koud (Capercotia), et ce n’est pas trop se hasarder que d'identifier, d’accord avec M. Schwarz3, le Kefr Ouiheni des Talmuds avec Kefr Koud.
Dans les Talmuds, Antipatris est compté au nombre des villes de la Judée. « Entre Kefr Outheni et Antlpatris, y lit-on, on suit pour les pratiques religieuses tantôt le règlement prescrit pour la Judée, tantôt celui de la Galilée; en d’autres termes, pour les lieux situés entre les deux villes Kefr Outheni et Antipatris, on applique toujours les règlements dont les prescriptions sont le plus rigoureuses4 *. Les villes maritimes du côté de la Samarie appartenaient, selon Josèphes, à la Judée jusqu’à Ptolémaïs. Le Talmud exclut ces villes de la Judée, quand il s’agit des pratiques religieuses prescrites pour cette dernière province. Il n’y a donc rien d’étonnant si l’on trouve dans le Nouveau Testament6 que Césarée, par exemple, n’est pas une ville de la Judée. Les apôtres connaissaient probablement mieux la division de la Palestine selon l’école juive, au point
i Ibidem, 5.
* Robinson, Bibl. researches, t. H, p. 319 et 318.
3 Dos heilige Land, p. 48. Le j; répond souvent au ghaïn arabe, et par conséquent au y des Grecs; niJI se prononce G ata. ’jrW devenait dans la bouche du peuple ghonthni.
4 Tal. de Bab., Gnittxn, 76 a.
s Guerre, Ht, ni, 5.
* Actes des Apitres, xii, 19; xxi, 10.
de vue des pratiques religieuses, que celle de César faite au point de vue politique ou stratégique. M. Renan a suffisamment démontré dans son remarquable livre, « la Vie de Jésus, » que pour comprendre les Évangiles, il faut avoir très-souvent recours aux documents talmudiques.