‹ La géographie du TalmudChapitre 43 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE (il · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE (il

Notre explication de la mischna en question se trouve confirmée par les paroles de R. Yohanan, au sujet de la division de la Judée. Ce docteur dit 1 : « Il y a encore une autre subdivision (pour le pays de la Judée), savoir : depuis Beth-Horon jusqu’à Emmatls, c’est le pays des montagnes ; de là jusqu’à Lod, la plaine, et depuis Lod jusqu’à la mer, la vallée. » La contrée depuis Beth-Horon jusqu’à la mer a en effet ses trois subdivisions si on la considère isolément; dans l’ensemble, elle est prise comme pays de plaine de la Judée. On pose à R. Yohanan la question suivante 4 : « Mais, d’après cette subdivision, la mischna aurait dû énumérer quatre pays, savoir : le pays de Juda, de Benjamin, la Perée et la Galilée. On y répond : « Ils se confondent, » (c’est-à-dire le pays de Benjamin se confond avec celui de Juda sous la dénomination de Judée). »

Si l’on considère en détail les endroits compris dans l’une quelconque de ces divisions, on trouvera certainement que telle ville désignée comme appartenant au pays de la plaine, est située sur la montagne, et vice versa. La Guémare déjà observe cette anomalie : « La plaine, dans les pays montagneux, est regardée comme montagne, et la montagne dans les pays de la plaine est considérée comme plaine; c’est pourquoi la mischna dit : « le pays depuis Beth-Horon (qui se trouve sur la montagne dans le pays de la plaine) jusqu’à la mer forme une province » 3.

Les Talmuds ne disent rien de particulier sur la fer-

• Tal. de Jér., Schebtith, ix, 2.

tlbid. Cf. la préface de VEreç ktdoumim (Biblische Erdbeschreibung), Wilna, 1839, p. xxxvi.

3 Ibidem. Le mot jviQïOD 681 1111 mot 6rec doit se transcrire par TTEpr/jSpov. voisin.

tilité de la Judée ni sur le caractère de ses habitants en général. Ils en parlent seulement par opposition à la Galilée. Nous reviendrons sur ces points quand nous arriverons à cette dernière contrée.

La Judée, d’après Josèphe et Eusèbe, était partagée en plusieurs provinces 1 * , telles que Darornas, Gérarilica, Gébaléna, Sephelu, Thamnitica, Gophnitica , Acrabatena et Saronas. De ces provinces, les Talmuds ne mentionnent que les trois premières et la dernière. Daroma signifie Sud ; la province de Daroma est, par conséquent, celle qui est située au sud de la Palestine, comme l'explique saint Jérôme4. Selon Eusèbe3, cette province s’étendait un peu vers le nord, du côté d’Eleuthéropolis. Les Talmuds distinguent deux provinces de Daroma : « Daroma supérieure et inférieure. » Le passage où se trouvent ces deux noms est un des plus anciens documents talmudiques. Aussi croyons-nous devoir le donner in extenso 4 : « Rabban üamliel et les anciens » étaient debout 5 6 sur une estrade élevée sur le mont » Moriah, et devant eux se tenait son secrétaire Yoha- » nan muni de trois feuillets. R. Gamliel lui ordonna » d’écrire sur l’une: « Frères de Daroma supérieure

1 Cf. Roland, l’alecslina, t. I, p. 185-193.

- Ouumasticun, u. s.Dama : Daroiuu, hoc est, ad uustratem plagain.

'•'Ibidem, a. v. ’EaOspi.

* Tosiftha, Eduuyulh , ch. 2; Sanhédrin, ch. 2; Tul. do Jér., J laaser Scheni, v, G, et Sanhédrin, i, 1. Tul. de Rub, même traité, 11 a.

5La leçon la plus correcte se trouve dans la Tosiftha "tco pnn CÎTCOt1 l^iT Le mot V?l"b dans les autres rédactions, ne donne pas de sens.

6Co secrétaire est appelé, d’après M. Graetz ( Uesch . der Judcn, t. III, p. 274) Yohanau ben Nazouf ,‘i r)i*; p pnv); duns le Tal. do Jér., Maaser scheni, Yohanan ha-kohen (jnm pim) > dans les trois autres passages, Tuhanan.

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