‹ La géographie du TalmudChapitre 49 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

laissa partir les acheteurs et renonça au bénéfice énorme qu’on lui offrait.

La Mischna, à propos de la distinction entre les choses pures et impures de la catégorie des ustensiles, mentionne des perches'. et des ceintures4 qui provenaient d’Ascalon .

pci 102, Kefar Dikhrin se trouve, selon le Talmud de Babylone sur le mont Royal et selon le Midrasch 4, dans le Darom. Nous adoptons cette dernière opinion et croyons pouvoir l’identifier avec le village de Lhikrin 3, vers le nord d’Eleuthéropolis. Les Talmuds font dériver le nom de cet endroit du mot mm mâle, car, disent-ils, toutes les femmes y donnaient naissance à des enfants mâles.

tP’a ica» Kefar Bisch est expliqué dans les Talmuds 6 par « un méchant village » du mot araméen Les habitants étaient fort inhospitaliers. Reland 7 l’identifie avec le Capharabis que Josèphe place dans l’Idumée supérieure.

D^nr ica, Kefar Schihlim ou Schihlaïm, que les Talmuds citent avec les deux précédents, en ajoutant que chacun de ces endroits avait une population « deux fois aussi nombreuse que les Israélites à la sortie de l’Égypte. » C’est là une hyperbole familière aux talmudistes quand ils parlent de villes populeuses, et nous avons déjà eu occasion de la signaler dans le cours de ce travail. Les

« Kelim, xin, 7.

4 Ibid., xxhi, 2.

3 Ouittin, 67 a.

lEkha, II, 2. Dans le Tal. (le Jér., Thaanith, iv, 8, aucune indication n'est donnée pour la situation de Kefar Dikhrin.

’• Robinson, Bibl. rescarches, t. II, p. 29.

8 Cf. les passages talmudiques précités.

7 Paiostim, tome II, p. 684 et 686.

Talmuds diffèrent sur l’explication du nom de cette ville. Selon le Talmud de Babylone on s’y nourrit principalement d’une espèce de dattes, appelée Schihlaïm dans la Mischna1 2; selon le Talmud de Jérusalem et le Midrasch, la population s'y multipliait avec la même rapidité que la plante appelée Thahloucia Cette dernière explication exige une transposition de iettre : il faudrait qu’il y eût KcfarZ'Z~~. Nous n'insistons point sur des étymologies aussi arbitraires, qui appartiennent plutôt à la philologie qu’à la géographie.

La Bible mentionne une ville de Schilhim3, au sud de la Palestine; c’est peut-être notre Schihlim, sauf la transposition d’une lettre.

prr;. Gibthon appartenait à la tribu de Dan et est énumérée dans la Bible entre Elteké et Balath l 5 *. Elle fut donnée plus tard aux Lévites et se trouve mentionnée comme ville des Philistins au temps des rois de Juda°. R. Yohanan dit7 : « de Gibthon à Antipatris on comptait soixante rilbo de villes, parmi lesquelles Beth-Schemesch était la plus petite. » Gibthon se trouvait donc plus

1 C’bn®; Maaseroth , iv, b.

2 N’Dlbnn est expliqué dans les commentaires comme une espèce

de légume. Buxtorf (Lexicou talmudicum , a. v.) rend ce mot par dactylus immaturus, équivalent au mot cftrîîT. Nous préférons l'interpréter par « mauvaises herbes » qui poussent rapidement dans un endroit non cultivé et qu'on appelle dans le langage talmudique fTal. de liub., Erakkin , 31 a; Baba, Bathra, 07 a).

3 Josué, xv, 32. Cf. Bref Kedoumim. Ad vocem.

* Ibidem , xix, 44.

5 Ibidem , xxi, 23.

,!I Rois, xv, 27 ; xvi, 15.

7 Midrasch Ekha, n, 2; Tel. de Jér., Taanith, iv, S. Au lieu de 111723* on y lit pej sans la nounatio », comme pour yqjg (Juges, v, 19) et jn» (Zacharie, xii, 11); ftp (Juges, xxi, 19) et ijftp (Néhémie, xi, 5). Cf. Gesenius, Thésaurus l. keb., ad voc. pftp.

vers le sud que Beth-Schemesch. Il est probable que la ville de Baalath mentionnée avec Gibthon est le Balin actuel.

II est dit dans d’autres passages talmudiques 1 * que R. Akiba avait 24,000 disciples dispersés entre Gibthon et Antipatris. « La population de cette contrée, dit R. Yohanan 4 5 6 *, était autrefois aussi nombreuse que celle qui sortit de l’Égypte ; à présent, il n’y a même pas de place pour soixante ribbo de roseaux. » C'est l’exagération ordinaire, mais qui prouve que le pays était très-peuplé. Gibthon et Antipatris représentent les deux extrémités nord et sud de la Judée comme Dan et Beer-Scheba celles de la Palestine3.

n;:\ Yabneh est mentionnée dans la Bible comme ville des Philistins ‘. Cette ville est sans doute la même que Yabneel ï; que la Bible compte également parmi les villes des Philistins. Dans les auteurs grecs elle est appelée Jamnia ou Jamneiac' . Josèphe ", en racontant la marche de Titus d’Alexandrie vers Jérusalem, place Jamnia entre Ascalon et Joppé. L’itinéraire d’Antonin 8 la met entre Diospolis et Ascalon.

Nous savons par Philon 9 que Yabneh possédait une forte population de Juifs et que l'on y rencontrait également des païens. Sa réputation comme séjour des savants

I T. de Bab., Yebamolh, 82 4. On lit dans le Midrasch BerescMlh rabba, eb. Cl, QIC’üiN ce qui n’est pas correct.

* Midrasch Schir ha-Schirim, 1, 16.

3 T. de Bab., Sanhédrin, 94 4.

I II Paralipomènes, xxvi, 6.

5 Josué, xv, I l .

6 Roland, Palastina, a. v. Yabne.

’ Guerre, IV, xi, v.

8Kd. Wesseling, p. 150.

ÿ Leg. ad. Cajum. Cf. Rtiand, l. c.

LA QÊOaKAPHIE DU TA1.MUD

était probablement déjà établie avant la destruction du second Temple. R, Yohanan ben Zakal'1, après avoir prédit à Vespasien qu’il deviendrait empereur, lui demanda dès lors la grâce de Yabneh et de ses savants. Cette ville devint le centre de l’enseignement rabbinique. Après la destruction de Jérusalem elle jouissait * relativement à l’exercice des pratiques religieuses , des mêmes privilèges que la capitale avait eus précédemment, A Yabneh se trouvait le siège du sanhédrin jusqu’à l’époque de la guerre désastreuse de Bar Çosiba, où ce tribunal fut transporté à Ouscha en Galilée. Le lieu où siégeaient ses membres est appelé dans les Talmuds3 « le vignoble à Yabneh », expression qui rappelle involontairement l’Académie des Grecs. Les Talrnuds se sont naturellement ingéniés à expliquer 1 le mot « vignoble » : les docteurs, disent-ils, étaient assis en plusieurs lignes parallèles comme les rangées de ceps dans les vignes. Ailleurs 5 on lit que les docteurs s’assemblaient à Yabneh à l’ombre d’un pigeonnier; à Jérusalem, les séances, comme nous le verrons, étaient tenues sur une place très-ombragée. Le mot « vignoble » indique sans doute un jardin où l’on se trouvait à l’ombre.

Le célèbre voyageur Benjamin deTudèle0 identifia l’endroit Ibelin, cité dans l’histoire des croisades, avec notre Yabneh ; il prétend avoir vu la place occupée autrefois par la célèbre école de cette ville. M. Rappoport7

1 Ta!, de Bob., Guittin, 66 a.

2 Mischna, Rosch haschanah, tv, 1,2,3.

3 C"'- ! Tal. de Jér., Berakhoth , îv, 1.

1 1bidem .

s 17320 “pW ^>S21 MckhUtha , ch. 13.

6 Ed. Ascher, t. i, p. 78.

" Brekh Mil lin, p. 4.

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