LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
pétrissaient leur pâte, se rendaient ensuite à Jérusalem et étaient revenues avant que la pâte ne commençât à fermenter.
Les Talmuds prétendent que Lod fut fortifié par Josué 4. Cette ville joua un certain rôle à l’époque du second Temple 2. On raconte que la reine Hélène y possédait une souhka, que les docteurs trouvaient construite selon les prescriptions de la Loi3. On pourrait en tirer la conclusion que Lod avait été le séjour des docteurs quand le Temple existait encore à Jérusalem. En tout cas, Lod a dû être une ville importante, car d’après un passage talmudique elle aurait été le siège d’un tribunal qui avait le droit de prononcer la peine capitale. Un certain ben Stada ou ben Sitda 1 qui avait apporté de l’Égypte l'art de la magie, fut accusé comme séducteur et condamné à mort par le tribunal de Lod. Ben Stada ne serait-il pas le même Égyptien dont Josèplie dit qu’il s’avança jusqu’à Jérusalem au temps du gouverneur Félix avec 30,000 adhérents ; attaqué parles Romains, il réussit à s’enfuir, tandis que ses compagnons furent massacrés?
Dans quelques éditions du Talmud de Babylone Ben Stada est confondu avec Ben Pandèra (Jésus de Nazareth). Cette identification n’est nullement fondée, car Jésus, dont on raconte ailleurs l’exécution comme ayant eu lieu un vendredi, est appelé dans ce dernier passage
•Tal. do Jér., Meguiila, i, 1.
* M. de. Raumer, Palœslina, p. 210.
3 Tal. de Jér., Soukka. 1, 1. n21D csl U,1B espèce de tenle couverte do chaume, où les juifs doivent séjourner pendant les sept jours de la fête des Cabanes; Lévitiqucs, xxjll, 42.
1 N7I2D 12- Tal. de Bab., Sabbalh, 104 b. Tal. de Jér., Sanhédrin, vu, IG.
5 Cf. M. de Saulcy, les Derniers jours de Jérusalem, p. 21 et 22.
talmudique, Yèschou. La marche du procès de Jésus, il est vrai, a quelque analogie avec celle du procès de Ben Stada ; tous les deux ont été accusés du crime de séduction. Le Talmud de Babvlone, en faisant comme d’habitude un jeu de mots, donne le nom tOED à Marie, mère de Jésus*.
Lod était située dans une région très fertile. Les Talmuds4, dans leur style exagéré, racontent qu’on y enfonçait jusqu’au genoux dans le miel des dattes. Cette ville était très-commerçante; ses marchands sont souvent mentionnés dans les Talmuds*. On y fabriquait une espèce de tonneaux appelés dans la Mischna « tonneaux lodiens1.
Après la destruction du second Temple on trouve à Lod une école importante ; R. Eliézer ben Hyrcanos et R. Tarphon y demeuraient, et R. Akiba en faisait parfois son séjour5. Cette école n’était pas toujours d'accord avec les autres5. C’est elle qui a formulé le célèbre axiome : « Il est permis, pour éviter la mort, de transgresser toutes les prescriptions de la loi mosaïque, hormis celles concernant l’idolâtrie, l’inceste etle meurtre’.
' Cf. Buxtorf, Lexicon talm., a. v.
*Tal. de Bab., KetkovJioUt, 111a.
s Mischna, Baba Mccia, iv, 3. njT).
‘AV/ïm, n, 2. nin^> rr’Zn- Le savant grand-rabbin M. Lœw [Ben Hananya, année 1863, col. 926} croit que la Misclina veut parler ici dos vases lydiens (S-ffsa XuSi)) qui sont mentionnés chez Athenæus [Deipn. x, p. 492). Maimonide (dans son Commentaire de la Mischna) l’explique par « des tonneaux de la ville de Lod. » Il faut observer que les Talmuds confondent yfr avec N’i't6 ILaodicéejet avec la province de Lydie. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet.
5 Tal. de Bab., Sanhédrin, 32 4.
Tal. de Jér., Pesahim, ni, 7
" Même Tal., Schtbiith, iv, 2.