LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
On ne peut pas dire au juste pendant quelle persécution cette large concession fut fait© par les docteurs de la Mischna. L'importance de Lod comme centre d'enseignement ressort clairement d’un passage talmudique où l’on place cette ville en seconde ligne après Jérusalem'. Le lieu où siégeaient les docteurs à Lod est mentionné sous les noms de « la chambre haute de Beth Nitza1 2 3 4 ou Beth Libsa 3 et la chambre haute de Beth Arottm 4. »
Un passage talmudique5 6 compte la ville de Lod comme une ennemie de celle d’Ono; cette dernière se trouvait à trois milles au nord-est. C’était probablement à une époque où les Romains s’étaient emparés de Lod, d’où ils menacèrent la ville forte d’Ono. Il serait difficile do préciser à quel moment ce dicton talmudique doit se rapporter; il se rapporte peut-être à l’époque où Lydda se rendit à Vespasien*. Cette ville paya plusieurs lois son tribut dans les massacres des Juifs en Palestine. Le8T;dmuds désignent les victimes par «les égorgés de Lod7. » Ces boucheries eurent probablement lieu sous l’empereur Adrien peu avant la chute de Bettar ou après la prise de cette ville.
Lod, ainsi que Yabneh et les autres écoles de la Judée, perdit son importance après que le sanhédrin ffit transféré en Galilée. Son dernier privilège lui ftit enlevé au troisième siècle. L'année embolismique8 ne pouvait être
1 Pesihtha rabbathi, chap. 8.
2 Tal. de Bab., Sanhédrin, 74 a. Kinj rVQ n’ty-
3 Tal. de Jér., Schebiith, i», 2.
1 Mi'me Tab., Pesahim, ni, 7. CPN n’3
sCf. ci-dessous, p. 95.
6 Josèplie, Guérie, IV, vin, 1 .
7 Tal. de Bab., Baba Bathra, 10 b. VHiT
8 Toi. de Jér., Sanhédrin, i, 2; Tal. de Bab., Petahim, 62 4. et dans d'autres passages.
fixée, nous l’avons dit, qu’en Judée; au troisième siècle, quand le sanhédrin était déjà en Galilée, cette fixation avait encore lieu à Lod; maison reprochait aux habitants leur ignorance , leur orgueil et une grande indifférence pour les pratiques religieuses, et les délégués du sanhédrin cessèrent d’y aller pour l’intercalation des mois embolismiques. Lod en outre devait naturellement perdre toute importance pour les juifs, parce que les chrétiens commençaient à s'y fixer (au quatrième siècle déjà nous y trouvons un évêque). Cette ville était sans doute devenue trop pauvre pour entretenir des écoles et un sanhédrin. Le Midrasch 1 sur les dix dixièmes de la misère universelle en attribue neuf à la ville de Lod.
Les Talmuds* parlentd’un pont (défilé) à Lod, sur lequel un certain Apostomos aurait brûlé le Pentateuque. Il est question aussi dans la Mischna d’un Kcfar Lodim3 qui, sous certains points de vue de l’observance religieuse, n'appartenait plus à la Palestine. Kefar Lodim ne peut être un faubourg de Lod, comme le pense M. Lœw1, puisqu’alors cet endroit aurait fait partie de la Palestine. Cette localité, semble-t-il, doit se trouver sur la côte, dans les parages de Lod. Nous avons déjà vu que les villes de la côte n’étaient pas comptées comme appartenant à la Palestine 5.
102, Kefar Tabi était situé, selon les Talmuds, à l'est de Lod,:, non loin de cette ville7. On peut l’identifier avec l'endroit actuel Kefr Tabs.
1 Midrasch Esther, i, 2.
*Tal. da Jér., Taanilh , iv, 1 .
* Mischna, Onittin , I. 1. yfÿy -jq;.
1 Ben Hanunyak , année 1863, col. 924.
5 Ci-dessus, p. ü7.
*Tal. do Bttb. Jtosch k ’schanah, 31 b.
" Tal. de Jér., Berakhoth, I, 3.
s M. de Saulcy, Voyage en Terre sainte, t. I. p. 81 .