‹ La géographie du TalmudChapitre 61 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

à l’égard des Juifs à Césarée. Ces derniers possédaient une synagogue tout près d'une place appartenant à un Grec ; le Grec ne voulait à aucun prix vendre cette place aux Juifs. Bien mieux, il y fit élever des constructions et barra presque le passage conduisant à la synagogue. Un jour de sabbath, pendant que les Juifs s’assemblaient tranquillement dans leur synagogue, un ho me do Césarée, sans doute dans l’intention de provoquer une rixe, tua des oiseaux sur un vase de terre, devant la synagogue même. Or, celle action rendait la place impure, selon la loi talmudique. Il n’en fallait pas tant pour exaspérer la turbulente jeunesse juive qui ne demandait qu’à se battre. I.a lutte s’engagea entra Grecs et Juifs. Ces dernière eurent le dessous et furent obliges de fuir; ils se retirèrent aveo leurs livres saints à î'iarbata, à CO stades de Césarée, C’est peut-être cette synagogue que les ïalmuds désignent sous le nom de « Synagogue de la Révolte *.»

Malgré la population mêlée de Césarée, Rabbi - avait déclaré que cetto ville appartenait à la Palestine au point de vue des pratiques religieuses. On y trouve mémo beaucoup de docteurs qu’on désigne dans les Talmuds sous le nom lie « les Rabbi de Césarée \ » R'ous avons déjà dit que les Talmuds appellent Césarée « le Pays de

i Tal. de Jér., Nazir , vu, 3, cl dans d’autres passages NnïTir, NnTCl- On trouve aussi les leçons Nrmai ouurCViO"!) leçons «lui ne donuenl aucun sens. Cf. Ozar hokhma fjour. hèb.), t. I, p. 100. D’autres synagogues dans cette ville sont citées dans les Talmuds sous la désignation de piC’pT NntP’IS (Tal. de BuL>.. Yebamoth, 6S b). La racine *pD doit se prendre dans le sens de « résistance, » comme dans le passage “ppÿ? JCEO (Tal. de Jér., Maaser scheni, i, 2.

-Tal de Jér., Demoï, ii, 2.

3 Ibidem et dans d’autres passuges. 'HD’pT p2"L

06 I.A OÉOOKAPIIIK 1)1" TÀI.Mrn

Vie1 * » relativement à la vie matérielle. D’un autre côté, le Midrasch la désigne comme « ville d’abomination et de blasphème4 » probablement à cause des temples païens, des statues, des théâtres et autres monuments luxueux qu’on y voyait. Un passage talmudique3 se prononce d'une manière défavorable sur la justice romaine à Césarée. « Le verset biblique : Ta vie sera suspendue devant toi, dit le Midrasch, peut s’appliquer aux justiciables du tribunal de Césarée.» Remarquons seulement que ces derniers passages peuvent se rapporter également à la ville de « Césarée de Philipi>e.» Les Talmuds, à rigoureusement parler, distinguent entre les deux Césarée. Césarée de Palestine est désignée sous le nom de ’iQ’p ou NID’P, tandis que Césarée de Philippe s’appelle chez les talmudistes j’iD’P 4; mais cette distinction n’est pas observée dans nos éditions des Talmuds; on ne peut donc savoir au juste quelle Césarée les Talmuds ont en vue, lorsqu’un autre indice ne nous vient en aide.

Césarée est la dernière ville5 au nord de la côte de la Méditerranée, dont nous ayons à nous occuper; nous passons maintenant à l’intérieur de la Judée. Pour cette fraction du pays, nous indiquerons les lieux selon leur situation, relativement au point central de Jérusalem, en allant de l’ouest à l’est par le sud.

1 Cf. ci-dessus, p.

- Midrasch Schir Aa-Sckinm, i, 5. N'OTTJI TOnm rC"iC-

» Midrasch. Esthcr, ch. 1 ; pop ’tfl’HP-

• Cf. notre article sur Césarée de Philippe.

5 La ville de Dor (Tontoura) ne figure dans les Talmuds que pour les frontières. Cf. ci-dessus, p. 13.

§ 3. — I.c» tille* au norü'OiicM ci au *u<I-ouc*t de Jérusalem, dans le pays montagneux.

b)J2, Baal Schalischah, mentionné dans la Bible ', à propos de l’homme qui apportait du blé au prophète Elisée pendant la famine. Cette région, à en conclure d’après le fait cité, était très-fertile. Les Talmudsi 2 rapportent que les fruits y mûrissent plus tôt que dans les autres parties de la Palestine. Dans un second passage les Talmuds accordent la môme précocité au territoire do Jéricho3, ce qui fait supposer à tort à M. Schwarz 1 que Baal Schalischa doit se trouver dans le Ghor (Jéricho).

Il est difficile d’indiquer où était situé Baal Schalischa. Les Talmuds, nous l’avons vu, ne nous en disent rien. Le Targouin de Jonathan3 * rend le mot Schalischa par Deroma ; or, pour le Talmud ce mot représente la plaine de Darom jusqu’à Lod B. Si on place Baal Schalischa à l'extrémité nord de cette plaine, on se trouvera d’accord avec Eusèbe7 qui indique cette localité à quinze milles vers le nord de Lod, dans la province Thamnitique. Disons, en passant, que cette province doit son nom à une ville appelée Thamna et qui, par conséquent, doit se trouver au nord-ouest de Jérusalem et ne peut être

i II Rois, iv, 42.

- Tal. de Bob., Sanhédrin, 12 a.

3 Cf. notre article Jéricho.

1 Dos heilige Land, p. 122.

5I Samuel, ix, 4; II Rois, iv, 42.

h Cf. ci-dessus, p. 46.

I Ononi. S. v. ^ïtOsapniO.

confondue avec la ville de Thimna, au sud-ouest de Jérusalem. Nous reviendrons sur ces deux villes.

Saint Jérôme dit que Baal Schalisclia porte le nom de la province de Schalisclia qui avait appartenu à la tribu d’Éphraïm.

11 Cl, Guimzo cité dans la Bible 1 parmi les villes delà tribu de Juda. Les Talmuds la mentionnent comme ville natale d’un certain Nahoum. Ce Nahoum, dit le Talmud -, avait pour maxime que Dieu dirige toutes choses pour le mieux. Lui arrivait-il un désagrément ou un malheur, il avait pour coutume do dire philosophiquement : « Ceci également est pour le bien. » C'est là un jeu de mots sur le nom de la ville de lie; et l’expression lie; «ceci aussi». Le Rlidrasch parle d’un district Bar Guimzo3, à propos d’un mot usité seulement dans cette province. Nous ne pouvons savoir si le Midrasch veut parler de notre Guimzo ou d’une province hors de la Palestine.

On trouve un village Djimzn *, non loin de Lod, qui est sans doute le même que le Guimzo de la Bible et des Talmuds.

mnn, Hadassah est mentionnée dans la Bible 3 comme ville de la tribu de Juda. Juda Maccabée canqia près d’une ville nommée Adosa°,à. 30 stades de Beth Horon. Les Talmuds7 parlent d’une localité deHadascha qui ne possédait que cinquante maisons. Eusèbo8, de sou côté,

< Il Paralipomènes, xxvm, 18.

- Toi. de liai)., Taanith, 21 a. n2ici> 11 CI-

3 Midrasch El./ia, i, 13. Nio;"C-

1 Robinson, Bill, researckes, t. II, p. 249.

5 Josué, xv, 37.

®I Macc., vn, 39, 40.

7 Mischna, ErovMn, v, G.

s Omm. s v, Adasa.

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