LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
connaît une ville d’Adasa près de Taplinos, mot que saint Jérôme lit Gouplinos (fo province Goplinilica). 11 est difficile de constater si ces quatre localités n’en font qu’une.
CTTC ounTTic, Modiim ou Modiith se trouve, d’après les Talmuds ', à quinze milles de Jérusalem. La distance de Modiim à Jérusalem est appelée « une distance éloignée -. » Nous n’hésitons pas à identifier cette localité du Talmud avec le village de Modin, lieu de sépulture de Mathatias le Maccabée3 *. Le nom a des variantes en grec comme efi hébreu. On l’écri *t 1 Mwîaiv, Muîsslp. et Mü»îa£'!(j.. On raconte5 6 * que Simon Maccabée en restaurant le sépulcre de son père, y fit poser des colonnes tout alentour et y fit placer des bateaux sculptés, « afin qu’ils fussent vus de tous les navigateurs. » Eusèbe et saint Jérôme5 placent Modeiu tout près de Diospolis (Loti), ce qui s’accorde parfaitement avec la distance que le Talmud met entre Jérusalem et Modiim. Nous croyons reconnaître Modin dans le village actuel el- Mediych', à l’est de Lod. Il n’est pas impossible que des navigateurs aient vu un monument élevé dans cette localité, ce village se trouvant sur une hauteur.
rb]!2, Baalath, située, d’après les Talmuds 8, sur la frontière entre la tribu de Juda et celle de Dan ; les maisons en sont de Juda et les champs de Dan. Les Talmuds
1 Tal. de Bob., Pesahim, 3 b.
- Ibidem , 93 b.
3 I Macc., xin, 23-30.
•Roland, Palastina, t. II, p. 9U1.
5I Macc., xu, 29.
60)iom. s. v « Modeim, vicus juda diospobn, mule faoruni Mncliabci, quorum hodic ibidem Repaiera mouslrauLur. »
« Cf. la Curie de M; Vau do Yelde.
* Tal. de Jér., Sanhédrin, i, 2.
confondent ici la localité Baalah, que la Bible ' cite comme appartenant à la tribu de Juda, avec Baalath*, ville de la tribu de Dan. Nous avons fait souvent remarquer que les Talmuds se mettent facilement en contradiction avec la Bible lorsqu’il s’agit de trouver un texte à l’appui de leurs explications soit dogmatiques, soit agadiqucs.
DlNON 3, Emmaiis est une ville située dans la plaine où commencent les montagnes du pays de la tribu de Juda l. Elle fut appelée par les Romains Nicopolis, et est mentionnée dans les anciens itinéraires comme distante de vingt-deux milles de Jérusalem et de dix milles à l’est de Diospolis. Emmatls possédait, d’après Théophanc 5, des eaux thermales. Les Talmuds disent que cette ville était située dans un climat agréable et abondait en eaux ; elle était fréquentée par des malades. * Après la mort de R. Yohanan ben ZaUaï 6, son disciple R. Eliézer ben Arakh alla s’installer auprès de sa femme à Emmaiis, endroit sain et abondant en eau fraîche. » Mais ce séjour lui valut des reproches 7 : on disait qu’il avait oublié à
* Josué, xv, 29.
xix, 44. Il faut lire dons le Tulmud Npfi7N
po p nn rpjov
3 L’orthographe du nom de cette ville varie soit en grec, soit dans les Talmuds. I Macc., ni, 40 porte ’EpponSp; Josèphc écrit ’Epjiïîï ou ’Apaiia. Les Talmuds emploient les mots OINONi D1NDJ?» COJ.’» Ci NON et C’NCJL Cf. Mischna, Kcrithoth, in, 6, et Reland, Palaslina, t. I, p. 427.
•* I Macc., ni, 40; saint Jérôme, Comm. sur Daniel, ch. 12 : Nicopolis ubi incipiunt montana Judeæ consurgcre. Cf. pour les Talmuds, ci-dessus, p. 61.
8 Reland, l. c., t. II, p. 769.
Midrasch Kohclcth, vii, 7.
' Abotk de R. Nathan, ch. 14. Le mol ri’CO'l employé dans ce passage pour Emmaüs, est une faute des copistes, ou doit être