LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
qui di au sujet de Juda et Tliamar1 * : « Juda monta vers Thimna; » tandis que pour Samson il est dit : « Samson descendit vers Thimna4. » R. Eléazar concilie les deux textes en leur donnant un sens figuié. Juda montait en mérite et Samson descendait. R. Samuel connaît deux endroits qui portent le nom de Thimna : un sur la montagne, pour lequel on se sert de l’expression « monter, » et l’autre dans la plaine, pour lequel on emploie le mot « descendre. » R. Pappa dit : « Il n’y a qu’un Thimna, on y monte ou l’on y descend, selon le point d’où l’on part, comme pour tcrn, n*a '2 et snn Npi23. » Thimna était donc situé sur le penchant d’une hauteur.
Les auteurs modernes ne sont pas plus d’accord sur Thimna que le Talmud. Les uns prennent les trois îhimna pour le même endroit, en disant que la Bible , dans la première distribution, le rattache à la tribu de Juda et, dans la seconde, à celle de Dan l. Robinson5 * n’identifle point les trois Thimna; nous croyons qu’il a raison.
inn’2ü, Bettar, la fameuse ville derrière les murs de laquelle Bar-Coziba résista si opiniâtrement aux Romains du temps de l’empereur Adrien, se trouvait, selon notre opinion, non loin de Beth-Schemesch, dans la montagne. C’est probablement la même localité de Bilri que le Talmud 7 désigne comme lieu de refuge du roi David, et qui appartenait jadis aux Philistins.
Mais avant de développer notre pensée, résumons
i Genèse, xxxvm, 1 3.
* Juges, xiv, 1 .
* Ces trois endroits sont en Babvlonie.
I Cf. Winer, Bill, realicœrlerbuch, t. II, p. 612.
r> Loc. rit.
fi On écrit ce nom -inn’2 «t iri’2j
" Tal. de Bab., Sanhédrin , 93 a. vifpj.
LA GEOGRAPHIE DU TALMl'l)
d’abord ce que les Talmuds nous disent do Bettar; nous donnerons ensuite l’opinion des différents savants sur l’emplacement de cette ville.
Bettar était, selon les Talmuds1, une très-grande ville. Elle possédait 500 écoles, dont la moindre renfermait 500 élèves. Tous périrent pendant les massacres, lors de la prise de la ville, à l’exception de R. Simeon, le fils de R. Gamliel II. Deux mille trompettes précédant chacun plusieurs corps de troupes ennemies, avaient investi la ville. Adrien, raconte le Talmud4, massacra à Bettar 80,000 rihbo d’hommes. Leurs cadavres formaient une haie autour d’un vignoble de huit milles carrés, que possédait cet empereur. L’exagération est évidente; néanmoins, on peut affirmer que Bettar était une ville considérable. Dion Cassius3 dit que cette guerre (dans laquelle Bettar joue le principal rôle) a coûté la vie à un demi-million d’hommes, sans compter ceux qui périrent par les flammes et par la faim. Bettar avait un sanhédrin comme Yabneh4; la tradition5 raconte qu’on s’y rendait pour étudier la loi.
Quant à sa distance de la mer, elle était, selon le Talmud de Jérusalem6, de quarante milles; selon le Midrasch7, de quatre milles, et selon le Talmud de Ba-
i Toi. de Jér., Taanith, tv, 8.
- Ibidem, et Midrasch Ekha, n, 2.
3 Dion Cassius, lxix, 14.
4 Tal. de Bab., Sanhédrin, 17 b.
5 Beth hamjdrasch (collection des Midrascliim publiée par M. le Dr Jellinek), t. IV, p. 14C.
6 Taanith, îv, 8. C12 C'CH TJ C’C^ni CHC CTIH vm
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" Midrasch Ekha, u, î.