LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
bylone1 * d’un mille seulement. Le premier doit être considéré comme une meilleure autorité pour les indications concernant la Palestine; d’autres raisons que nous développons plus bas, militent aussi en faveur du Talmud de Jérusalem.
Voici le passage relatif à cette distance* : « Les chevaux marchaient jusqu’aux genoux dans le sang des hommes tués ; le courant sanglant était si impétueux, qu’il roulait des rochers de quarante Saah. Le sang se voyait encore jusqu’à quatre milles dans la mer. Si tu penses que Bettar se trouvait près de la mer, tu te trompes. Cette ville était située à quarante milles de la mer. » Nous avons vu3 4 que les Talmuds appellent « éloignées * les distances à partir de quinze milles seulement. Disons en passant que le nombre « quarante » dans les Talmuds, est un nombre de prédilection1 et représente en chiffre rond les quantités qui approchent de quarante; nous pouvons donc estimer la distance de Bettar à la mer de trente-cinq ou trente-six milles. Eusèbe5 dit également que cette ville se trouvait non loin de Jérusalem. A une distance de quatre milles de la mer. elle aurait été nécessairement loin de Jérusalem.
1 Guittiu, 57 a. Il est probable que le mot qui désigne le nombre manque dans ce passage par la faute des copistes.
4 Cf. pour le texte, ci-dessus, p. 104, note 0.
3 Cf. ci-dessus, p. 99.
4 La Bible déjà renferme souvent ce nombre ; ainsi Moïse se trouve quarante jours sur le mont Sinaï ; on appliquait quarante coups aux condamnés à la fustigation. — Jésus aussi était tenté pendant quarante jours dans le désert. Nous rencontrerons souvent ce nombre dans la partie historique de notre travail.
Hi St . eccl., IV, 2. BiJOÜpst -b a iv, rj ti{ o/'jpuî3Tr„ tüv 'UpoaoXijiwv o 4 «péopi ôuttüto. Le célèbre voyageur Estori place également non loin de Jérusalem [Kaftor oup/ierah, chap. 11).
100 LA GEOGRAPHIE Dû TAI.MUD
Le Talmud en racontant les massacres de Bettar dit : « La plaine des Mains* (c’est-à-dire, selon nous, la contrée entre llettar et la Méditerranée) était traversée par lieux torrents; le sang des victimes y descendait et formait le tiers de la masse du courant. » Cette plaine est sans doute identique avec la plaine de Beth Rimmon*, où les Juifs se réunirent pour se liguer et se révolter. C'est dans cette même plaine que les Juifs furent massacrés 3 4 après la chute de llettar, comme nous le verrons plus loin. — Telles sont les données principales des Talmuds.
M. Herzfeld 1 * a réuni dans un article les différentes idées émises sur la situation de Bettar; nous reproduisons en partie ce résumé, en nous étendant un peu plus longuement sur les raisons pour et contre.
M. Graetz5 * identifie Bettar des Talmuds avec le Betarus mentionné dans les itinéraires comme situé entre Antipatris et Césarée. Cette localité est indiquée par les cartes sous le nom de Barin. M. Graetz s’appuie principalement sur le passage de la Tosiftha où il est dit qu’un torrent descendant de Çalmon, refusa ses eaux pendant la guerre. Or, le mont Çalmon se trouve près de Sichem et appartenait aux montagnes d’Éphraïm; le torrent appelé par Robinson Nahr-Arsuf qui en descend et qui touche Betarus, doit nécessairement être ce Yorc-
1 Tal de Bab., Guittin, 57 b. C'T nj.’p2. M. Rappoport identifie cette plaine avec le Delta du Nil, ce qui n'est guère admissible. Cf. M. Graetz, Geschichte der Jtsdeit (2° édit.), t. IV, p. 401 .
-Beresehitk rabba, ch. 64. not n>2"! nnj,’P- rn~2-
^Midrasch Ekha , i, 11.
4 Cf. son arliclo dans le Monalhsschrift de M. Frankel, année 1850, p. 105 et suiv.
5 Geschichte der Jvden (2* édit.), t. IX7, p. 400.
Cf. ci-dessus, p. 44.