LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
La plaine de Yezréel appartenait à la Galilée; comment, dès lors, les élèves de R. Akiba 1 auraient-ils pu se rendre à Bikat-beth-Rimmon (eu Galilée) pour la cérémonie de la nouvelle lune? cérémonie qui ne pouvait s’accomplir à cette époque qu’en Judée *.
Abandonnons donc l'identification de Barin avec le fameux Bettar, et examinons les autres opinions.
M. Rappoport croit que Bettar est une corruption de Bethçouret l’identifie avec le Beth-soura, à deux heures vers le nord de Hébron, ville fortifiée par Simon Maccabée 3 contre les Iduméens. Josèphe ben Gorion 1 rend en effet le Baïtsoura des Maccabées par UT2.
Deux objections s’élèvent contre ce système. Bctlisour étant situé entre Jérusalem et Hébron, Bar-Coziba n’aurait pu s’y retrancher ou s’y maintenir en face de de deux garnisons romaines. Il faudrait admettre que les insurgés se fussent rendus maîtres momentanément de la capitale; un pareil événement n’eût pas été passé sous silence par les deux Talmuds. Celui de Jérusalem, dont l’opinion est d’un grand poids, nous apprend, comme nous l’avons dit 5, que Bettar florissait cinquante-deux ans après la destruction du Temple. Les conquérants romains n’eussent pu tolérer que les Juifs s’établissent dans un centre aussi important que l’était Beïthsour. N’oublions pas que les Talmuds ne placent pas Bettar aussi loin de la mer que l’est Bethsoura.
Il ne faut pas rapporter, dit avec raison M. Herzfeld6,
• Tal. de Jér., Ilaguiga, m, 1.
- Cf. ci-dessus, p. 79.
3 BaiCaoypi. I Macc. xî, 63, G6.
■* Jotsipon (éd. Cracovie), p. 34.
6 Art. précité.
Bettar à l’endroit de Bedôrô, à six heures vers le sud d’En-geddi, d’après les indications de Ptolomée. Beth- Horon, qui est rendu dans Josèphe par Belhôra ou Baithôra, no peut être le Bettar des Talmuds ; ceux-ci ont l’orthographe biblique pour Beth-Horon. Le -/.tty-ri fW^*p'-î, que Josèphe cite comme situé « au milieu de l'Idumée, » séduit M. Herzfeld; il l’identifie avec le Bettar des Talmuds. On cite dans la Mischna un Betar 1 * 3 qui était situé « hors de la Terre d’Israël, » ce qui corrobore l’opinion deM. Herzfeld, puisque l’Idumée se trouvait, au point de vue des exercices religieux, hors de la Terre d’Israël. Remarquons aussi que la rédaction de la Mischnah dans le Talmud de Jérusalem porte 1TPS et nonT'3. M. Herzfeld ajoute que Jean Hyrcan ayant soumis et amené à la religion juive les Iduméens, une émigration de juifs eut lieu vers l’Arabie Pétrée, ce qui explique leur présence dans ce pays. L’endroit Kefar Hcrébah*, mentionné dans le Talmud de Jérusalem comme l’endroit où deux frères se distinguèrent par des actes d’héroïsme pendant la guerre contre Adrien, est, d’après M. Herzfeld "Opjîa, enlevé par Alexandre Jannée aux Arabes11. Enfin , M. Herzfeld prouve qu’Adrien étendait son action jusqu’en Idumée, puisque, sur une monnaie 4, Petra s’appelle 'ASptfrti, et que le chroniqueur samaritain5 6 raconte qu’Adrien avait construit une ville dans le Hadjar.
Les monts Baihcr de la Bible0, dit M. Herzfeld, ainsi que le mot BeOïop ou Br.ûatwp cité par les septante
i Hallah, IV, 10.
«rern -lO-- Tal. de Jér., Taanilh , iv, S.
3 Josèphe, Ant. XV, i, 4.
* Ekhcl, doct. mm;»., u, î>03.
'■> Liber Josuœ (éd. Juvnboll), ch. 47.
6 Gant, «les Cant., il, 17.