‹ La géographie du TalmudChapitre 70 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

aurait-on transporté le siège de l’école de Yabneli à Ouscha en Galilée? Comment une ville tout à fait hors delà Palestine aurait-elle eu un sanhédrin et de grandes écoles où le patriarche Gamliel.qui habitait Yabneh, envoya son tils en bas ;ige.

Arrivons maintenant à notre propre opinion, savoir : que Bettar était dans les environs de Beth-Schemesch. Nous avons déjà vu que Bettar doit absolument se trouver dans le pays d’Israèl ; il faut le placer dans un pays montagneux , et dans un pays rempli par une population juive. Or, où les juifs furent-ils plus nombreux que dans le pays situé entre Yabneh et Lydda? R. Y'ohanan ben Zakaï demande la conservation de Yabneh, dont les environs comptaient probablement des grandes communautés juives.

A Yabneh, d’après le Talmud1, on trouvait de grands magasins remplis d’approvisionnements; à quoi bon ces magasins, si ce n’est en prévision du siège d’une forteresse voisine? R. Akiha est connu comme le plus ardent des partisans de Bar-Coziba. On dit de lui que ses élèves étaient répandus depuis Gibthon jusqu’à Antipatris. En effet, entre ces deux villes, on rencontrait alors les grandes communautés de Yabneh, Lod,etc. R. Yohanan parle également, à différentes reprises, de la nombreuse population établie dans le territoire situé entre les deux premières villes- ; c’est donc dans cette région que se place naturellement l'important centre de Bettar.

Les septante rendent en effet Beth-Schemesch par Bettar, ce qui s’explique peut-être par le nom postérieur de cette ville. Voici comment ils rendent le verset3 : Ca-

1 Tosifllin, Demoï , ch. 1.

2Cf. ci-dcssus, p/73.

3 Voir II Rois (Samuel), xv, 24.

dok était aussi là avec tous les lévites qui portaient l'arche de l’alliance de Dieu, et ils posèrent là l’arche de Dieu, xai iSoù xst ys üxîiox xai rivre; il \vjX~.v. p.t'’ aÙTSü «îpsvTEî ri’j'» xiîia-iv îtaîYjxr^ Kupiîj « d~b Batftip » xar. ÏTrrpxi -rijv xiSuKév zoû 0esO. Les mots « de Raitar » font sans douto allusion au passage biblique1 qui raconte que l’arche fut ramenee de Beth-Schemesch. On trouve encore dans un autre passage * au lieu de Beth - Schemesch, le mot &x;90ïjp. Nous avons rencontré-1 le mot ftsTùp pour le mot c-nr?C, et Beth-Schemesch se trouve précisément à la frontière du pays des Philistins. Peut-être à cette époque la valléede Beth-Schemesch portait-elle le nom de Bcltar, commeon l’appelle aujourd’hui OuadyBiltirK La fameuse villede Bar-Coziba se trouvait donc au milieu des communautés juives, à trente-cinq milles de la mer, comme le dit le Talmud, et cependant non loin de Jérusalem, comme Eusèbe le rapporte. Ici les montagnes formaient des défenses naturelles, il fallait peu pour les rendre formidables ; le ravitaillement était facile, puisqu’on était entouré de communautés juives. Ajoutons que les trois villes si populeuses de Kefar Bisch, Kefar Dhikhrin et Kefar Schiklaïm, se trouvent également dans le pays de Darom5.

* I Samuel, vî, 12.

21 Paralipomènes, vî, 31t.

3 Cf. ci-dessus, p. 111.

1 Robinson, Bibl. rcscarches, t. III, p. 269. Il y a d’après ce voyageur une place forte dans ces environs, appelée Khirbeih el- Jehud. Il est curieux que les Arabes appellent le Beth-Schemesch (Héliopolis) d’Égypte (Jérémie, xliii. 13) Mataréa ou Malara. Y aurait-il quelque rapprochement à faire entre Malora et le nom do Bcttarpris pour Beth-Schemesch? le b otlowse confondant dans les langues sémitiques.

5 Cf. ci-dessus, p. 71.

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