‹ La géographie du TalmudChapitre 74 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

l’une, la toparchie «lans les parages d’Eleuthéropolis.et l’autre dans la « Palæstiïia tertia. » Le Midrasch a simplement confondu ces deux noms et place Eleuthéropolis et Beth-üoubrin eu Idumée (la toparchie), dans l’autre Idumée.

Ce qui résulte nettement des passages talmudiques précités, c’est que Beth-Goubrin et Eleuthéropolis, tous deux attribués à Esaü, sont identiques. Robinson aussi 1 * * * 5 prend Betli Gobara et Eleuthéropolis pour une seule et même ville, et s’appuie, avec raison, sur les distances qu’Eusèbeet saint Jérômedonnentpour différentsendroits autour d’Eleuthéropolis, distances qui s’accordent parfaitement avec celles des mêmes villes à Betoaabara. On trouve confondus Bcitgerbein et Eleuthéropolis dans un registre des évêchés des premiers siècles en Palestine*. Dans un passage des « Actes des saints a * on rencontre également les deux noms ensemble.

Nous ne nous étendrons pas sur les différentes étymologies du mot Eleuthéropolis ; le Midrasch 1 l’explique, comme saint Jérôme s, par « ville libre » (’EXeiOspa; et t:oX(;). Le nom « Beth Goubrin » (maison des forts) se

l Bibl. research., t. II, p. 28.

*M. de Raumcr, Palmtin i , p. 186.

BwOsTfïvpri tîjî ’EXrjOtp&coXt'ut. Reland, Palgstina, t. Il, p. G27. 1 Btresckith rnbbn, ch. 42. rïTr6 jH1? riNîTI ]fl^ «Dès le

commencement de la construction de la lourdeRobel, les Horéens avaient choisi Eleuthéropolis et étaient partis librement, c’est-à-dire qu’ils ne furent pas compris dans la dispersion générale. »Otte explication est prise dans un sens légendaire, maiscc qui y est important pour nous, c’est qu’on fait dériver 'in du mot chaldëen « prrn liberté. » M. Zunz tltinerary , etc., t. II, p. 438) < roit que l’endroit pvn ridons les Talmuds est identique avec Beth-Goubrin ; mais nous le prenons plutôt comme un endroit situé au Hauran.

5 Cf. ci-dessus, p. 123. note 5.

121 I.A GÉOGRAPHIE I>L' T Al. M LD

rapporte, selon M. Rappoport, à la double signification du mot un « gens libres » et « gens qui habitent les cavernes1 * » (troglodytes); les Horéens sont en effet considérés dans la Rible comme des géants M. Ra;>poport aurait pu ajouter qu’on trouve dans les environs d’Eleuthéropolis (Beth-Goubrin) un grand nombre d’excavations dans les roches calcaires 3. Cette opinion de M. Rappoport, avons-nous besoin de le faire remarquer, est au moins aussi hasardée que les indications du Midrasch sur ces villes. M. Graetz 4 n’est pas plus heureux eu voulant faire rapporter le nom « Beth-Goubrin » à Samson, la terreur des Philistins, parce qu’on montre la source Lehi à Eleuthéropolis. Nous savons par la Bible 5 * que les enfants A’Anak demeuraient dans ces régions ; quoi de plus simple que de faire remonter à cette époque la dénomination de Beth-Gcubrin ! Le nom Kiryath arba (Hébron) de la Bible0 est rendu dans le Targoum de Pseudo-Jonathan par la « ville des héros ; » un autre endroit près de Hébron, Eleuthéropolis, en un mot, a pu être désigné par « maison des héros. »

Beth-Goubrin (Betogabra) a été habité par des Juifs à l’époque talmudique; on cite quelques docteurs originaires de cette ville 7. « Rabbi, dit leTalmud 8, a compté Beth-Goubrin parmi les villes de la Palestine au point de vue des pratiques religieuses. » Cette localité existe encore aujourd’hui sous le nom de Bell Djibrin, au

i De un, Ifou.

-Michaclis, tpicil. geugr. hebr.. t. I, p. 169.

s M. de llaumer, /. c.

■ Moualhsschrift, année 1859, p. 116.

^Nuraeri, xm, 22.

11 Genèse, xxm, 2.

" Reland, Palastina, t. II, p. 641.

"Tal. de Jér., Demol, il, 1.

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