‹ La géographie du TalmudChapitre 75 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

nord-ouest de Hébron. Il se trouve enclavé entre plusieurs collines rocheuses '.

jrcn, Hébron, ville dans les montagnes de Juda -, au sud de Jérusalem. Les douze explorateurs envoyés par Moïse montèrent, dit la Bible 3, vers le sud, et vinrent jusqu’à Hébron ; ce qui fait supposer aux talmudistes que cette ville se trouvait sur une hauteur. Aussi le Midrasch croit-il trouver une difficulté dans le verset : « Il (Jacob) l’envoya de la raüée de Hébron, » quand cette ville était située sur la montagne. Le Midrasch 1 résout cette contradiction apparente par une explication allégorique çlu mot pci? qui signifie en même temps « vallée « et « profondeur. » « Jacob aurait envoyé Joseph à Hébron, pour exécuter le « profond » (grave) engagement que Dieu avait pris avec son ami « agréable » (préféré) enseveli à Hébron. Cet engagement stipule que les Israélites seront esclaves en Egypte, pendant quatre cents ans, servitude qui prend sa cause dans l’acte que les frères avaient commis contre Joseph.

( )n peut dire que tout ce que nous savons de Hébron nous porte à croire que cette ville se trouvait sur une hauteur. Elle fut donnée aux Lévites comme une des villes asiles6, qui sont situées ordinairement sur une montagne. Siméon, fils de Gorias, enleva cette ville aux Romains, et le général romain Céréalis, de son côté, la

i M. Van do Velde (trad. allem.), Reise., etc., t. II, p. 137.

iJosué, xv, 13.

•'’Nuineri, xm, 22.

Bereschith rabba, ch. 84. jynOl N7K DITO JTOn pN N7711

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5 L’ami agréable, c’est Abraham.

6 Josué, xxi, 11.

prit ensuite d’assaut1. Comme il n’est question nulle part de fortifications à Hébron, cette ville a dû avoir une défense naturelle dans les hauteurs où elle était située, et derrière lesquelles on pouvait facilement se retrancher. La Mischna 5 dit qu’avant d'offrir au Temple le sacrifice du matin, on demandait aux personnes chargées d’annoncer le jour, s’il faisait clair jusqu’à Hébron. Lightfoot en conclut que Hébron était situé au sud-est de Jérusalem. Cependant saint Jérôme le place au sud, et Reland :l dit avec raison que Hébron devait être vers le sud-ouest. On ne peut alors expliquer le passage de la Mischna qu’en plaçant Hébron sur une hauteur que l’aube blanchissait avant les plaines de l’est.

La ville actuelle se trouve au pied d’une colline. Les Arabes lui donnent le nom d’El-Halil « l’ami, » c’est àdire, la ville d’Abraham 1 qu’ils appellent « l’ami de Dieu.5 » M. Oppenheim 11 veut faire dériver le nom jrcn du mot "gn (haberj 7 « ami » et s’appuie sur notre Midrasch p qui appelle Abraham « l’ami agréable. » Hébron qui est une des plus anciennes villes de la Palestine (elle fut bâtie sept ansa avant Çoan Aliçraim,

i Josèphe, Guerre, IV, tx, 7, 9.

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■' Palaslina, t. II, p. 710 et 711.

1 On l’appelle au moyen âge Sautum Abruhamium (Reland, l. c., p. 709).

S M. Munk. Palestine, p. 58 a.

fi Ycschouroun (jour, allem. de M. kobak), t. IV, p. 19 et pass.

7 Cf. Gesenius, Thésaurus, etc., a. v., "gn. La terminaison p- se trouve souvent employée pour les noms propres de personnes ou de villes, pggn de g “Tl, jvey de *cy. C’est la nounalion qui s’est conservée dans cette formation (cT. M. Ewald, Ausführlichcs Lehrbuch der hebr. Sprache (2° édit., p. 421 et pass.).

8 Cf. ci-dessus, p. 12ü, note 4.

f Numeri, xm, 23. Josèphe [Guerre, IV, ix, 7) dit que Hébron est regardée par les indigènes comme plus ancienne que Memphis.

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