‹ La géographie du TalmudChapitre 77 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

ville est souvent mentionnée dans la Bible. D’après la Mischna1, l'huile de Thecoa est de première qualité; en seconde ligne se place celle de Regueb, en Pérée. Le Talmud4 ajoute que, si Joab a fait chercher à Thecoa la femme sage pour réconcilier Absalon avec son père, c’est parce qu’on y cultivait l’olive , symbole de la sagesse. Les terres de la tribu d’Ascher 3 produisaient, selon les Talmuds, la plus grande quantité d’huile ; mais Thecoa fournissait la meilleure.

M. Graetz 1 soutient que le Thecoa de la Mischna doit se chercher en Galilée, car, dit-il, comment y aurait-il eu des olives dans cette région déserte de la Judée? En outre, ajoute-t-il, les Talmuds disent que R. Siméon ben Yohaï tenait son école à Thecoa; or, ce dernier vivait après la chute de Bettar, lorsque la plupart des docteurs habitaient la Galilée. M. Graetz incline vers l’endroit Thecoa, que Pseudo-Epiphane désigne comme ville natale du prophète Amos, et qui se trouvait dans les possessions de la tribu de Zébulon. Mais ces arguments sont faciles à réfuter : L’expression de la Bible « désert de Thecoa » ne prouve point la stérilité de ce lieu. Nous avons vu que « désert » désigne généralement des terres peu habitées ou peu cultivées 5 et qui servaient de pâturage aux troupeaux. La Bible r> mentionne aussi le désert de Jéricho, et cependant les environs de cette ville sont très-fertiles 7. Si l’explication de Maimonide, au sujet du mot netophah mentionné

I Menahoth, vm, 3.

- Toi. de Bab., même traité , 83 b.

3 Cf. notre article Giscala.

1 Gackichte der Juden (2e édit.), t. IV, p. i7ô.

3 Cf. ci-dcssus, p. 52.

BII Paralipomèncs, xx, 20.

‘ Cf. notre article Jéricho.

plus haut1, est exacte, on trouvait des olives à Netopha, située non loin de Thecoa. Le sol y était trop humide pour rester infertile. Le désert commençait près de Thecoa, mais l’endroit lui-méme n’en faisait pas partie. Saint Jérôme* ne semble pas dire autre chose. Le voisinage de Bcth-hakercm prouverait qu’il y avait même des vignes près de Thecoa.

Quant à l’école de R. Simeon ben Yohaï 3, nous verrons dans la partie historique que ce docteur menait une vie quelque peu nomade; il aurait donc pu se trouver avec ses disciples à Thecoa en Judée, surtout après la mort d’Adrien, dont les successeurs, les Antonins, se montrèrent favorables auxjui fs. Nous voyons pendant une certaine époque les docteurs aller et venir de la Galilée en Judée, à raison de certaines cérémonies religieuses. Les Talmuds d’ailleurs, comme nous avons eu l’occasion de le dire, ne reculent pas devant les anachronismes ; ils citent peut-être Thecoa, parce qu’ils veulent y appliquer une prescription religieuse concernant l’huile et qu’ils connaissent cet endroit renommé dans la Mischna par son huile, sans se préoccuper de co que Thecoa se trouvait en Judée et que R. Siméon résidait en Galilée.

La Tosiftha 4 mentionne trois endroits d’où l’on apportait l’huile pour le temple à Jérusalem : « Thecoa est

• Cf. ci-dessus, p. 128.

2 Prolog, ad Amos : « ultra (Thccoam) nullus est viculus, nu agrestes quidem cosæ et furnorum similes, quas Afri appelant mapulia. Tanta est ererni vastitas. »

3 Tal. de Bub., Sabbalh , 147 b; Eroubin, 91 a. Disons, en passant, que dans ces passages on lit R. Siméon seulement et non R. Siméon ben Yohaï.

4 Mcnahoth, ch. 10 : rftn”:» "lBIKŸlM» JCN JJipn

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