LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
tion trichotomique du pays par les Talmuds1 *. C'était une capitale qui n’appartenait à aucune des douze tribus Les habitants avaient des usages particuliers, des formules spéciales pour les actes civils 3 * 5 et des mesures différentes de celles des provinces ‘. On les dépeint comme très-hospitaliers. « Une table se trouvait devant les portes des maisons à Jérusalem; aussi longtemps que cette table était dressée chacun pouvait entrer dans la maison pour prendre son repas3.» On désignait les habitants des autres parties de la Palestine par le mot Karthani 6 * provincial. » Les alentours de la capitale sont appelés dans les Talmuds Guèboulin 7.
Jérusalem fait l’admiration des talmudistes. « Celui qui n’a pas vu Jérusalem dans sa magnificence, n’a jamais vu une belle ville 8. » On l’appelle « la grande Jérusalem 9, » tandis qu’Àlexandrie est surnommée « la petite. » Les Talmuds rapportent qu’il y avait à Jérusalem 480 synagogues10 et quatre-vingts écoles11. Jérusalem était l’objet desoins particuliers. On balayait
I Mischna, Erakhin, vin, 6 et dans d’autres passages ; Evangile de saint Luc, v, 17; Actes, x, 39, où Jérusalem est .énumérée à côté de la Judée. Cf. aussi ci-dessus, p. 5ü.
sTal, de Bab., Baba Kama, 82 b.
3 Tosiflha, Kelh.ov.bolh, ch. 4. C’brH1 ’ïtJtC H'ITlNn br
Cf. aussi, Tosiflha, Soukkah, ch. 2.
I Tosiflha, Edouyoth, ch. 1 ; Kethouboth à la fin; Tal. de Bab., Eroubiil, 83 a.
5 Tal. de Bab., Baba balhra, 93 b.
« Mischna, Demoï, vi, 4. aypp
7 Tul. de Jér., Maaser schcni, in, G el dans de nombreux passages -pbu:
8 Tal. de Bab., Soukkah, 51 b.
9 Tal. de Jér., Sanhédrin, vi, 11.
V) Préface du Midrasch Ekha, 12.
II Bamidbar rabba, ch. 18.
tous les jours les différentes places 1 ; les fourneaux étaient interdits à cause de la fumée2 3; il n’y avait point de jardins à cause de la mauvaise odeur de l’engrais et de certaines mauvaises herbes; on y voyait cependant un seul jardin 4 de roses qui datait de l’époque des prophètes. La Mischna5 * dit : « Il faut éloigner les cadavres d’animaux, les tombeaux et les tanneries à cinquante coudées de la ville; ces dernières ne pouvaient être construites qu’à l’est de la ville (le vent d’est étant le plus faible et ne portant point l’odeur vers les habitations). R. Akiba dit « qu’on peut établir les tanneries partout, excepté vers l’ouest de la ville. » A l’époque du premier Temple on ensevelissait les morts G à l’intérieur de Jérusalem. Aussi défendait-on de creuser la terre pour asseoir les fondations des maisons, crainte de rencontrer des ossements; do même il était interdit d’avoir de3 poules 7, de peur qu’en grattant la terre elles ne missent à nu des restes humains. Tous les tombeaux, disent les Talmuds8, furent transportés à l’extérieur excepté ceux de la famille de David, à Sion, et celui de la prophétesse Houldah. Josèphe9 connaît encore le tombeau de David- à l'intérieur de la ville. Il raconte que pen-
I Tul. de Bab., Baba Meda, 2G a.
3 Ibidem, Zebahim , 96 fl.
3 Ibidem , Baba Kama, 82 b.
h Ibidem.
3 Baba bathra, n, 9.
fi Mischna, Barak , ni, 2. .Cinm "12p. Tosiftha, Edouycth, ch. 2. « On avait trouvé une fois des ossements dans une maison de bois ; alors les rabbins voulurent déclarer la capitale impure ; mais R. Yehoschouoh s’y opposa, en disant: « Ce serait une honte si nous déclarions nos muisons impures. »
7 Mischna, Baba Kama, vu, à la lin.
8Tosi!lha, Baba bathra, ch. 1 etduns d’uutres passages.
9 Guerre, I, n, 6.