‹ La géographie du TalmudChapitre 82 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

était en effet le plus vulnérable; les assiégeants portaient toujours leurs premiers efforts vers ce point.

Le mot üiÇrfîi a donné sujet à beaucoup d’interprétations. On s’est longtemps contenté1 de l’étymologie «mn rra, mais nous ne voyons pas pourquoi on ne l’aurait pas prononcé Beth-adta ou Bezatha; d’ailleurs, Josèphe* semble distinguer lui-même la ville neuve de la colline Bezetha. La prononciation grecque donnerait plutôt l’étymologie proposée par quelques savants rra Km ; il est possible que ce côté de Jérusalem fut couvert de nombreux oliviers. M. Herzfeld3 croit que Bozetlio de Josèpbe est le village de Bï&éO dans le livre des Maccabées1 , et que Josèpbe3 lui-méme appelle Br^r.Oû ; ce village fut annexé plus tard à Jérusalem, et Josèphe, dit M. Herzfeld, l’appelle tantôt Bezetha ou village annexé, tantôt la ville neuve, à cause des constructions qui reliaient l’ancien village de Bezetha à Jérusalem. M. Schwarz5 croit voir dans le nom Bezetha le mot araméen Njna « marécage; » les Talmuds, comme nous l’avons vu, citent deux Bicin; Bezetha serait alors un territoire marécageux; en réalité on ne voit aujourd’hui nulle trace de marécage à Bezetha.

La porte des * ordures » est la seule des portes de Jérusalem qui soit mentionnée « Il n’y pas d’endroit plus immonde que cette porte, dit le Midrasch1. C’est la sortie qui conduisait vers l’endroit Bethso dont

* M. Mtink, la Palestine, p. 45 a, note 1 .

* Guerre, II, xi, 4.

3 Geschichte des Yolkes Israël (2* éd.), 1. 1, p. 133.

I Mncc., vu, 19.

Ant., XII, x, 2.

6 D as heilige Land, p. 285.

1 Edouyoth , i, 3.

sMidrasch Tilim, ch. 17.

parle Josèphe ' : Betso représenterait alors le mot HK'ï rra « lieu des ordures. »

L ’Akra 2 est mentionné à propos de sa prise par les Maccabées; nous y reviendrons dans notre partie historique. L’Ophel, point fortifié dans le mur de l’est, se trouvait, d’après Josèphe3 *, dans le voisinage de la vallée de Kidron et de Moriyah. Les Talmud *s 1 le placent également de ce côté. « Quand doit-on prier pour que les pluies cessent? Dès qu’il y a assez d’eau pour qu’une personne qui se tient à l’angle de l’Ophel puisse tremper le pied dans les eaux de la vallée de Kidron. » Le mur de l’ouest est mentionné dans leMidrasch5; on en voit encore une partie aujourd’hui. C’est là que les juifs viennent prier le vendredi. Les Talmuds parlent aussi des ruines de Jérusalem, où les docteurs faisaient souvent leurs dévotions ; mais on ne précise pas le lieu.

11 nous reste à parler du mont Moriyah et du Temple, qui sont décrits amplement dans la Mischna et les Talmuds. Cette partie des livres talmudiques a été traduite à plusieurs reprises et mise à profit par les savants qui ont écrit sur la Palestine. Nous renvoyons donc le lecteur à ces ouvrages 6, car nous ne donnerons que de courtes notices sur ce sujet; nous nous bornerons à relever les points où les Talmuds ne sont pas d’accord avec Josèphe. Faisons observer tout d’abord que les

I Guerre, V, iv, 2.

t Meguillath Taanith, ch. 2; JOpn-

3 ’OçXi; Guerre , V, vi, 1 .

* Tal. de Jér., Taanith, ni, 11.

5 Bamidbar rabba, ch. 1 1 ; Midrasch Ekha, î, 5. '2“lJÎCn ^fTC-

6 Liglitfoot descript. templ. Hierosol. Opp. i, p. 533 et pass.; llirt. Mémoires de T Académie de Berlin (partie hist. philologique, 1816-1817). M. Munk, la Pa estine, p. 281 a- 294; M. de Vogué, le Temple de Jérusalem et beaucoup d’autres.

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