LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
Au temps des pèlerinages des fêtes annuelles, les changeurs et les marchands s’établissaient dans la partie Est que les Talmuds désignent par le mot Heuayolh « boutiques; » à une certaine époque le sanhédrin tenait ses séances au même endroit. 1 * 3 Tout l’intérieur de cetto enceinte était pavé en pierres lisses A quelques degrés au-dessus des portiques, on rencontrait une balustrade, appelée Soreg dans la Mischna de dix palme3 de hauteur, avec treize ouvertures que la Mischna prétend avoir été faites par les rois grecs, et qu’on avait conservées comme souvenir. Selon Josèphe, cette balustrade était coupée de distance en distance par des colonnes portant des inscriptions grecques et latines, qui défendaient aux non-Israélites l’entrée de l’intérieur de la place dite Hel. Les Talmuds ne parlent pas de ces inscriptions, mais on dit dans la Mischna4 que les étrangers ne pouvaient entrer dans le //e/. C’est l’espace dedix Amah de largeur, compris entre le mur de l’enceinte sacrée et le Soreg ; on y montait par quatorze degrés dont chacun avait une demi- Amah de hauteur et autant de largeur. Après avoir traversé le Hel, on arrivait à l’enceinte sacrée ; douze marches conduisaient, à travers la portes de l’est, vers la cour des Femmes. Aux quatre angles de cette cour les Talmuds placent des cellules (Lischkah) ; il en était de même pour les autres cours : la cour des Israélites et celle des Prêtres. Nous n’on
I M. Munk, la Palestine, p. 48 a. L édiüce que Josèphe [ Guerre -, VI, vi, 3) appelle ^ouXcu^piov est peut-être la lischkhah que les Talmuds (Tosiflha, Yoma, ch. 1) désignent pur rOif1?-
- Meyuütath Taanitk, ch. 3.
3 Middoth, Il , 3.
* Mischna, Kelim , i, 8.
s Middoth, U, 3.
114 I.A GÉOGRAPHIE DU TALMl'D
mentionnerons qu’une seule qui a une certaine importance pour l’histoire des Juifs, c’est la salle qui servait aux séances du sanhédrin, appelée I.ischkalh Uagazilh 1 (chambre des pierres taillées); elle se trouvait au sud, au-dessus de la cour des Prêtres. Parmi les sept portes qui coupaient le mur d’enceinte de l’Azarah, la « porte de Nicanor* » se distinguait, en ce qu’elle était de bronze et non de bois revêtu d’or comme les autres. Selon les Talmuds, les battants de cette porte étaient de bronze corinthien, et avaient été apportés d’Alexandrie par un certain Nicanor, après avoir miraculeusement échappé à un naufrage. La porte de Nicanor s’ouvrait vis-à-vis du grand portail de la cour des Femmes. Toutes ces constructions avec le Saint des Saints se trouvaient sur un terrain creusé par des excavations3.
Quant à la description de l’intérieur du Saint des Saints, nous renvoyons aux sources citées plus haut pour les détails sur le mont Moriyah Nous mentionnerons seulement « la pierre de fondement » (Eben ha-schethiyah) qui, selon la Mischna, était haute de trois doigts3 ; sur cette pierre, le grand-prêtre plaçait l’encens (le jour de Kippour); à l’époque du premier Temple l’arche sainte y était déposée. Cette pierre est aux yeux des talmudistes 6, le fondement de la terre entière. La Mischna 7
> Ibidem , v, 3, 4.
1 1bidem, n, 3.
3 Misclina, Parah , ni, 3.
^Ci-dessus, p. 140, note 6.
5 Mischna, Yoma, v, 3.
®Tal. de Bab., même Traité , Si b. Une autre pierre, dite « la pierre des égarés, » était également renommée à Jérusalem : On y déposait les objets perdus, et on y venait les réclamer (cjnEn pN- Mischna, Taanüh, iv, 11 ; Tal. de Bab., Baba Mecia. 28 b).
1 Zebahim, xu, 3.