LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
mentionne sur la montagne du Temple un lieu appelé Beth Habbirah ; le Talmud 1 ajoute que cet endroit fut appelé Birah simplement. On y brûlait dans un certain cas les holocaustes. Peut-être cette place se trouvait-elle à côté de la forteresse Bip;; i (plus tard Antouia), mot qui semble représenter le mot hébreu ÎTT3.
rtfrv, la fontaine de Siioah se trouve, selon lesTalmuds, au point central de la « Terre d’Israël 3; » tout près il y avait une place que les Talmuds 1 nomment Gadyon ou Gad-Yavan; selon la tradition juive Siioah et Gihon sont identiques, car le Targoum3 rend le dernier par Siioah. « Ses eaux sont claires et douces, dit le Midrasch G ; » Josèphe 7 rapporte également que les eaux de Siioah sont d’un goût excellent et abondantes en toute saison. Si l’on en croit d’autres écrivains, ces eaux, au contraire, avaient un goût salé8. Un passage talmudique leur attribue des qualités digestives9. Quand les prêtres avaient mangé trop de viande, ils buvaient les eaux de Siioah et la digestion reprenait son cours normal. Josèphe10 place cette source au sud de la ville, au débouché de la vallée des Fromagers; saint Jérôme la place une première fois au pied du mont Sion 11 et une autre fois
1 Tal. de Bab., même traité, 104 b.
* Josèphe, Guerre, I, m, a.
3 Tal. de Jér., Haguiga, i, 1.
* Mischna, Zabim, i, 5. HVTïÔ JVTO2; la Tosiftha lit au lieu de nÙ’ÏN Les commentateurs expliquent ce mot par « idole des Grecs; » c’est la place où les Grecs sous Antiochus Epipbane avaient exposé une idole.
5 1 Bois, i, 33.
fi Midrasch Ekha.
1 Guerre, V, iv, 1.
8Reland, Paleestina, t. II, p. 893.
* Aboth de R. Nathan, ch. 35.
,u Lot. cil.
n Comm. ad Jesaiam, ch. 8.
au pied du mont Moriyah1. Il faut dans ce cas chercher Siloah près de l’Ophel ; on montre en effet aujourd’hui cette fontaine au sud-est de la ville. Les eaux de Siloah étaient employées au Temple pendant la fête des Cabanes4. Peut-être le Siloah avait-il sa source à la montagne du Temple. Ce qui paraît confirmer cette opinion, c’est que les Talmuds 3 parlent d’une source qui avait son origine dans la maison du Saint des Saints ; le filet d’eau n’était pas plus gros que la tentacule d’une sauterelle et traversait le Hekhal, ensuite YOuhun, et en arrivant à la porte de 1 ’Azarah, il avait atteint la grosseur du goulot d’une petite bouteille.
La Mischna * mentionne encore d’autres eaux telles que « le puits à roue, » « le grand puits » et « le puits d’eaux fraîches. » Toutes ces eaux étaient sans doute amenées par les aqueducs de la fontaine d’Etam 3 située à vingt-trois coudées au-dessus du niveau de l’Azarah. Celte source est, selon les talmudistes, identique avec les eaux de Neftoah de la Bible. Le puits à roue n’était pas très-distant de cet aqueduc. Dans le Temple on avait pratiqué en outre des bassins pour recueillir les eaux de pluie Un conduit venant des Ha-
1 Comm. ad Afattheum, x, 28.
* Mischna, Soukkah, v, 1. On avait l'habitude de verser beaucoup d'eau sur l'autel, le dernier jour de cette fête, par allusion & l’abondance de pluie qu’on implore ce jour. Celte têt était une des plus joyeuses et s’appelait nOK'OD C’2 pnCE>-
3Tal. de Bab., Yoma, 77 b.
* Eroubin, x, U. per2 ^02 blTin 11201 n^lSnTCD D’NboDl
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3 Tal. de Bab., Yoma, 31 a.
6 Middoth, iv, 7 ; c’OH Dlllin P'2- On mentionne aussi dans les Talmuds un belh-Mamel ou Memala (pco pi;; Tal. de Bab., Eroubin , 51 i; Sanhédrin, 24 a. P’Z Bereschxlh rabba,
cli. 51). Peut-être est-ce l’aqueduc qu'on surnomme maintenant Birket el-hlmili.