‹ La géographie du TalmudChapitre 87 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

dessus, R. Hisdaï dit : seules les prisons qui se trouvent hors du mur de Beth-Phagué sont considérées comme prisons des païens. » « Pour les sacrifices d’actions de grâce *, on n’était pas aussi sévère que pour les autres, ce sacrifice est considéré comme saint, môme si on le prépare hors de l’Azarah, mais il ne l’est pas hors du mur de Beth-Phagué. » On exige pour une certaine cérémonie religieuse des dîmes, que le blé soit battu à l’intérieur du mur do Jérusalem ; « il suffit, dit-on dans les TalmudsI 2, qu’il soit battu à l’intérieur du mur de Beth- Phagué. »

Pour concilier tous ces passages quelque peu contradictoires, il faut avoir recours à l’hypothèse suivante : Beth-Phagué se trouvait près de Jérusalem, au pied du mont des Oliviers. A une certaine époque, quand de trop nombreux pèlerins affluaient dans la capitale, au point que la ville proprement dite ne pouvait plus les contenir, on joignit Beth-Phagué à la ville, en l’entourant d'un mur, et on lui accorda les mômes privilèges qu’à la capitale, concernant la consommation des offrandes. Cette mo iificationne devait pas soulever de grandes difficultés, puisque le mont des Oliviers, comme nous l’avons vn, jouissait déjà d’avantages analogues.

Les Talmuds rapportent que les boutiques de Beth Hini furent détruites trois ans avant Jérusalem3. Ces boutiques se trouvaient probablement sur le mont des Oliviers,

I TaL de Bab., Mcnahoth, 78 b.

4 Tal. de Bab., Baba Mecia, 90 «.

3 Ibidem, 88 a. La leçon du Tal. de Jér., Pi ah, i, 3 i;n M3 rUlPI est probablement une faute du copiste. Dans le Siphri, Deutéronome, 103 (éd. Friedmann, p. 93 b), on lit );n 'Î2 fYMn DM21 3 fHNP Dllp « les boutiques de Bené Hanan furent

détruites trois ans avant la Terre d'Israël », ce qui semblerait indiquer que ces boutiques des fils Hanan se trouvaient hors de

et Beth Hini serait alors identique avec le Bethania de l'Évangile. Les Talmuds 1 ajoutent que les figues de Beth Hini mûrissaient plus tôt qu’ailleurs etque les figuiers disparurent par suite du siège de Jérusalem, Ces fruits ont pu donner le nom à l'endroit Beth-Phagué, placé par les Évangiles à côté de Bethania. On veut identifier Bethania avec le village actuel d’el-Azarieh s, habité par des musulmans et des chrétiens. M. Schwarz8 prétend avoir trouvé une place à cinq stades de Jérusalem, sur le mont des Oliviers, que les indigènes appellent Beit Ouhana; mais il n'est pas à notre connaissance qu’aucun voyageur moderne ait mentionné ce lieu.

La vallée de Hinnom, ainsi que le Thopheth, joue dans lesTalmudsun rôle tout à fait légendaire. On fait dériver* le nom du premier de la racine cro « hurler, faire du bruit,* et nen de la racine *]on **]n « battre le tambour. * Les Talmuds prétendent qu’on y faisait du bruit pendant qu’on brûlait les enfants en l’honneur de Molokh, afin que les parents n’entendissent pas les cris déchirants des malheureuses victimes, et ne fussent tentés de les arracher aux flammes.

Les Talmuds5 mentionnent une localité Gareb à trois milles de Scliilo. Nous pensons pouvoir substituer à Schilo le mot Y erouschelalm , et identifier ce Gareb avec la colline de Gareb dont parle Jérémie °, à l'ouest de Jérusa-

la Palestine. Nous croyons que la leçon de 'yn p'2 est la plus correcte. On écrit aussi ce nom'3iNtT2 (Toshiba, ScAebiitA, cb. 7.) i Tal. de Bab., Pcsakim, 33 a.

*M. de Saulcy, Voyages, etc., t. I, p. 191.

•T Pas heüige Land, p. 219.

■* Midrasch Ekha, I, îx .

5 Tal. de Bab., Sanhédrin, 103 a.jpo Vycb 31X1 • fi Jérémie, xxxi, 39.

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