‹ La géographie littoraleChapitre 10 sur 13 · LAC AGASSIZ · texte numérisé non relu

LAC AGASSIZ

dans

MmNESOTA

ns

A>m»ipmrMrAartLy^

Fig. 71.

émis l'opinion que toutes les différences de niveau du lac sont le résultat de Tattraction exercée par les glaces. Au début, elle aurait été considérable, à cause de la proximité des amas glaciaires du nord-est du Minnesota et du nord de l'Amérique Anglaise; mais avec leur retrait, l'attraction a diminué graduellement et son influence a été restreinte; en conséquence le lac s'est vidé dans la mer d'Hudson (i).

M.Warren Upham désigne parnai les causes qui ont contribué au dessèchement de ces mers intérieures : i° la pesanteur des glaces sur le sol, et ensuite, son relèvement après leur disparition ; 2*^ la contraction pcir le refroidissement, et plus tard, quand le climat a changé, l'expansion des roches par l'action de la chaleur; 3** des effets de transformations dont les îigents sont encore inconnus.

Le fond de ces lacs serait encore soumis à l'époque contemporaine, à un mouvement persistant d'élévation. Tout le nord de l'Amérique conserve des traces grandioses de modifications survenues à la période post-glaciaire. Les recherches de la Commission géologique du Canada a amené la découverte de zoophytes fossiles, inconnus sur l'ancien continent, mais possédant une parenté avec ceux des mers du Sud (Fig.72). On est naturellement amené à supposer que le nord de l'Amérique, avant la période glaciaire, aurait été couvert par des eaux tièdes d'une mer aux limites indéterminées, mais dont les traces laissées dans le centre du continent paraissent avoir été le dernier terme de la dépression.

Ces traces de bassins intérieurs se retrouvent aussi dans l'Amérique du Sud. A une certaine époque géologique, l'intervalle entre les deux chaînes des Andes, en Bolivie, était rempli par un lac plus étendu que les grands lacs de l'Amérique du Nord. Le bassin occupé par les plaines de TOruro, où coule la rivière Desaguadero, représente un ancien fond de lac, dont le lac Titicaca représente la dernière dépression ; on voit encore une bande d'érosion littorale de 320 kilomètres de long, profilant l'ancien contour du lac. L'altitude de la plaine est de 4000 mètres; l'exutoire paraît avoir été au pied de l'illimani, près de la ville de La Paz (2).

(i> Bull. of. the U. s. Geol. Survey, No 39... Warren Upham. 1887. (3) George Ch. Musters. Journ. of the Roy. Geogr. Society, 1876-77.

Girard, 14.

bC

fc^ ::;

ce .

tH -

■fj

tfi

CL u

CJ

le

t* 5 ï: ce ^

LES VESTIGES LITTORAUX ET LES MOUVEMENTS DU SOL 2îr

Les fjords et leur origine. — Un fjord est une longue et étroite échancrure qui s'avance profondément dans les côtes. Ce n*est ni

t>. CD

Cz. ^

bO

o en

une baie, ni un golfe, ni une faille, accidents du sol de la zone tennpérée; c'est une ouverture profonde dans les rochers, compliquée de bizarres ramures s'étendant au travers de toute

la masse môme d'un massif montagneux. En pénétrant dans les fjords, le navigateur se voit enfermé entre les parois de roches qui s'élèvent verticalement de chaque côté. L'ensemble topographique des côtes terminées par ces ouvertures figure un craquelé gigantesque; quelques-unes, comme le Sogne-fjord, en Norwège, s'enfoncent dans l'intérieur jusqu'à 200 kilomètres de leur embouchure et leur tracé représente le squelette d'un arbre, dont le ^ tronc serait l'artère

principale et les branches figureraient les ouvertures annexes.

Le fond des fjords est presque toujours terminé par la vallée dont il est la continuation sous-marine ; au point où le soi se relève, le comblement s'opère insensiblement par la sédimentation ; là on reconnaît trois étapes successives : au premier plan, s'étalent les bancs de sable modelés par les vagues et le mouvement des eaux ; au second, les sédiments non consistants ou un marais littoral, envahi tantôt par les crues des torrents descendant des montagnes, tantôt par les hautes marées ; il représente l'état intermédiaire entre les alluvions et la grève sablonneuse ; au troisième, s'étend le terrain alluvial recouvert par les matériaux arrachés à la montagne et commençant à être recouvert par la végétation.

Plusieurs explications ont été fournies sur l'origine des fjords; une des plus acceptables est d'admettre que la côte a subi un

\^ ^ V^ %"--*"' *^- il x * - :

^'»g- 74 Comblement progressif du fond d'un f)ord.

aflfaissement considérable et que des nombreuses vallées y aboutissant sont devenues de profondes dépressions sous-marines. En supposant un affaissement du massif du Mont-Blanc de plusieurs centaines de mètres, la vallée du Rhône serait changée en fjord, comme toutes celles qui descendent des Alpes. Ces découpures ont été remplies par les glaciers, lesquels ont contribué à leur affaissement par le poids des glaces, jusqu'à une autre époque, où la température s'élevant, le sol s'est exhaussé à la suite de la fonte de ces glaces.

CXfffi

Page 1