TATOUAGE
Dans la plupart des pays, c'est surtout la peau qui est l’objet de la déformation, soit par le,tatouage, au moyen de substances colorantes, soit par des incisions, sur lesquelles on tâche d'obtenir une cicatrice difforme. Les Polynésiens, les nègres et les Japonais fournissent aujourd'hui des exemples de ces différents tatouages. Cet usage est d’ailleurs la marque d’un état social inférieur. Il était très en honneur chezles Polynésiens, qui le nommaient Tataou, d'où nous avons fait le mot tatouage; il était usité chez les populations préhistoriques de la grotte d’Aurignac (Lartet), dans l’ancienne Egypte et chez les Huns d’Attila. Il se retrouve aujourd’hui dans nos sociétés, surtout chez les criminels et les prostituées. Les hommes qui, encore aujourd’hui, se font, chez nous, tatouer, sont exposés à certaines maladies, érysipèles, inflammations des vaisseaux et des ganglions lymphatiques, absorption de certains virus et notamment de la syphilis; un médecin militaire a publié récemment plusieurs faits de ce genre. Mais à combien d'accidents plus nombreux sont exposés les Polynésiens et notamment les Maoris, lorsqu'ils se font pratiquer leurs tatouages compliqués! Aussi un grand nombre meurent-ils de tétanos, d'érysipèle, d'infection purulente, ainsi que l’a constaté Lesson ; l’époque du tatouage est donc une date, un événement solennel dans la famille. Il en est de même, au point de vue des accidents qu'elles déterminent, des cicatrices kéloïdiennes que les nègres provoquent en remplissant de sel les incisions ornementales qu’ils viennent de se faire.
DÉFORMATIONS CRANIENNES. 413