III. POLYNÉSIENS
L'analyse d'anthropologie pathologique que nous venons d’appliquer aux Japonais et aux Malais, nous allons l'appliquer aux Polynésiens.
$ Î. MIGRATIONS, MÉLANGES, AIRE GÉOGRAPHIQUE, CARACTÈRES ANATOMO-PHYSIOLOGIQUES.
Je disais tout à l'heure qu’à côté des Malais vrais on trouvait, en Malaisie, des populations qu’on a nommées malayo-polynésiennes, et j'ai cité les Battaks (Sumatra), les Macassais, les Boughuis (Célèbes), les Dajaks (Bornéo); je citais ces populations comme de taille plus haute que les Malais, aux pommettes moins saillantes, au nez plus mince, moins aplati, à la barbe plus fournie, aux cheveux parfois bouclés, à la tête moins brachycéphale, enfin comme présentant beaucoup de caractères du type blanc; les voyageurs s'accordent en effet à reconnaitre un grand rapport entre ces populations et les Polynésiens proprement dits. L'histoire de l’ethnologie polynésienne nous explique cette apparence.
Nous avons vu se former la race malaise : nous avons vu ce qui devait devenir le noyau de cette race suivre d’abord les grands fleuves continentaux et descendre du Tibet, vers la presqu'ile de Malacca ; nous avons vu plus tard les Malais suivre les courants marins, ces véritables fleuves océaniens, et essaimer dans toute la Malaisie : vers le nord, le long du Kouro-Siwo, jusqu’au Japon, vers le sud-ouest, jusqu’à Madagascar ; cet écoulement des populations du centre de l'Asie vers la mer ne s’est pas fait d’un seul jet, mais à des époques successives, par flots successifs, dont l’un poussait l’autre; suivant les époques où le départ des futurs Malais avait lieu, ils partaient plus ou moins chargés d’élément blanc ou d’élément jaune ; suivant les points d'arrivée, ils ont rencontré des populations qui, elles-mêmes, plus ou moins blanches ou jaunes ou noires, ont donné au type malais résultant un caractère particulier, suivant ces points. Ainsi l'élément jaune domine au Japon; l’élément cafre domine à Madagascar ; en Malaisie, Pélément négroïde domine, chez les Malais vrais ; l'élément blanc domine chez le Malayo-Polynésien.
Ce jet de populations parti de l'Asie et lancé au travers des diverses populations autochtones devait se continuer par le même chemin des courants marins. Il existe un grand courant équatorial qui va de l'ouest à l’est; ce courant, la population nomade dont nous parlons devait le prendre. Le jet de population qui