‹ La geógraphie médicaleChapitre 209 sur 233 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Contre la force qui pousse au changement s'en élève une autre, tout opposée, qui tend non seulement à maintenir le type dans le sfatu quo (elle prend alors le nom d’hérédité), mais à le

La présence de canines chez l’homme, ainsi que celle du diustoma, ou espace qui sépare la canine des incisives, est de même un caractère que l'homme, surtout celui des races inférieures, présente fréquemment par un fait d’atavisme simien. Darwin remarque même, avec une fine pointe d’ironie, que ceux des hommes qu’une pareille pensée met en mauvaise humeur, n’ont d’autre manière d'exprimer la colère que motive cette généalogie qui n’est pas de leur goût, que de montrer ces malheureuses canines, absolument comme fait encore aujourd’hui le singe contrarié.

La dent, si ironiquement nommée de sagesse, ne serait ellemême qu’un héritage phylogénique. En effet, l’évolution de la dent de sagesse se fait chez les singes plus tôt que chez l’homme, et, dans l’humanité, chez les races inférieures plus tôt que chez les races supérieures. En Italie, elle se fait aujourd'hui, dit Mantegazza, plus tard qu’autrefois, dans le même pays. Cette dent ne sert d’ailleurs à rien; elle se carie presque toujours, et c’est elle qui occasionne la stomatite ulcéro-membraneuse, jadis crue épidémique, parce que tous les soldats ayant le même âge en étaient atteints au même moment; actuellement, chez beaucoup de gens, elle n’évolue pas; si bien qu’on peut prévoir que l’homme de l’avenir, plus civilisé sinon plus sage, n’aura pas de dent de sagesse.

Encore de l’atavisme que la persistance d’une suture au milieu de l'os malaire ! Chez quelques quadrumanes et chez d’autres mammifères, cet os est composé, en effet, de deux parties ; c'est également dans cet état qu’on le trouve chez le fœtus humain de deux mois ; par exception, cette disposition persiste parfois chez l’homme, surtout dans les races prognathes inférieures.

Il en est de même de la suture métopique ; elle existe chez l'embryon, chez l'enfant et chez les mammifères inférieurs, à l’âge adulte; par exception elle persiste chez l'homme adulte, mais sur les crânes anciens, cet état s’observe plus souvent que sur les crànes récents.

Encore de l’atavisme que la persistance du repli semi-lunaire à l’angle interne de l'œil, comme un vestige de la membrane clignotante ! Atavisme l’appendice vermiforme du gros intestin!

Les mamelles surnuméraires chez la femme, les mamelles parfois même inguinales, sont également un cas de réversion ancestrale par atavisme.

L’utérus double ou plutôt divisé en deux, chez la femme, est,

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