‹ La geógraphie médicaleChapitre 218 sur 233 · SACS ÉD TITI sexdigitisme pied · texte numérisé non relu

SACS ÉD TITI sexdigitisme pied

syndactylisme main.

4 A ANR PACE TEE sexdigitisme mains, pieds.

5 PP le Ne ON EP Gris sexdigitisme main droite. syndactylisme main gauche.

6 — PAST amen ce syndactylisme 2 mains.

Fréquence, distribution géographique. — Le polydactylisme s’observe d’ailleurs, tantôt aux mains, tantôt aux pieds, tantôt aux pieds et aux mains; les mains le présentent cependant plus souvent que les pieds, et le pouce est le plus souvent le doigt supplémentaire. Il est très fréquent chez le nègre. M. le D' Napias m'a dit avoir été frappé du grand nombre de nègres sexdigitaires qu'il a rencontrés à la Guadeloupe, dans un court séjour chez eux, & au moins une douzaine » ; tantôt (communication écrite) « il s’agissait, chez un petit garçon de quelques mois, d’une « phalange supplémentaire attachée au niveau de l'articulation « de la troisième phalange du petit doigt ; la phalange supplé- « mentaire avait un ongle et le squelette était une phalangette « mal formée; tantôt il s'agissait d’un doigt supplémentaire « complet attaché par un pédicule au niveau de Particulation « métacarpo-phalangienne du petit doigt; tantôt le doigt sup- « plémentaire était implanté sur le 5° métacarpien, rigide et « sans articulation, presque perpendiculaire au 5° métacarpien. « Dans ce cas, qui m’a été signalé par un de nos collègues, le « Dr Mattei, qui exerçait à la Guadeloupe, les phalanges supplé- « mentaires existaient aux pieds ; sur la face supérieure de cha- « que pied existait une série de 4 rangées de doigts supplémen- « taires, de volume décroissant, imbriqués les uns sur les autres, « comme les tuiles d’un toit, jusqu’au milieu du cou-de-pied. « Dans une famille de malâtres que j'ai connue, le mari et la « femme avaient des doigts supplémentaires. Ils eurent 5 enfants « qui eurent des doigtssupplémentaires, un sixième naquit sans « supplément d'aucune sorte... et le mari battit sa femme ». À Rome, dans l'antiquité, cette anomalie devait se montrer assez fréquemment avec un caractère d’hérédité, car plusieurs familles y portaient le surnom de Sexdigilati. Les sexdigitisme est en effet héréditaire et Darwin en a cité des exemples, qu'il avait pu suivre dans une famille, pendant 5 générations. Mme Clémence

POLYDACTYLIE ET SYNDACTYLIE. 589

Royer a connu une famille où les mâles avaient 6 doigts. Cette anomalie peut même sauter une génération; autrement dit, le sexdigitisme peut être transmis par quelqu'un qui ne l’a pas luimême, par atavisme; c'est de même qu’un taureau, fils d’une vache bonne laitière, transmet à ses filles les qualités laitières que lui-même n’avait pas, bien entendu, mais que possédait sa mère. Dans certains cas, il semble que l’hérédité accentue le sexdigitisme, de génération en génération : ainsi le D' Struthers a vu un doigt supplémentaire apparaître de la façon suivante, pendant 4 générations :

AS RENÉ PATONE Rene ste as 1 main.

2e génération..... PR ENS 2 mains.

JÉROTOTAMONM Es ee ne sé ose ee se 2 mains, 1 pied. &e génération. ....... Lente 2 mains, 2 pieds.

C’est d’ailleurs grâce à l'hérédité que se formeraient facilement des races sexdigitaires, si la nmiode en pouvait naître : au commencement de ce siècle, dans l'Isère, loin des communications habituelles, il y avait un village de sexdigitaires; ces gens, qui ne sortaient jamais de chez eux, ne se mariaient qu'entre eux; il a suffi de faire des routes et de donner de l’expansion à la population, pour faire inconsciemment disparaitre le sexdigitisme.

Par sélection, un membre distingué de la Société d'anthropologie, M. Martinet, a réussi à faire une race de poulets à 5 doigts; il est en chemin d’en faire une à 6 doigts.

Cette anomalie en accompagne souvent plusieurs autres; ainsi une femme célèbre dans l’histoire, Anne de Boleyn, femme de Henri VIII d'Angleterre, celle qu’on appelait la Haquenée d’Angleterre et qui fut mère d’Elisabeth, avait 6 doigts; elle avait en outre une mamelle surnuméraire et une dent de plus que l'état normal le comporte.

Mécanisme; valeur comme caractère de réversion, — On pourrait, au premier abord, se demander comment la présence d’un certain nombre de doigts surnuméraires constituant un luxe, un excès, peut être rattachée à un arrêt de développement; cependant la biologie montre que souvent le progrès, lévolution sont liés à la disparition de certains organes et non à leur augmentation; ainsi l’évolution ne grossit pas le thymus, elle le fait au contraire disparaitre.

Cette objection n'aura plus d’ailleurs sa raison d’être, si nous

590 MONSTRUOSITÉS. ANOMALIES RÉVERSIVES.

considérons que c’est moins l'arrêt de développement qui fait la monstruosité, que la persistance de l’état fœtal et la persistance dans le haut de l'échelle zoologique de caractères inférieurs ct qui ne sont normaux que dans le bas de cette échelle.

Voyons donc en quoi le sexdigitisme est dû à la persistance d'un état fœtal et en quoi, chez l’homme, il est le maintien dans le haut de l'échelle zoologique d’un caractère inférieur : aucun animal actuel (mammifère, oiseau ou reptile) n’a plus de 5 doigts ; de plus, le type le plus ancien auquel il faille remonter pour voir apparaître 5 doigts, est celui des amphibies. Gegenbauer n’a pas eu de peine à montrer que les extrémités pentadactyles des amphibies, animaux qu’on voit apparaître à la période carbonifère et dont on trouve les empreintes dans les terrains triasiques, dérivent des nageoires polydactyles des poissons, nageoires qui, par réduction du nombre des doigts, se sont accommodées à leur nouveau rôle, qui était de prendre un point d’appui sur la terre devenue ferme et non plus sur l'onde mobile.

Or si les cinq doigts apparaissent aux amphibies, il faut, de toute nécessité, pour qu’un arrêt de développement, par persistance d’un état fœtal, donne six doists ou plus, il faut, dis-je, que l'embryon ait été arrêté, saisi, pendant cette phase ontogénique qui correspond à une étape phylogénique antérieure aux amphibies, c’est-à-dire correspondante aux poissons. La seule présence d’un sixième doigt a donc, on le voit par l'analyse que je viens de faire, une valeur réversive considérable; mais ce n’est pas tout.

Une particularité qui n’est pas moins curieuse, présentée par les doigts surnuméraires, qu’on cherche souvent à enlever, c’est celle de repousser lorsqu'on les a amputés. Le Dr White parle d’un enfant de trois ans, qui avait deux pouces à chaque main ; on coupa une première fois l’un des pouces, il repoussa. On l’enleva une deuxième fois, il repoussa encore ! Des cas semblables de reproduction d’un doigt surnuméraire amputé ont été cités par le Dr Struthers et par le D' Falconner. Or cette propriété présentée par des tissus de rebourgeonner sous la section, de repousser, est un caractère essentiellement fœtal, embryonnaire. Simpson citeen effet le cas d'un fœtus dont le bras fut amputé par un repli membraneux dans l’utérus même; or, au moment de la naissance, on voyait, sur le moignon résultant de cette section complète du bras, trois tronçons, ou mieux trois bourgeons, qui indiquaient

MICROCÉPHALIE. 561

la tendance des tissus du bras à repousser ! Cette propriété de repousser, qui est propre aux tissus de l'embryon humain, est normale dans le premier état des Batraciens anoures avant leur métamorphose; chez le tétard, la queue repousse en effet, tandis que chez la grenouille adulte, la patte amputée ne repousse pas; c’est encore là un exemple de la persistance chez l'embryon ou, dans les premières périodes de l’évolution ontogénique, des caractères qui sont propres à certains animaux inférieurs, c’est-à-dire au début de l’évolution phylogénique. Cette propriété persiste même chez certains animaux à l’état adulte : Spallanzani a coupé et recoupé jusqu’à six fois les pattes et la queue d’une salamandre, six fois ces organes ont repoussé. Bonnet a pu réussir jusqu’à huit fois chez le même individu; de leur côté, Briggs et Buckland, après avoir coupé les nageoires pectorales de certains poissons, nageoires qui sont après tout des membres, les ont vues repousser en six semaines,

En résumé, la propriété de repousser que possèdent parfois les doigts surnuméraires est due à la persistance d’un état fœtal des tissus; et comme cette propriété des tissus à l’état fætal n’est elle-même que le vestige, que le souvenir d’une propriété qui était normale à une étape inférieure dans la série phylogénique, il s'ensuit que cette persistance de la propriété de repousser dénote, chez l'adulte qui la présente, un caractère atavique très inférieur, puisque c’est là un legs qui leur a été fait par nos ascendants reculés, les vertébrés les plus inférieurs.

S 7. MICROCÉPHALIE.

On nomme ainsi la réduction congénitale du volume du crâne, due à un arrêt de développement. {l en résulte, comme conséquence forcée, une réduction proportionnelle de l'intelligence, qui reste enfantine.

La microcéphalie n’est cependant pas synonyme d'idiotie, car si tous les microcéphales sont plus ou moins idiots, tous les idiots ne sont pas microcéphales.

Crâne. — Ce qui frappe chez ces monstres, c’est l'opposition entre la face, qui suit une évolution normale, et le crâne, qui, seul, est atrophié. Comme le remarque C. Vogt, il semble que le crâne, comme chez les singes, ait glissé en arrière, Le crâne

592 MICROCÉPHALIE.

seul est resté simien, tandis que la face a pris le type humain ; en effet, si sur une ligne horizontale tangente au bord supérieur de l’arcade zygomatique, on abaisse une ligne perpendiculaire passant par l'articulation du malaire avec le frontal, on coupe une partie notable du cerveau chez l’homme, on l’entame de quelques millimètres seulement chez le chimpanzé, on ne l’entame plus chez le gorille. Or sous ce rapport, le microcéphale est intermédiaire entre le chimpanzé et le gorille.

La plupart des microcéphales ont l'occipital taillé à pic; en même temps on constate chez eux une grande saillie du nez, par suite du balancement fonctionnel, habituel en biologie.

Si, au lieu de considérer la forme du crâne, on considère son évolution, son développement, voici ce qu’on constate : d’après les tableaux de Welcker, la capacité crânienne de l’enfant nouveau-né est le quart ou 25 0/0 de ce qu’elle sera à l’âge adulte. A un an, l'enfant a déjà, comme capacité crânienne, atteint 63 0/0 de celle qu’il aura à l’âge adulte ; à l'adolescence, il a à peu près atteint la capacité de l'adulte. Chez le singe, le nouveau-né a déjà près de 60 0/0 de ce qu’il aura à l’âge adulte. Le microcéphale, lui, a déjà en naissant plus de 60 0/0 de ce qu’il aura jamais. Autrement dit : l’évolution progressive du crâne se poursuit pendant plus longtemps chez l'homme que chez le singe et que chez le microcéphale.

Un caractère essentiel, c’est la réduction du cube crànien, réduction d’ailleurs variable, qui a fait diviser ces monstres par Broca en demi-microcéphales et microcéphales vrais. Les limites de cette division varient, on le comprend, suivant les races. Dans la race blanche, les demi-microcéphales adultes ont un cube crànien inférieur à 1150 centimètres cubes et une circonférence horizontale moindre que 480 millimètres chez l’homme et #75 millimètres chez la femme. Le microcéphale vrai oscille entre 272 et 622 centimètres cubes, ce qui est plus près du gorille mâle, 500, du chimpanzé, 417, du gorille femelle, 418, que de l’homme, 1400, Divers microcéphales ont présenté 285, 401, 403, 462, 490, 505, 668 centimètres cubes. Lorsque le microcéphale cube plus de 500, il s'éloigne plus du type simien que de l'humain. C’est le contraire au-dessous de 500.

Sutures erâniennes. — Ce qui est très intéressant, c’est que, même chez l’adulte, les sutures sont ouvertes ; cela contredit formellement la théorie de Virchow. Ce savant avait dit en effet que

MICROCÉPHALIE. 593

si le cerveau restait petit, c’est que la boîte crânienne se fermait sur lui. Cela est faux ; la cause de la microcéphalie n’est donc pas cränienne, elle est cérébrale.

Cela diffère complètement de l'arrêt de développement consécutif à la naissance, qui, lui, est crânien et détermine sur le cerveau, qui demande à croître, des déformations spéciales.

Valeur comme caractère réversif., — Comme pour je bec-de-lièvre et le sexdigitisme, nous ne comprendrions pas la valeur philosophique de cette anomalie tératologique, si nous ne recherchions quelle est l’évolution cérébrale dans l'échelle phylogénique, comme dans l’échelle onfogénique.

Page 1