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Et pour la dysenterie :
Anglais. Cipayes.
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On remarque également la grande fréquence des avortements chez les Anglaises, dans l’Inde; on l’attribue à la fréquence des métrorrhagies. En somme, les Anglais ne font pas souche dans l'Inde. Le D' Wise, qui a passé trente ans dans ce pays, déclare qu’il n’a jamais vu un individu, issu de sang européen, à la troisième génération. Aussi nos voisins peuvent dominer dans l'Inde, mais ils ne la coloniseront jamais! Leurs chiens mêmes sont dans le même cas; Darwin dit que les grands lévriers anglais perdent dans l'Inde leur type et qu'ils disparaissent à la troisième génération ; de même, les cheväux d’Europe qu’on emmène à la Côte d'Or et ceux qu’on emmène en Cochinchine, ne tardent pas à succomber. Au contraire, la race bovine prospère à merveille, à la côte d'Afrique.
En revanche, la race anglo-saxonne prospère merveilleusement dans les Etats-Unis du Nord.
Nous pouvons donc conclure que, encore plus que les Francais, l'Anglais aime le Nord et craint les pays chauds.
Nous venons de voir que c’est la race espagnole qui réussit le mieux en Algérie ; elle s’acclimate très bien à Cuba, et même dans toute l'Amérique du Sud.
Le Chinois s’acclimate bien aux pays chauds ; quand on consulte la mortalité de diverses races, à la Martinique sur 100 individus on voit que la mortalité des Hindous est de 12, tandis que celle des Chinois est 9,66.
Il y a des races animales qui sont, pour ainsi dire, cantonnées dans certains endroits et qui vivent mal ailleurs. Les moutons dits cheviots, qui fournissent les étoffes de ce nom, ne vivent que dans les montagnes d'Ecosse. Darwin raconte qu'il a observé un troupeau composé de moutons de Lincolnshire, lourds, gros, et de Norfolk, légers, minces, tous élevés dans un mème pàturage, en pente; le haut de ce pâturage était montueux, sec ; le bas était marécageux. Or la séparation des moutons se faisait seule: d'eux-mêmes les lincolnshires prenaient le bas, les norfolks le haut.
Les animaux souterrains vivent toujours dans un milieu à température à peu près constante ; aussi le lapin, le rat sont-ils très cosmopolites. Les plus cosmopolites sont surtout les espèces domestiques, le cheval, le mouton, la chèvre, le bœuf, le porc, la poule, le pigeon, le chat, le chien; c’est que pour tous ces animaux, dont l’homme prend soin, il y a, dans la lutte contre le climat, un grand avantage; l’homme les couvre, les abrite contre le froid, les rafraichit contre la chaleur. C’est de la même facon que l’homme civilisé tend à effacer pour lui-même les différences des climats, et que le civilisé est pour cela même plus cosmopolite que lincivilisé.
C'est vraisemblablement à ses mœurs que le juif doit le cosmopolitisme évident, dont fait preuve son histoire passée, comme son état présent. En Egypte, les juifs étaient tellement acclimatés, ils multipliaient tellement, que les Égyptiens s’en effrayèrent et les chassèrent ; en Palestine, ils s’acclimatent partout, depuis la profonde et malsaine vallée du Jourdain, jusqu’au sommet du Liban. Ils habitent aujourd’hui dans toute l'Europe, même dans le Nord, même au Canada, aussi bien que dans les pays chauds. Mais le juif travaille peu dehors ; il ne défriche pas, il vit dans les villes, se défendant contre le froid et contre le chaud, sans s’exposer aux intempéries.
Le nègre est dans une condition opposée; lui, il est peu cosmopolite; le froid le tue surtout rapidement, ce qui tient à son état social. Quelques exemples le montrent de suite : il meurt de froid à Gibraltar; il est très mal acclimaté en Egypte ; tout dépend d’ailleurs des soins qu’il reçoit ou recevait. Les États où l’on cultive le coton et où, comme le dit Bertillon, on transforme le nègre en balles de coton, sont dits consommateurs du nègre. Au contraire, dans ceux où on ne cultive pas le coton, où l’on fait du nègre, où l'on cultive le nègre, et qui sont producteurs du nègre, il prospère.
Quoi qu’il en soit, il ressort + tout ce que nous venons de voir, que les gens du Nord supportent mal les pays chauds; les Anglais l'Inde ; les Français du Nord, l'Algérie.
Ce qui est vrai de l’homme, l’est aussi des animaux. Aux Antilles, les chiens de forte race meurent avec des ulcérations cutanées ; leurs nouveau-nés sont également soumis à une mortalité excessive. Le changement des saisons trouble et bouleverse Les époques d’accouplement.
Cependant l'histoire de l’Europe, pour ne parler que d'elle, nous montre que nos pères craignaient moins que nous le changement de climat. Commençons donc par constater de quels changements de climat l’histoire a gardé le souvenir ; nous verrons alors quels sont les procédés dont elle nous montre le succès ; nous pourrons comprendre le mécanisme de l’acclimatement et nous pourrons arriver à formuler les lois de l’acclimatation.
La première et plus ancienne migration qui nous intéresse, est celle des Ariens, nos pères, partis du plateau de l'Asie centrale, entre 34° et 41° de latitude, sous la même ligne isotherme que la France. Les uns entrent en Europe, deviennent, après bien des siècles et bien des mélanges, les Celtes, les Pélages, les Hellènes, les Slaves, les Goths, les Germains; les autres vont au midi et fondent dans le chaud Hindoustan, là où les Anglais meurent aujourd'hui, une belle civilisation ; ils y sont encore. Or quel est le procédé suivi par eux ? Leur acheminement a mis des siècles à se faire, il ne s’est fait que pas à pas, et nous ne constatons qu'une succession de petits acclimatements. De plus, partout où il a passé, l’Arien s'ést métissé avec la femme du vaincu. Le métissage a donc aidé ici le petit acclimatement. Comme le dit Bertillon : « Ainsi s’est diversifiée la race indo-européenne, par une « migration de proche en proche, n’exigeant de l'organisme de « plusieurs générations, que la modification peu profonde du pe- « tit acclimatement; par des croisements avec les femmes des « vaincus aborigènes et par une longue sélection, l'organisme « indo-européen s’est coordonné aux diverses latitudes de l’Eu- « rope et même à l’insalubre climat de l'Inde et ainsi ils se sont ré- « pandus en vainqueurs, triomphant à la fois et des climats et des « habitants, depuis le cercle polaire, presque jusqu’à l'équateur. »
Cette race indo-européenne, qui se montre si souple à l’acclimatement lorsqu'elle a pour elle la marche par étape, un grand nombre de siècles et les croisements, perd au contraire cette souplesse lorsqu'elle opère brusquement. Ainsi le Romain vainqueur à eu beau coloniser l'Algérie, il n’y a rien laissé, ni type ni mœurs, que des ruines, comme les Anglais dans l’Inde; alors qu’au contraire, dans tous les pays au nord des Alpes, son empreinte dure encore ! Les barbares qui vinrent détruire l’empire romain, étaient eux-mêmes des Ariens, mais changés déjà par leur habitat dans les pays du Nord et par le métissage. Là où ils sont venus brusquement, ils n'ont subsisté que dans les pays
du Nord. Tels, les Anglais, les Saxons, les Normands, les Francs, les Bourguignons, les Germains ; au contraire les Goths ont fondu. Comme le dit Ph. Le Bas : « Le climat du midi impitoyable pour « un homme du Nord, décime promptement cette armée con- « quérante, et il ne fallait pas un siècle, pour qu'il fût impossible « de trouver un Goth en Italie.» Les Wisigoths ont eu, en Espa- « gne, un sort plus heureux; mais cela a été dû à de nombreuses « et fréquentes unions entre eux et les Espagnoles.» Ce sont leurs métis qui, partis du nord de la Péninsule, repousseront plus tard les Maures; ils parlent latin, dit Bertillon : « mais ils retiennent « les rudesses et les aspirations du gothique. » Quant aux Vandales, ils fondirent, tout seuls, au soleil d'Afrique, et Bélisaire ne trouva plus que des ombres à expulser.
Les procédés dont l’histoire nous montre l'efficacité sont donc: le métissage, le petit acclimatement, la longue durée des temps! Les peuples qui n’ont pas suivi ces lois ont rapidement dégénéré. Ainsi les Scandinaves avaient jadis fait une colonie au Groenland ; mais cette colonie n’a pu durer. En Islande, la population scandinave, c’est-à-dire arienne, va toujours en diminuant. Au contraire, les peuples qui suivent ces lois, s’acclimatent. Les Russes s’avancent chaque jour davantage vers le Nord, mais ces Russes ne sont pas seulement des Slaves, c’est-à-dire des Ariens, mais aussi des Finnois, des Ougriens et ils s’acheminent lentement. Si les Espagnols colonisent si bien dans les pays chauds, c'est que le sang espagnol est depuis longtemps mélangé de sang sémite, par Tyr, par les Ibères, par les Maures et que l'Espagnol n’a pas horreur de la négresse même, comme le Français et surtout comme l’Anglo-Saxon.
Mécanisme de l’acelimatement. — Voyons quels sont les changements favorables ou défavorables qui se produisent, lorsque l’acclimatement a lieu, ou au contraire lorsque le nouveau venu dégénère ; voyons quel est le mécanisme de l’acclimatement et du non-acclimatement. S’acclimater, c’est subir, sous l'influence du milieu, un certain nombre de modifications, qui, dans ce milieu donné, sont utiles, et les transmettre, par hérédité, à ses enfants pour qui on a fait ainsi les premiers pas dans la voie de l’acclimatement. Sans doute ces modifications, si la race n’avait pas changé de milieu, seraient un désavantage, mais, dans le milieu nouveau, elles sont un avantage : ainsi perdre sa laine, pour un mouton, c’est, sous les tropiques, un avantage ; dans notre pays,
ce serait pathologique. Prendre une feuille charnue, velue, pour un végétal dans un lieu humide, frais, abrité serait désavantageux, pathologique; au bord de la mer c’est un avantage. Prendre un certain degré d’anémie, un fonctionnement spécial du foie, une coloration particulière de la peau, en France, serait une maladie ; aux Antilles, ce sera un premier pas vers l’acclimatement.
Dans les pays chauds, le premier effet est une stimulation, un sentiment de force; tout semble possible. Les habitants rient de cet enthousiasme, qu'ils savent par expérience n’être pas de longue durée ; c’est la première période qui commence. Elle est caractérisée par l'aptitude à la fièvre jaune, à la dysenterie, par des troubles gastro-intestinaux, par de l’anémie ; elle dure deux ou trois ans ! La deuxième période dure autant que le colon ; elle est caractérisée par la décrépitude, la dysenterie, l'hépatite, car l'habitude ne confère pas l’immunité. Ainsi on croit généralement qu’un même individu acquiert d’autant plus d’aptitude pour le climat chaud, qu’il l’habite depuis plus longtemps ; c'est une erreur : il n’y a d’autre immunité que celle que confère le fait d’avoir eu déjà la maladie et c'est à tort qu’on prend pour de l’immunité l’état latent, ou mieux chronique, de l'empoisonnement paludéen, avec grosse rate, gros foie et troubles dyspeptiques. Les Anglais ont si bien compris que l'habitude ne sert à rien, qu'ils ont dû renoncer à l’échelonnement des garnisons sur la route des climats insalubres. Ils ont dû avoir recours à la création de troupes indigènes et à la séquestration des troupes européennes sur les hauteurs pendant la saison chaude.
Quoi qu’il en soit, au bout d’un certain temps, grâce à la sélection, il s’est fait dans le milieu intérieur de l’acclimaté certains changements en harmonie avec le climat. Ces changements sont tels, que les insectes peuvent les apprécier. Ainsi, Darwin dit que les blancs, nés sous la zone torride, peuvent marcher pieds nus dans un appartement, où le blanc débarqué d'Europe sera envahi par la chique (Pulex penetrans); c’est-à-dire que le milieu intérieur, les sucs du créole ont pris sous l'influence du climat, ce je ne sais quoi d'appréciable pour le Pulex penetrans.Ce choix fait par un insecte, il est fait également par les microbes des maladies virulentes ; c’est ainsi, par une foule de changements plus ou moins appréciables, que se fait l'adaptation au milieu. Jusqu'à un certain point, un certain degré d’anémie n’est pas défavorable sous les tropiques ; les espèces laineuses perdent leur laine ; c’est
ainsi que le Yankee prend un type spécial, caractérisé par la disparition du tissu cellulo-adipeux, l’'amoindrissement du système glandulaire, l’allongement des formes. Néanmoins, il est faux de - dire que le Yankee tourne au Peau-Rouge.
Par une série de mensurations faites sur le personnel d’un navire, le D' Rattray a vu que la capacité pulmonaire augmentait dans les pays chauds de 12,24/100, de ce qu’elle était avant. Chez le même équipage, revenu des pays tropicaux en Angleterre, la capacité pulmonaire diminuait. Dans toutes les races, le phénomène est dans le même sens, mais la capacité pulmonaire du noir diminue davantage que celle du blanc, lorsqu'il passe du chaud au froid ; ce qui explique la tendance qu’il présente à la phthisie.
Lenombre des respirations par minute diminue : il est de 14dans les pays chauds, au lieu de 17 dans les pays tempérés ; de sorte qu’en fin de compte l'absorption de l'oxygène est moins considérable. Rattray estime à 15 le nombre de pouces cubes introduit dans le poumon, à chaque inspiration, en Angleterre, et à 16,836 cemèême nombre sous les tropiques. Il fait alors le calcul suivant: 45 X 17 respirations — 255 pouces cubes; 16,836 X 14 respirations — 235, p. c. 704. Soit une différence de 19,296 ou 7,567 0/0, en faveur des pays tempérés.
Quant à la distribution du travail de l'élimination de l’eau par les organes. Le tableau suivant donne la mesure de cette élimination par les organes différents :
Pays tempérés. Tropiques.
Fetns: 9099.43 Jia 59,54 de l’eau totale éliminée. 42 PROMO, . DE 26,97 22 Péaauen siil me 8,55 30,99 Intestin. J'ébun 4,93 à
On voit que, dans les pays tempérés, le maximum du travail éliminateur de l’eau, appartient aux reins, tandis que, dans les pays tropicaux, le maximum de ce travail est effectué après les reins et par la peau, ce qui nous explique la fréquence des maladies de peau dans ces régions.
Une autre action organique des climats chauds, c'est la fonction exagérée des vaisseaux lympbatiques ; c’est à elle qu’il faut attribuer la lymphangectasie et l'érysipèle lymphatique réticulaire
des pays chauds. Dans certains cas, l’hématurie chyleuse est peutêtre rattachable à cette hyperfonction des lymphatiques ; mais le plus souvent, ainsi que je l’ai dit précédemment, la maladie est parasitaire et due au Distoma hematobium.
Le cerveau n'échappe pas à l’action spéciale des pays chauds : le D' Mondière a remarqué que ces pays donnent à l'Européen une disposition nerveuse spéciale, par suite de laquelle l'individu le plus doux devient d’une irritabilité extrême, qui le porte par exemple à faire frapper un serviteur maladroit; il explique ainsi les mœurs barbares trop souvent adoptées par les Européens dans ces contrées.
L’acclimatement de la race ne suit pas forcément l’acclimatement individuel ; ainsi il faut compter avec la mortalité considérable des nouveau-nés, qui parfois se présente avec un acclimatement apparent des individus adultes. Un exemple célèbre est fourni par les Mameloucks circassiens, qui, puissants en Egypte, y perdaient cependant leurs enfants et ne se recrutaient que par un arrivage toujours nouveau. Les individus qui ont échappé aux dangers qui attendent le nouvel arrivant, sont déjà choisis, la sélection a fait déjà son action sur eux; on observe bien encore chez eux les formes ébauchées des quatre grandes maladies tropicales : l’anémie, la fièvre palustre, la dysenterie et l'hépatite; mais on n'observe que des sortes de diminutifs de ces maladies, comme le tonto qui, au Mexique, est un diminutif de la fièvre jaune. La sélection opérant toujours, on finit ainsi par acclimater des séries d'individus; mais pour que l’acclimatement soit réel et non pas seulement apparent, il faut qu'après uu certain nombre de générations, le nombre des naissances soit supérieur à celui des décès; c'est ainsi que les Espagnols, à Cuba, bien qu'ils soient très loin d’être exempts des maladies des Européens dans les pays chauds, ont cependant une natalité de 41/1000, tandis qu'en Espagne la natalité n’est que 36/1 000.11 y a plus : d’après Ramon de la Sagra, leur mortalité (24/1 000), est moindre qu'en Espagne (27/1 000).
Transformisme, — Dans tous ces cas, la transformation de l'organisme s’est effectuée sous l'excitation du climat. Il est intéressant de trouver dans Tite-Live, à la fois un exemple et une théorie de ces faits. Parlant de ces Gaulois qui, six cents ans avant Jésus-Christ, traversèrent la Germanie de l'Ouest à l'Est et finirent par être battus sous le nom de Galates, à Delphes, par Manlius, il raconte que ce général dit à ses sol-