‹ La geógraphie médicaleChapitre 228 sur 233 · TRANSFORMISME · texte numérisé non relu

TRANSFORMISME

dats : «Ce ne sont plus les Gaulois du fumultus gallicus que « vous allez combattre; ceux-là sont dégénérés ; is sont nés en « terre étrangère. » Et il ajoute: Sicut in frugibus pecudibusque non tantum semina ad servandam indolem valent, quantum terræ proprietas cœlique sub quo alantur mutat. Autrement dit, comme pour les fruits et les troupeaux, la valeur n’est pas seulement une affaire de race, c’est aussi une affaire de milieu. 11 faut pour trouver le père de la théorie de l’instabilité de l'espèce, remonter après Tite-Live, à Bacon. « Les plantes dé- « génèrent quelquefois, dit-il, jusqu’au point de se convertir en « plantes d'une autre espèce. » Et dans sa Nouvelle Aflantide, supposant, dans une île imaginaire, tous les progrès réalisés, il place de vastes jardins, où, à l’aide de méthodes appropriées, «on transforme les arbres et les plantes d’une espèce en végé- « taux d’une autre espèce. » Le transformisme à d’ailleurs pour lui Buffon (2° manière), car après une première période, 1753-1756, où partisan de l’invariabilité, il disait : «Les espèces dans les « animaux sont toutes séparées par un intervalle que la nature « ne peut franchir, elle dicte des lois simples, mais immuables, « imprimant sur chaque espèce des caractères inaltérables, » il ajoute (deuxième période, 1761-1766): « Combien d’espèces se sont « dénaturées, c’est-à-dire perfectionnées ou dégradées par les « grandes vicissitudes de la terre, et ne sont plus les mêmes « qu’elles étaient autrefois. On sera surpris de la promptitude « avec laquelle les espèces varient et de la facilité qu’elles ont de « se dénaturer en prenant de nouvelles formes. » Enfin, Q il est « une considération importante, c’est celle du changement des « espèces mêmes, c’est cette dégénération qui paraît s'être faite « de tout temps, dans chaque famille. » Il est vrai que dans une troisième période, Buffon adopte une opinion mixte (1766-1778). « L'empreinte de chaque espèce est un type dont les traits prin- « cipaux sont gravés en caractères ineffacables et permanents à « jamais, mais toutes les touches accessoires varient. »

Un ancêtre du transformisme qu’on ne cite guère, c’est Cuvier. Pourtant en 1795, il écrivait : « Ce que nous appelons espèce « pourrait bien n'être que les diverses dégénérations d’un même « type. » Il est vrai qu’en 1817, il décrète l’inamovibilité. « Tous « les êtres appartenant à l’une des formes perpétuées depuis l’ori- « gine des choses, constituent ce que l’on appelle une espèce. »

Enfin à une époque où Lamarck croyait encore au dogme de

l’inamovibilité de l'espèce, Geoffroy Saint-Hilaire disait : « L’es- : « pèce est fixée, sous la raison du maintien de l’état conditionnel ! « de son milieu ambiant, elle se modifie, elle change, si le mi-: «lieu ambiant varie, et selon la portée de ses variations. » Mais: c'est Lamarck qui a dit : « La variabilité est illimitée, la nature : « par la succession des générations, et à l’aide de beaucoup de: « temps et d’une diversité lente, mais constante dans les circon-: « stances, a pu produire dans les corps vivants de tous les ordres, . « les changements les plus extrêmes et amener peu à peu, à! « partir des premières ébauches de l’animalité et de la végétalité, : « l’état de choses que nous observons maintenant. La nature! « n'offre que des individus qui se succèdent les uns aux autres: « par la génération, et qui proviennent les uns des autres ; les: « espèces, parmi eux, ne sont que relatives, et ne le sont que: « temporairement ; la chétive durée de l’homme lui permet diffi-. « cilement d’apercevoir les mutations considérables qui ont lieu: « à la suite de beaucoup de temps. »

SD MSDL:

J'ai longuement décrit dans une autre partie de ce livre la: dégénérescence palustre et le crétinisme spécial, si bien décrit: par Burdel (de Vierzon) ; ie véritable remède à cette cause de: dégénérescence est dans le desséchement par l’agriculture et, pour! y arriver plus sûrement, par plusieurs routes, dans la division de: la propriété, à faut que la terre appartienne à ceux qui la culti-: vent; c’est là une conséquence sociale inévitable quelque dure! qu’elle puisse paraître aux classes qui se sont crues et intitulées: jusqu'ici dirigeantes. Sous Henri [V, alors que les protestants la. travaillaient, la Sologne était fertile. La république romaine ellemême a péri par l'absence de division de la propriété. Lati-! fundia perdiderunt Rempublicam. Je n'ai pas non plus à revenir! ici sur le goître, ni sur l’anémie des altitudes.

Nous avons étudié ailleurs, les maladies d'alimentation: famines, ergotismes, pellagres, alcoolisme.

Page 1