‹ La geógraphie médicaleChapitre 31 sur 233 · ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ

nous bornons à constater le fait. Les expériences de Barlow, de Demarquay et d’autres encore nous ont appris que l'ozone excite d’abord la respiration et la circulation ; mais à cette période succède une période de dépression avec affaiblissement de la respiration et de l’action du cœur. Localement, il irrite la membrane pulmonaire, et cette irritation peut devenir mortelle dans . un milieu qui contient 1 0/0 d'ozone (Barlow). Il passe pour être toxique pour les infiniment petits, les germes atmosphériques, et Schœnbein ayant vu, pendant le choléra, le minimum d’ozone coïncider avec le maximum de l’épidémie, à conclu que l’augmentation d'ozone était, dans une certaine limite, salutaire, puisqu'elle tuait les germes. La rareté de certaines maladies, comme la variole, la scarlatine et la rougeole à l’île Borkum, dans la mer du Nord, où l’ozone a été souvent trouvé abondant, a été attribuée à cette dernière cause (Schmidt).

Grippe ou influenza, — Cet observateur attribue à l'ozone la fréquence des catarrhes aigus des voies respiratoires. La vérité est que nous sommes fort ignorants sur ce point. Il est d'usage, néanmoins, de rattacher la grippe à l'ozone. Je vais donc dire ici deux mots de cette maladie qui, si elle n’est pas due à la production de l’ozone, est vraisembiablement sous la dépendance de quelque phénomène cosmique analogue.

Géographie. Histoire. — La première épidémie qui soit connue de nous apparut à Malte en 1510. En 1557, une grande épidémie passa d'Asie en Europe et en Amérique.

En 1580, une épidémie de grippe parcourut l’Europe entière, l'Asie, l'Afrique, où elle tua les vieillards, les infirmes, les débiles. À Rome, elle fit 9 000 victimes et à Madrid elle décima la population.

En 1590, épidémie en Allemagne ; 1593, en France et en Italie.

Épidémies en 1658-1663, en Italie; 1669, en Hollande; 1675, en Allemagne et en Angleterre; 1691 en Allemagne et Hongrie.

1729, toute l’Europe est atteinte et gravement : 908 personnes succombent à Londres en une seule semaine. La grippe frappe à Vienne plus de 60 000 personnes. 1732 et 1733, nouvelle épidémie européenne et américaine ainsi qu'asiatique. Nouvelles épidémies plus ou moins générales en 1737 et 1743, où 1000 personnes meurent à Londres en une semaine. Nouveaux ravages en 1762, où elle fut très grave dans l’armée anglaise, alors en Allemagne ; en 1775 elle tue un grand nombre d'animaux domestiques.

Retour en 1782, où 40 000 personnes furent atteintes le mème jour à Saint-Pétersbourg ; en 1830 elle parcourt le monde entier précédant le choléra. Elle reparait en 1833-1837; en 1847 elle fait à Londres, plus de victimes que le choléra. Elle régne en France en 1858. É

Hirsch, de 1510 à 1850, n'a pas relevé moins de 300 irruptions de grippe, les unes locales, les autres générales: les unes bénignes, les autres graves.

Pathologie comparée. — Dans presque toutes ces épidémies, la grippe atteint les oiseaux souvent, les chevaux plus souvent encore. En 1827, une épidémie meurtrière de grippe chevaline sévit en Europe. En 1872, elle tua à New-York 16 000 chevaux.

Toutes les races humaines dans tous les pays semblent sujettes à cette étrange maladie; toutefois, elle semble plus fréquente encore dans les pays froids, comme l'Islande, où ou la nomme quef, les îles Féroé, où elle porte le nom de krugns, que dans les pays chauds.

Symptômes. Nature. — La grippe envahit souvent avec une intensité foudroyante. À Vienne, dans l'épidémie de 1782, on la nominait blitz-catarrhe (catarrhe-éclair). Un sentiment de faiblesse extrème et sans rapport avec l'intensité des autres symptômes, voilà ce qui caractérise la grippe. Qa’on y ajoute tous les symptômes d’un état catarrhal des voies respiratoires, mais avec une dyspnée considérable et nullement en rapport avec les signes d'auscultation. D’après Graves, le poison qui cause la grippe agitsur le système nerveux et particulièrement sur les nerfs du poumon, de façon à produire les phénomènes d’irritation bronchique et la dyspnée ; la mort arrive souvent avec les signes de la paralysie pulmonaire. C’est donc une maladie spéciale et qui n’a rien de commun avec cet état catarrhal auquel, en hiver, les gens du monde donnent à tort le nom de grippe. Cette maladie est le type de l'affection épidémique, non contagieuse. Au lieu de se propager, comme le choléra, avec la vitesse des communications humaines et proportionnellement à celles-ci, elle se propage en dehors de toute direction, sans foyer; elle s’éfend à la fois, au même moment, comme une atmosphère, mettant quelques jours à parcourir l'Europe et l'Asie, frappant les agglomérés et les isolés, les marins en pleine mer, aussi bien que les gens des villes et que ceux des campagnes, les riches comme les pauvres, s’attaquant à tous les âges, à tous les sexes. Il ne semble donc pas que cette

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