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IV. VAPEUR D'EAU

‘Action biologique. — Parmi les éléments qui font varier, selon leur plus ou moins grande abondance, la nature et le mode d'action du milieu atmosphérique, figure, au premier rang, la : vapeur d’eau. Alors même qu’elle n’est pas rassemblée sous forme de nuages, elle joue dans l'atmosphère un rôle protecteur pour les animaux et les végétaux, les mettant à l'abri et de la radiation et du rayonnement, c’est-à-dire de l'intensité des rayons trop ardents du soleil et de lémission de calorique que font vers les espaces célestes, lorsque le soleil a disparu à l'horizon, la terre et les êtres qu’elle porte. Tyndall à montré, en effet, que l'air chimiquement sec n'intercepte plus les rayons calorifiques du soleil. Si donc notre atmosphère était privée de vapeur d’eau, la chaleur du jour serait excessive, et, par suite du rayonnement qui serait, à son tour, aussi intense que la radiation, le froid prendrait, pendant la nuit, une extrême intensité. C’est pour cette raison que sur les hautes montagnes, où la vapeur d’eau est souvent peu abondante, les coups de soleil sont très fréquents, alors même que la température à l'ombre est parfois basse. C’est ainsi qu'à la station aujourd’hui célèbre de Davos, en Engadine, où un grand nombre de phthisiques vont passer leur

hiver, tandis que le thermomètre, à l'ombre, indique un froid considérable, la température au soleil est assez élevée pour permettre aux malades de déjeuner dehors, alors que la neige les entoure de toutes parts ; c’est que cette neige réfléchit précisément les rayons du soleil dans une atmosphère sèche.

Il est toutefois bon d'ajouter, au point de vue purement médical, que cette absence de vapeur d’eau dans l'air active singulièrement l'élimination de ce principe chez les malades, et que ce surcroit leur fait payer parfois très cher une chaleur qu’ils trouveraient plus commodément pour l'organisme sur la rive algérienne de la Méditerranée. |

Pour une raison analogue à celle qui agit à Davos, Sivel et Crocé-Spinelli, dans une de leurs périlleuses ascensions par 71300 mèêtres d’altitude, avec — 24° au thermomètre, purent rester assis sans paletot dans la nacelle. Ils constatèrent que la vapeur d’eau avait presque disparu. Il en est de même sur les hautes montagnes, où le froid devient, pendant la nuit, assez intense pour condenser, sous forme de rosée, la plus grande partie de la vapeur d’eau dont l’atmosphère était chargée. D’après le botaniste Otto Sendtner, cette condensation d'humidité en rosée sur les Alpes, acquiert, en été, une importance supérieure à celle de la pluie ; il la regarde comme une des causes déterminantes les plus ‘importantes, dans la diffusion plus ou moins grande des plantes. Il n’est pas rare, dit-il, sur les sommets de plus de 2 009 mètres, de trouver le gazon mouillé de rosée, à midi, malgré le soleil.

Dans les régions basses et chaudes, la vapeur d’eau atteint presque toujours une proportion voisine de la saturation, ce qui apporte dans ces régions un obstacle considérable au fonctionnement de la peau et des poumons. En revanche, cet excès, joint à la chaleur, est très favorable à la végétation. L'air est, dans ces pays, tellement saturé de vapeur d’eau, qu’il suffit que la température s’abaisse un peu pendant la nuit, pour qu'il se fasse une condensation de rosée tellement abondante, qu’elle vaut, pour le sol, une véritable pluie. Les expériences de Duchartre ont, en effet, montré que les feuilles n’absorbent pas la rosée et que le sol en bénéficie seul. « Dans les pays chauds, dit Boussingault, la rosée « apparait avec assez d’abondance pour favoriser la végétation en « suppléant à la pluie pendant une grande partie de l’année. La « nuit (dans un bivouac) était magnifique, et cependant dans la « forêt, dont les premiers arbres se trouvaient à quelques mètres,

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