‹ La geógraphie médicaleChapitre 49 sur 233 · PELADE · texte numérisé non relu

PELADE

tenant, regarder la pellagre comme une façon de tuberculose, sous prétexte qu'un grand nombre de pellagreux deviennent phtisiques! Cela n’est pas fait pour nous surprendre, mais il n'en est pas moins démontré que la pellagre est une maladie spécifiquement toxique.

On peut d’ailleurs empêcher la pellagre de se produire : même dans les pays où l’on mange beaucoup de polenta, on voit peu de pellagre dans les villes, parce que là on mange sans doute beaucoup de polenta, mais on mange autre chose. On ne voit la pellagre que dans les campagnes pauvres, où la polenta de mais moisi est le seul aliment.

Les voies de communication, les lumières, sous toutes leurs formes, tout ce qui combat la misère, combat donc la pellagre ; mais il y a un moyen plus direct encore; — ce moyen, le docteur Roussel et le docteur Costallat ont tout fait pour le répandre dans les Landes, mais il y a longtemps que l'expérience en était faite dans certaines provinces ; — en Bourgogne et en Franche- Comté, où l’on consomme pas mal de maïs, on ne fait pas la polenta, mais ce qu’on nomme les gaudes ; or on n’y voit jamais la pellagre. Sans doute la Bourgogne a son vin, qui est un excellent antipellagreux, mais on y a, comme en Franche-Comté, l'habitude excellente de faire sécher le maïs. Depuis que, dans les Landes, on passe le maïs au four, la pellagre a diminué ; bientôt elle aura disparu. Il y a encore un moyen, c’est d’étêter le maïs, ce qui augmente la maturité de la graine et l'empêche de prendre aussi facilement le verderame sous l’action de l'humidité ; la graine rentre alors dans les conditions qui sont normales au-dessous du 42° latitude N, là où la pellagre est inconnue,

D’après Lombroso, les espèces de maïs dites quarantain et soixantain, facilement malades, devraient être remplacées par les espèces ellitico, aurao et pumilis. Enfin, d’après lui, l'emploi de l'acide arsénieux guérirait les pellagreux dans la moitié des cas,

Page 1