TABAC
« se lancer sur une partie visible de leur corps ou sur une région « soustraite aux regards, une injection morphinée. » Mon ami le docteur Landowski a montré récemment combien cette habitude funeste tendait à se propager en France et en Europe.
La période stimulante de la morphine ne dure pas longtemps; au bout d’un certain temps, les urines deviennent albumineuses ; l’impuissance génitale succède à l’état contraire, qui avait plus d’une fois poussé le morphiomane à satisfaire sa passion pour l’opium ; la digestion cesse de se faire, un état spécial de marasme ne tarde pas à se montrer. Mais le plus triste de cet état, c’est que la suppression de la morphine amène parfois des conséquences plus terribles encore que celles qu’on voudrait éviter. C’est néanmoins dans le but de couper court, quand il est encore temps, à cette funeste habitude, que se sont fondées en Allemagne des maisons de santé spéciales, analogues à celles que l'Amérique et l'Angleterre possèdent pour les baveurs qui veulent se guérir. « Dès que le malade, dit le docteur Levinstein, s’est déclaré « prèt à sacrifier sa liberte personnelle et qu’il veut commencer « le traitement, qu’on le fasse conduire dans le local qui devra « lui servir de résidence pour 8 à 15 jours et dans lequel les « tentatives de suicide seront rendues aussi difficiles que pos- « sible. Les portes et fenêtres ne doivent pas être suspendues sur « des gonds, mais doivent être sur charnières à bandes, elles ne « doivent avoir ni loquet, ni verrou, ni bouton, ni tourniquet, « mais elles doivent être disposées de telle façon, qu'elles ne « puissent être ni ouvertes ni fermées par le malade. Il faut faire « disparaitre les clous à crochet pour habits, rideaux et glaces.» En dépit de tous les efforts, la morphiomanie tend à s'accroitre, et il y a lieu d'attirer sur ses dangers l’attention des hygiénistes.