S 20. MASTIC
A la suite des usages qui viennent de nous occuper, il est juste de placer deux masticatoires qui, sans avoir l'importance des substances qui précèdent, se rattachent néanmoins d’une manière indirecte à l’alimentation, le mastic et le bétel.
Le mastic est la résine qui découle par incision du Pistacia lentiscus, térébinthacée qu’on cultive surtout dans Pile Chio.
L'usage de mâcher le mastic paraît remonter fort loin, car Pline dit déjà qu’il purifie la bouche; il existait depuis longtemps à Chio et dans une partie de l'Asie Mineure, mais les Turcs, à l’époque de leur invasion au xv* siècle, se passionnèrent pour cet usage répandu dans la population conquise et ils donnèrent à l’île de Chio le nom de l'île du Mastic, prélevant pour le sérail la première qualité de la récolte. Aujourd’hui encore la principale occupation d’une femme turque est de màcher le mastie ; cette résine sert aussi à parfumer une eau-de-vie, connue sous le nom de mastic. Màchée, elle blanchit les dents d’une manière en quelque sorte mécanique et passe, en outre, grâce à la déglutition qui suit la mastication, pour un léger stimulant digestif.