‹ La geógraphie médicaleChapitre 63 sur 233 · BÉTEL · texte numérisé non relu

BÉTEL

d’ailleurs, la composition la plus fréquente : 4° feuille d’un Piper (Piper Betle, parfois Piper methysticum, parfois Piper Siriboa) ; — 2° noix d’arec ou amande de l’Areca catechu, élément le plus constant du bétel; — 3° chaux préparée par incinération des coquillages et qui rappelle la /lipta des coqueros. — 4° noix muscade, cannelle, girofles, tabac, camphre, cachou, en proportion variable. Toutes ces substances s’enveloppent dans la feuille pour former une sorte de chique, qu’on prépare au moment de s’en servir, comme les fumeurs de tabac roulent une cigarette. L’amateur de bétel porte sur lui, dans une boïîte ad hoc, tous les ingrédients nécessaires. — Cette mastication donne à la salive une couleur rouge, qui procure à la bouche un aspect sanguinolent ; on croit à tort que le bétel noircit les dents. La couleur noire des dents chez les peuples qui en font usage, tient en réalité à un laquage spécial qu’on pratique sur ces organes (Mondière) pour éviter d’avoir les dents « blanches comme celles d’un chien».

La mastication du bétel est un usage essentiellement malais. Elle à pris une extension croissante et règne actuellement sur tout l’espace compris entre les Moluques, le fleuve Jaune et les bords de l’Indus, c’est-à-dire en Malaisie, en Cochinchine, au sud dela Chine et dans l'Inde. Le Camoëns a décrit le cérémonial du bétel à la cour de Calicut ; ce cérémonial existe encore.

Les habitants de Timor, de Java mettent dans le bétel beaucoup de tabac ; les Papous mettent beaucoup de cachou.

Avantages du bétel. — La chaux qui entre dans la composition du bétel, a peut-être l'inconvénient d’altérer l’émail des dents et de déterminer ainsi la carie dentaire, bien que cette maladie ne semble pas fréquente chez les Malais ; mais, à côté de cet inconvénient possible, l’usage du bétel présente de sensibles avantages : ses propriétés excitantes et astringentes tonifient les muqueuses, empêchent les sueurs exagérées et stimulent lappétit. — C'est, en outre, un puissant tænifuge, qui, dégluti, contribue, en Cochinchine notamment, à mettre les indigènes à l’abri des nombreux parasites intestinaux auxquels on est exposé dans ce pays et dont les germes sont apportés à l'organisme par les eaux. Le voyageur Peron, qui s'était mis à l’usage du bétel, affirme s’en être toujours bien trouvé et avoir dû à ce masticatoire l’immunité dont il a joui pour les nombreux accidents auxquels sont exposés les Européens. Delioux de Savignac et plusieurs autres médecins de la marine ont donc proposé, avec raison, de distribuer

à nos troupes en Cochinchine une préparation équivalente, mais dans laquelle, afin de ménager les dents, on supprimerait la chaux.

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