‹ La geógraphie médicaleChapitre 7 sur 233 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

rents expriment une même maladie, mais encore dans l'aptitude que certaines races présentent et dans l’immunité dont certaines autres semblent jouir pour quelques maladies. La pathologie comparée des races humaines fournit ainsi, contre le monogénisme, des arguments tout aussi puissants que ceux qui sont empruntés à l'anatomie des organes profonds ou à l’étude des formes et des proportions. Le titre d’Anéhropologie pathologique eût donc pu convenir à ce livre, si celui de Géographie médicale n’eût été plus large et plus général.

J'aurais d’ailleurs pu, sans sortir des limites fixées par le titre d’Anthropologie pathologique, étendre encore assez loin la portée pratique de ces études. Dans nos tentatives de colonisation, comment nous comporter avec les races indigènes, si nous ne connaissons pas non seulement leurs mœurs et leurs coutumes, leur génie intellectuel, mais aussi leur tempérament, leurs aptitudes pathologiques, leur génie morbide ? Comment diriger nos compatriotes, en général, et, d’une façon plus particulière, ceux du Nord et ceux du Midi, pour telle ou telle raison déterminante, sur telle colonie ou sur telle partie d’une colonie, si nous n'avons étudié au préalable l’action du chimat général de la colonie et du climat spécial de ses principales régions sur nos compatriotes en général, et plus spécialement sur les habitants de telle ou telle de nos anciennes provinces ? Or c’est là la condition indispensable à toute chance d’acclimatement, et par

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conséquent la clef de la science de l'acclimatation.

Chez nous-mêmes, d’ailleurs, comment protéger nos diverses populations par des lois appropriées, si nous ne savons quel est, au moment présent, leur tempérament social, si nous ne sommes préalablement fixés sur les phénomènes démographiques normaux ou anormaux, autrement dit, sur la constitution anatomique, la structure, la physiologie et la pathologie du corps soctal ?

De même, en un mot, qu’il existe une science, l'hygiène individuelle, qui, basée sur l’anatomie, le tempérament physiologique ou morbide de chaque homme, éclairée par la chimie, par la climatologie, par toutes les sciences, enseigne à chacun de nous comment 1l doit régler sa vie pour lui donner son plus grand rendement et pour éviter les maladies, de même il existe, ou du moins il devrait exister une autre science, l’Aygiène sociale, qui, basée sur les sciences, sur la constitution et le tempérament physiologique ou morbide de chaque peuple, doit l’amener au plus grand rendement possible et le préserver de la dégénérescence. Aux états généraux de Blois, en 1587, un membre du tiers état, Bodin, disait déjà : « L’un des plus grands et peut-être le principal fondement des républiques, c'est d'accommoder l'esprit des lois au naturel des citoyens, les édits et ordonnances à la nature des lieux, des personnes et des temps, » principes déjà compris par Solon, qui répondit un jour, à quelqu'un qui lui demandait si les lois qu’il avait dictées aux

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