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BOUTON DE BISKRA

délayée dans l'eau. On couclut donc que le clou de Biskra est inoculable et que le principe actif réside dans la croûte; mais ces expériences ne me semblent pas encore concluantes : avec une pustule d’ecthyma simple, on peut en effet reproduire de l’ecthyma, mais en prenant le liquide de cette première inoculation positive, peut-on faire une seconde inoculation positive et spécifique? Voilà ce qu'on n’a pas fait encore. Au surplus, la maladie ne semble pas contagieuse dans les hôpitaux où les hommes atteints du bouton se trouvent mélangés aux autres malades.

= Pronostie, — Le pronostic de la maladie n’est pas grave, en ce sens qu'elle n’est jamais mortelle, sauf complication ; mais sa longue durée, les souffrances qu’elle provoque, surtout pendant la nuit, enfin, si les boutons sont nombreux, l'abondance de la Suppuration en font, en somme, une maladie redoutable.

Etiologie. — Quelle est la cause de cette étrange maladie ? Par suite d’une tendance naturelle, la mème qui, dans les épidémies, a, de tout temps, fait accuser les fontaines, on a accusé l'eau des localités où la maladie est endémique; on à pensé que l'eau de Biskra était chargée de sel, que ce sel s’éliminait par la peau et donnait naissance, pendant son passage à travers cette membrane, à des phénomènes d’irritation. Une analyse de l’eau de Biskra faite à une certaine époque montrait en effet 25,20 de résidu salin par litre, ce qui était énorme: mais aujourd'hui, à Biskra, il existe des citernes, dont l’eau ne donne plus que 08,75 de résidu salin par litre et le bouton se produit avec la mème fréquence que par le passé. Au surplus, dans beaucoup d'autres endroits, à Delhi, à Alep et ailleurs encore l’eau ne présente rien de particulier.

I est permis de remarquer que la maladie qui nous occupe est toujours observée dans la zone où l’on cultive le palmier dattier. Les Zibans, pluriel de Zeb (oasis), ne sont qu’une accumulation de bois ou de forêts de dattiers, au milieu desquels se trouvent les agglomérations de maisons. On a donc de bonne heure rapproché, au point de vue étiologique, les dattes et la maladie ; cela était d'autant plus permis, qu'à Alep, aussi bien que dans les Zibans, elle porte un nom qui signifie maladie des dattes et que l’époque de son maximum de fréquence correspond à celle de la maturation de ces fruits. Malheureusement pour cette explication, beaucoup d’Européens qui ont le bouton, mangent peu de dattes; enfin les chevaux, les chiens,

n’en mangent jamais. La cause du bouton de Biskra était donc fort obscure, lorsque prirent naissance un certain nombre de recherches modernes,

Anatomie pathologique. — Lorsqu'on a l’occasion de pratiquer une coupe du bouton de Biskra, voici ce qu’on voit : le corps muqueux de Malpighi est hyperplasié par prolifération et multiplication de ses cellules; les vaisseaux Iymphatiques sont gorgés de suc, remplis de liquide lymphatique; entre les cellules proliférées de la couche de Malpighi se trouvent des espaces clairs, arrondis ou ovoïdes, séparés par des cloisons cellulaires et plus ou moins remplis de globules blancs. C'est donc une dermite, avec production considérable de liquide lymphatique et probablement hyperplasie des vaisseaux Iymphatiques.- Mais cette dermite est spécifique. Le docteur Carter {de Bombay), en 1875, a en cffet trouvé dans ce tissu, autour des glandes sudoripares, dans les vaisseaux lymphatiques et dans les espaces pleins de globules blancs, des spores cryptogumiques parfois colorées en brun; ces faits ont été vérifiés par ledocteur Weber, qui a trouvé le même dermophyte sous la forme de filaments entrelacés et émettant des spores.

Nature. — La tumeur du bouton de Biskra est donc, probablement une production pathologique de tissu animal née, par irritation, autour d’un parasite végétal, déposé dans le tissu. Or tout le monde connaît un exemple inverse: ce sont les galles des végétaux, rosier, chêne. Là, c’est une turaeur, production pathologique de tissu végétal née, par irritation, autour d’un parasite animal (la larve de cynips) déposé dans le tissu végétal.

D'où vient ici ce parasite végétal? Il pourrait, en réalité, venir de l’eau, mais il semble prouvé que l'usage de l’eau bouillie et même la privation complète de ce liquide ne préservent pas. Weber admetcomme probableque ce parasite vitsur ledattier ou peut-être à la surface du sol. On pourrait alors se demander si le parasite végétal tombe directement sur la peau, pénètre dans son tissu pour donner naissance ensuite au bouton ; ou bien si, introduit dans l’économie, soit par la voie aérienne, soit par la voie digestive, ilne cheminepas, dans un bui d'élimination, le long des Iymphatiques jusqu’à la surface cutanée. Ce qui porterait à admettre cette dernière hypothèse, c’est le développement du bouton longtemps après qu’en a quitté le pays où il règne, comme

a Sil y avait besoin d’une sorte d'évolution préalable du parasite

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