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d'abord absorbé ; ce sont en outre ces phénomènes généraux, qui précèdent l'éruption et qui l'ont fait prendre pour une sorte de fièvre éruptive. L'apparition des boutons correspondrait donc à une étape ultime dans l'évolution du parasite, étape qui aurait pour conséquence sa mise en dehors, sous une forme durable ou non, et la guérison, après une période en rapport avec l’évolution du parasite. ré bouton de Biskra serait, en somme, produit par l'élimination d’un parasite par la peau et la maladie, considérée dans son ensemble, serait plus comparable qu'on avait cru à une fièvre éruptive; au lieu d’un ferment petit, mais répandu par myriades, capable de produire dans le sang des phénomènes de transformation chimique, il s'agirait ici de parasites plus gros, moins nombreux, incapables d'agir comme ferments chimiques, mais bien comme irritants physiques, comme agents caustiques, virulents, ou simplement mécaniques.
I n'est pas jusqu'au traitement qui ne milite en faveur de cette hypothèse! Eu effet, le meilleur traitement, le seul qui abrège la durée du bouton, c'est de promener, dans son centre, un crayon de nitrate d'argent, qui semble tuer le parasite. |
En somme le bouton de Biskra semble être produit par un parasite végétal pris sur les dattes ou dans le sol, absorbé par les intestins ou par les poumons, charrié par leslymphatiques et enfin éliminé par la peau. Getexemple serait-il unique ? Cette interprétation, que je propose, ne s’appliquerait-elle pas à une maladie plus étrange encore que le bouton de Biskra, la véruga ? J'ai lieu de le penser.
&éegraphie et histoire, — La véruga est peut-être la maladie la plus limitée, dans son domaine, que nous connaissions ; son aire géographique forme un quadrilatère limité du N. au S. “par le 9° lat. S. et le 11° lat. S. et de l’ouest à l’est par le 75° et le 81° long. ouest, dans une partie très limitée des Andes. Elle ne règne que sur le versant occidental, dans les vallées qui, inclinées de E.-N.-E. à0.-S.-0., descendent de la Sierra et ont, ellesmêmes, leur fond à une altitude de 4 700 à 2000 mètres. Ces vallées sont des sortes d’entonnoirs, dont l'ouverture supérieure mesure de 800 à 1200 mètres, dont la largeur, au fond, est de 200 à 400 mètres, dont la paroi verticale mesure de 500 à 800 mè-
tres de haut. Tandis que le fond de ces vallées est couvert d’une végétation plantureuse, les parois sont abruptes, dénudées et dépourvues de toute végétation ; elles donnent issue à des eaux transparentes. Les vallées les plus célèbres pour la véruga sont celles de San Bartholomeo, d’Aqua da Verugas, Cuesta Blanca, Surco, San Matteo. Dans ces vallées, l'endémie est tellement limitée, que la vallée de San Ulaya, qui est renommée pour la fréquence de la véruga, cesse d'en présenter un seul cas, là où, faisant un coude, .elle débouche brusquement dans la vallée du Rimac.
Il y a longtemps que cette région des Andes est connue pour donner naissance à cette maladie spéciale, car on en retrouve la description dans l'historien Zaraste qui, en 1548, écrivait l'histoire de la conquête du Pérou. Il parle « d’une maladie caracté- « risée par une sorte de verrue (veruga) ou de petit furoncle « malin et dangereux, qui apparait à la figure et dans d’autres « parties du corps, qui est plus terrible que la petite vérole et « presque autant que la peste ».
Symptômes.— Voicien quoi consiste cette maladie elle débute, plus souvent encore que le bouton de Biskra, par de la fièvre intermittente ou rémittente, du mal de tête, du malaise; survient en même temps de la dysphagie, symptôme caractéristique, sur lequel beaucoup d’auteurs insistent particulièrement ; puis apparaissent des douleurs dans les membres, dans les os, douleurs nocturnes, qui siègent surtout au nivear des articulations; il semble au malade qu’on les fasse éclater avec un coin. Cette période dure de un à trois mois; l'éruption se fait alors, petit à petit, progressivement et, à mesure qu'elle se produit, il semble qu’il se fasse une détente dans l’organisme.
La durée moyenne de cette seconde période est de trois mois. Les points où va se faire l’éruption sont (comme dans le bouton de Biskra) le siège de prurit, de démangeaisons, enfin l’éruption apparait. La verrue se présente d’abord sous la formed'’une petite bosse sessile, sans pédoncule, formant sousla peau une nodosité rouge, peu douloureuse ; dans un degré iplus avancé, auquel elle ne parvient pas toujours, la saillie de la tumeur augmente et elle tend à se pédiculer, elle se pédicule même tout à fait. La grosseur de la tumeur varie : elle passe progressivement du volume d'un grain de millet (miliar) à celui d’une lentille, d’une framboise, d’un œuf de pigeon, d’un œuf de poule. A mesure qu’elle
grossit, la peau se tend, parcourue par les vaisseaux de plus en plus foncés, qui rampent à sa surface, elle se colcre en rouge. Elle prend une sorte de fluctuation et ressemble à une petite tumeur érectile. En même temps lépiderme qui la recouvre devient corné, stratifié en couches épaisses; c’est alors qu’elle prend la forme d’une verrue.
Mais arrivée à ce degré, la tumeur présente, au moindre attouchement, un phénomène considerable, l’hémorrhagie. L’écoulement de sang qui se produit parfois pendant la nuit dans le lit du malade, peut devenir considérable'et atteindre 1400 grammes. La plupart des auteurs et surtout le docteur Dounon ont insisté sur ce fait, que le défaut de pression des altitudes diminuant la résistance atmosphérique et facilitant l’hémorrhagie, cet écoulement qui est le principal danger de la maladie, a lieu d'autant plus facilement que le malade est plus haut en altitude. Le véruga devient alors d’autant plus grave, que le malade reste davantage sur les hauteurs; aussi la descente vers la Costa est-elle le premier précepte que doive suivre tout homme qui en est atteint.
Constatons déjà cette différence importante entre le bouton de Biskra et la véruga : que, tandis que le bouton de Biskra donne un écoulement de Iymphe, la véruga donne un écoulement sanguin, Il se formeici une croûte sanguine, qui, au lieu d’être jaune verdàtre, ostracée, comme dans le bouton de Biskra, est noire, rouge foncé, sanguine. Derrière elle se fait, comme dans le bouton de Biskra, une ulcération, qui, au lieu d’être remplie de globules purulents, est remplie d’un caillot de globules sanguins. On voit souvent autour de ces tumeurs non plusla menace érysipélateuse, non plus l’angioleucite, inflammation des. vaisseaux Iymphatiques, mais la phlébite, inflammation des veines, avec caillot obturateur et souvent œdème. Parfois (mais rarement) la suppuration s'empare de la tumeur et la détruit; le plus souvent, si, mincement pédiculée, elle n’est pas tombée ou n’a pas été enlevée, elle s’affaisse au boutde deux ou trois mois et disparait par résolution. Elle laisse à sa place une cicatrice (comme le bouton de Biskra) et cette cicatrice est d’autant plus petite, que la tumeur était mieux pédiculée. Le nombre des verrues qui apparaissent est variable (encore comme le bouton de Biskra) : 3,4, parfois un très grand nombre; elles se manifestent sur la face, sur les membres, surtout à leur partie externe, ce qui appelle encore le bouton de Biskra, Mais ce qui sépare la véruga du bouton de Biskra, c’est
qu’elle se manifeste aussi sur les muqueuses, dans la gorge, dans le larynx, déterminant ainsi l'asphyxie par œdème de la glotte, dans l’estomac, déterminant des hématémèses, dans l’intestin, donnant lieu à du mélœna, dans l'utérus, donnant lieu à des hémorrhagies utérines; dans les os, donnantlieuà un redoublement de douleurs ostéocopes. Tschudy prétend avoir retiré d’un ancien tombeau péruvien le squelette et la momie d’un Inca qui serait mort de véruga (?). I fonde son dire sur ce que les extrémités articulaires étaient gonflées ; la substance du diploé hypertrophiée et que plusieurs points du squelette présentaient des exostoses spongieuses, Cela pouvait bien être aussi un Inca syphilitique.
Aptitude. — Comme le bouton de Biskra, la véruga semble atteindre toutes les races et même la race blanche semble plus sujelte à cette maladie que la race américaine et que la race noire. À l’époque de la construction récente du chemin de fer transandien (1872-1874), qui fait communiquer le versant occidental et le versant oriental des Andes, par un tunnel placé à 2 500 mètres d'altitude, un grand nombre d'ouvriers européens se trouvèrent réunis dans la vallée de la Oroya; il y eut une véritable épidémie de véruga. Sur 40 marins anglais déserteurs 30 succombèrent. Tous les ingénieurs du chemin de fer ont eu la véruga et, sur 10, 5 sont morts.
Il suffit, dans certains cas, de quelques Jours de résidence pour prendre la véruga (encore comme pour le bouton de Biskra) et elle se développe fatalement au bout de quelques semaines de séjour. Les chiens, les chats, les mulets, les gallinacés mème sont sujets à prendre lamaladie ; ils présentent les verrues, les tumeurs caractéristiques et leurs cris montrent qu’ils ressentent, comme l'homme, des douleurs dans les articulations et dans les os.
Ïl ne semble pas que la maladie soit contagieuse : à Lima, les malades atteints de véruga sont couchés à côté des autres, les médecins manipulent leurs verrues et aucun cas de contagion n’a été noté.
Pronostie. — Le pronostic de la maladie est beaucoup plus grave que celui du bouton de Biskra ; il varie, du reste, suivant qu'elle est simple ou compliquée, suivant que l’éruption est interne ou externe, selon qu’elle se fait facilement ou difficilement, enfin suivant la race et suivant l'altitude ; ainsi elle est moins grave chez les noirs que chez les blancs. Chez les blancs, lorsque
éruption se fait bien, la mortalité est de 12 à 16 0/0. Si l'éruption se fait surtout sur les muqueuses, elle est de 94 0/0. Dans la Costa, la guérison est la règle; à l'hôpital de Lima, la mortalité est de 5 malades sur 50, tandis qu’à 3000 et 3500 mètres c'est la mort qui est la règle, précisément à cause des hémorrhagics. |
Etiologie,— [ci encore on a accusé l’eau de produire de la maladie; on a même donné à celle qui découle des flancs dénudés des montagnes qui encaissent les vallées, le nom d’aqua da verugas. Tschudy, qui a contribué à répandre cette idée populaire, cite même deux bataillons, dont l’un, qui avait bu à une source d’aqua da verugas, eut la véruga, tandis que l’autre, qui n'avait pas bu de cette eau, n’eut pas la véruga. Mais le docteur Dounon cite nombre de gens, à commencer par lui-même, qui ont bu uniquement l’aqua da verugas et qui n’ont jamais eula maladie. Les Indiens, qui se gardent bien de lPaqua da verugas, ont presque tous la véruga. Enfin le docteur Dounon cite un moine, qui passa trente jours à Matucana; bien qu’il ait fait venir de Lima aliments et boissons, il partit bel et bien atteint de véruga ! J'ajoute que l’eau de véruga souvent analysée est claire, limpide, transparente, exempte de matière organique, puisqu'elle sort de roches sans végétation, et qu’elle ne présente aucun principe chimique particulier.
Après l’eau le grand accusé c’est toujours le sol; comme la fièvre palustre n’est pas rare dans quelques-unes de ces vallées, on a regardé la véruga commeune manifestation palustre. L’équipage de l’Atlante, allant visiter le chemin de fer de l'Oroya, eut même Ja prudence de prendre, avant de partir, une dose de sulfate de quinine!
On a été jusqu’à accuser d’innocents batraciens, qui vivent dans les nappes d’eau !
Anatomie pathologique, — Lorsqu'on pratique une coupe dans une véruga, on voit, sous une couche épidermique cornée, épaisse, le corps muqueux de Malpighi hyperplasié; ce ne sont que grosses cellules embryonnaires, séparées par de nombreux vaisseaux. La lésion fondamentale est la même que dans le bouton de Biskra; l’irritation conjonctive est la même; seulement, au lieu des lacunes pleines de Iymphe, au lieu des vaisseaux lymphatiques gorgés, on voit une abondance de vaisseaux sanguins dilatés et de nouvelle formation ; au lieu d’un écoulement séreux
ou séro-purulent, avec croûte jaune, on a un écoulement sanguin avec croûte noire. C’est donc encore une dermite, avec hyperplasie non plus des vaisseaux lymphatiques. mais des vaisseaux sanguins. Ce processus anatomique est néanmoins sensiblement voisin du premier et je donnerais volontiers à la maladie le nom de bouton des Andes, pour impliquer ses rapports avec le bouton de Biskra, d'Alep, de Bagdad.
Nature. — Mais cette dermite est-elle spécifique? A-t-on jusqu’ici trouvé, comme l’a fait le docteur Carter pour le bouton de Biskra, le dermophyte du bouton des Andes? Personne encore; cependant, voici ce qu’écrit le docteur Dounon : «Il sort, en même « temps que du sang, des fragments mous, transparents, gélati- « neux, irréguliers, qui ne sont autre chose que des débris du « stroma de la tumeur. Placés sur une feuille de papier, ils se « liquéfient et ne laissent qu’une tache d’un gris-clair après leur « dessiccation. » Connaissons-nous un seul élément anatomique, ainsi amorphe, transparent, gélatineux, déliquescent? Ne seraitce pas là la production végétale cherchée et digne de faire pendant au dermophyte du bouton de Biskra? C’est là une hypothèse, je le sais, mais elle me semble digne d’être vérifiée par les médecins, qui ont l’occasion de voir la véruga sur les lieux. L’analogie avec le bouton de Biskra la rend légitime.
D'où viendrait ce végétal? Il ne viendrait sans doute pas de l'eau, puisqu'il est démontré qu’on peut se préserver de l’aqua da verugas, sans se préserver de la véruga! Je crois qu’on pourrait le chercüer sur ces roches nues, que tous les observateurs ont remarquées dans les vallées de véruga et d’où sortent des eaux transparentes, si longtemps incriminées.
La présence, sur leurs parois nues, d'une algue aérienne dont les spores seraient dans l'air et qu'on cesserait de rencontrer sitôt que, la vallée changeant de direction, la végétation vient la chasser, n'a rien d'invraisemblable : il existe, en effet, sur le Broken, dans le Harz, une algue aérienne microscopique, le Caroolepus ojlithus, qui donne à la roche une couleur rosée et une forte odeur de violette, due à l’huile renfermée dans ses ceilules. Elle vit sur les roches, sans matière organique et ses zouspores, garnis de cils vibratiles, sont chassés par le vent. Il se pourrait que quelque végétal du même genre existât dans les Andes. On comprendrait alors son absorption par l'organisme, les phénomènes généraux et l’éruption qu’elle détermine; éruption analogue à
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celle du bouton de Biskra, dont le parasitisme est déjà démontré. Le docteur Dounon aurait donc eu raison de dire : « L'économie : «semble infestée d'un principe qui s’élimine naturellement par la € peau.» Cette élimination semble d'autant plus essentielle à l’économie, que, de tous les moyens médicaux, ce sont ceux qui poussent à la peau, qui favorisent l'éruption, qui réussissent le mieux.
Analogie du bouton de Biskra et du bouton des Andes. — De tout ceci il résulte que le bouton de Biskra et la maladie que je propose de nommer bouton des Andes sont sans doute deux maladies similaires ; toutes deux semblent dues à un parasite végétal, qui, absorbé par les muqueuses, cheminerait dans l’économie et serait éliminé, après évolution, par la surface cutanée. Tandis que lun a été trouvé déjà dans les lymphatiques, l’autre serait àchercher dans les vaisseaux sanguins.
J'ajouterai enfin que de ce processus dermophvtique, peutêtre il faudrait rapprocher deux maladies peu connues des Andes : luta, caractérisé par un ulcère ; la caracha, constituée par de larges pustules, qui viennent sur les bras, sur la poitrine et laissent une cicatrice indélébile, |
S 3. FURONCULOSE.
Nature.— C’est vraisemblablement à ces boutons, qu'on désigne aussi sous le nom de clous (de Biskra), qu'il convient de rattacher ces ,furoncles successifs, épidémiques et contagieux (Trastour), dont les travaux récents de Pasteur et de Lœwenbere ont montré la nature parasitaire. fl y à longtemps que l’on connait certains faits, dont le caractère n'avait pas jusqu'ici pu être compris. Ainsi, en 1834.35, Martin observa à Mauléon une épidémie de clous sur le 57° de ligne. En 1853, une véritable épidémie de clous, décrite par Hunt, parcourut en dix ans successivement les deux Amériques. Rien n’est fréquent comme de voir certaines person nes avoir des séries de clous et le bon sens populaire à, depuis longtemps, attribué ces séries à l’âcreté du sang. Remplaçons le mot dereté par le mot levain, comme le vétérinaire des chevaux de Louis XIV le fit pour la morve, ou par le motmierobe parasilaire, et nous serons bien près d’être d'accord avec le bon sens populaire. Hueter attribuait déjà le furoncle àun schizomycète. Pasteur a déouvert en effet, dans le pus des furoncles de plusieurs individus itteints de ce qu’on nommait la diathèse furonculeuse, un orga-
nisme formé de petits points sphériques, réunis par couples de deux grains, rarement de quatre, mais fréquemment associés en petits amas. Cet organisme‘ensemencé dans du bouillon de poule ou dans du bouillon de levure a proliféré. Lævenberg a trouvé le même organisme dans plusieurs furoncles auriculaires.
Etiologie. — Ces parasites peuvent facilement venir du dehors, soit de l’eau, soit de l'air.
Les vétérinaires connaissent depuis longtemps certains anthraæ, qu'ils attribuent à l’usage de l’eau dans certaines vallées encadrées de tous côtés. On ne saurait méconnaitre là un certain rapportavec le clou de Biskra et surtout avec le clou ou bouton des Andes.
$S 4. PIED DE MADURA.
Géographie.—Cette maladie n’a jamais été observée que dans Inde ; elle semble régner, par places au moins, dansl'Inde entière, depuis le cap Comorin jusqu’au Penjab ; elle règne notamment dans la présidence de Madras, à Pondichéry, à Madura {de là le nom de la maladie). Elle règne aussi dans le centre, notamment à Bellary. On l'a vue dans la présidence de Bombay, à Cochin (pied de Cochin). Enfin on la trouve dans le nord de l'Inde, à Bikanir, sur la frontière du Penjab, dans les déserts du nord-ouest, sur la
frontière du Cachemire, dans le Radjpoutana. On ne l'a pas encoren
signalée dans le Bengale. Elle est limitée, comme on le voit, dans la zone torride de PInde entre les deux lignes isothermes de +25, Elle n’atteint que les Hindous, le plus souvent ceux des castes
inférieures ; on ne l’observe jamais chez les Européens; on ne l'an
vue qu'une fois chez un musulman.
Symptômes.— Elle siège toujours au pied ; à l’un des deux,
rarement aux{deux. Dans quelques cas très rares, on l’a vue atta=
quer lasmain. Voici en quoi consiste la maladie : elle commence
par une ou plusieurs petites tumeurs, par des nodosités qui siè= gent sous la peau du pied, à la plante, sur le dos, entre les doigts: D'abord mobiles, peu douloureuses elles grossissent, deviens nent fixes, douloureuses, finissent par se réunir entre elles et par faire du pied tout entier une masse volumineuse, bosselée,
déformée ; le pied grossit toujours et, au bout de 5, 6, 7 années, |
il acquiert un volume triple de son volume normal, de là le nom de périkal (gros pied), d'anaikal (pied d’éléphant) que porte en
PIED DE MADURA
ponorrre