‹ La géologie expérimentaleChapitre 37 sur 132 · Eclogae geologicœ Heîuetiœ, t. Il, p · texte numérisé non relu

Eclogae geologicœ Heîuetiœ, t. Il, p

'^, Eclogse geologicse Helvetise, t. V, p. 407, 1898.

tiires de glaciers ont été simultanées comme les captures de rivières, c'est-à-dire comprises dans les temps quaternaires, mais distantes les unes des autres de périodes humainement fort longues et ne se rattachant pas à autre chose qu'aux variations locales de chaque glacier considéré individuellement.

Il importe d'ailleurs d'insister sur ce fait auquel M. Stanislas Meunier a, dès le début de ses études, attaché une très grande importance, que la régression qui amène la capture n'est pas l'œuvre exclusive de la glace solide. Ne voir dans un glacier que la glace solide, c'est se comporter d'une manière antiphilosophique et se refuser à comprendre l'action de ce genre si spécial d'organes de la physiologie terrestre. A cet égard il y a lieu de répéter à peu près ce que nous disions à propos du travail des rivières où la considération exclusive du filet d'eau contenu dans le lit ne conduit qu'à des notions extrêmement incomplètes. A tous les instants, l'eau liquide ajoute sa collaboration très efficace à l'action directe des glaciers, qui d'ailleurs lui communiquent d'ordinaire, par la condensation atmosphérique qu'ils provoquent, une plus grande intensité, et dans la régression de sa source kl glace solide se consacre surtout à transporter les débris séparés par les intempéries et à remettre toujours des escarpements vifs à la portée des agents atmosphériques.

La théorie de la capture des glaciers a été l'objet de la part de quelques géologues de véritables vérifications qui nous sont très précieuses, à cause des cir-

constances mêmes dans lesquelles elles se sont produites. Ainsi, par exemple, quelques mois après la publication du mémoire de M. Stanislas Meunier, un célèbre observateur anglais, sir Martin Conway, se trouvant au Spitzberg saisit sur le fait la désagrégation régressive réalisée par des glaciers*. C'est ce que montre, par exemple, une photographie prise par M. Garwood sur le Highway Dôme, où se trouve du névé au-dessus et au-dessous d'une falaise à pic. Le diagramme publié par M. Conway coïncide exactement avec ceux que M. Stanislas Meunier avait donnés antérieurement, et le géographe de Londres ne manque pas d'appliquer ses observations au fait précis de la capture des glaciers, qui se trouve ainsi véritablement constaté de la façon la plus précieuse et sans que la priorité de Fauteur français puisse être contestée. Il en est de même d'une curieuse note de M. Willard D. Johnson, de Washington, sur An unrecognised process in glacial érosion*^ et dans laquelle la dénudation réalisée par les glaciers est reconnue pour avoir une allure régressive, amenant vers l'amont la constitution de falaises toujours avivées.

La conclusion générale des études expérimentales sur les glaciers, d'accord avec un très grand nombre d'observations, peut s'exprimer en disant qu'ils ont déterminé des phénomènes à allure parfaitement continue.

Page 1