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CHAPITRE V

La dénudatlon souterraine.

La dénudation souterraine, c'est-à-dire la démolition et la dissolution des roches par les eaux d'infiltration, et à une distance plus ou moins grande audessous de là surface terrestre, a fourni la matière td'un très grand nombre d'expériences.

Tout d'abord, l'allure des nappes aqueuses souterraines peut être étudiée par le procédé expérimental. On a su les suivre et les retrouver à leur émergence en y mêlant des matières caractéristiques comme la fluorescine. Des expériences accidentelles ont aussi éclairé le sujet.

Dans cette direction, une première notion sur le mouvement souterrain des eaux et sur l'existence de conduits associés à la simple porosité des roches, résulte de la découverte qui a été faite maintes fois d'objets charriés par les eaux souterraines.

Ainsi, à Tours, à la fin de janvier 1830, on reconnut •que le puits de 110 mètres foré en 1829 dans la craie inférieure avait amené beaucoup de sables fins et des

fragments d'épines, graines de plahtes marécageuses [Galium uliginosum). Avec ces vestiges, se montraient des coquilles telles que Planobis marginatuSy Hélix rotundus^ H. striatus^ d'aille^urs non altérées, et qui devaient avoir accompli leur trajet en trois ou quatre mois.

Les puits artésiens permettent aussi de vraies expé- 3

riences sur le régime des nappes souterraines, et donnent le moyen d'en étudier l'allure. L'une des plus curieuses concerna la réaction exercée en 1861 parle forage de Passy sur le débit du puits de Grenelle *.

La distance qui sépare ces deux forages est de 3500 mètres. Au bout de trente heures, le puits de Grenelle a commencé à baisser; de 630 litres à la minute, il est descendu à 560, puis à 540. Pendant trente heures il est resté stationnaire à 540. Puis pendant soixante-douze heures à 500 litres par minute. Plus tard il ne donnait plus que 470 litres.

Sans entrer ici dans des détails sur les rapports mutuels des terrains perméables et des terrains imperméables et sur le régime des nappes d'eau, nous devons noter qu'on a fait de nombreuses expériences sur le jaillissement des puits artésiens.

Elles y ont fait voir, avec Delaunay, un phénomène dynamique, et non pas statique, comme on l'a cru si longtemps, ainsi qu'en témoigne la comparaison des bassins artésiens avec l'appareil de physique dit des vases communiquants. La nappe souterraine cède à un déplacement continu et son écoulement, facile à imiter

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