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St. Meunier. — Géol. exp. 9

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avec beaucoup de cavités naturelles, et expliquent par exemple, l'association, dans les cavernes des environs des Baumes-Chaudes, des éteignoirs aux puits naturels ordinaires. On voit de tous côtés des eaux ascendantes réaliser, les effets qui nous occupent et on peut au même mécanisme rattacher Torigine des esta\felles. Par exemple, Fournet note qu'après les grandes pluies du 29 juillet 1851, on vit dans le Jura, aux environs de Ghorance, dans la vallée de la Bourne, à 200 mètres au-dessous du sommet de la montagne de Gournont, jaillir une énorme fontaine qui décrivait une courbe majestueuse dans Tespace. L'eau souterraine avait corrodé les calcaires situés au-dessus d'elle, à moins qu'elle n'ait débourré d'anciens conduits remplis d'argile. Dans le vieux puisard romain de Bourbonneles-Bains, on constata, sur les blocs calcaires du parement, des corrosions dues à l'eau ascendante et qui avaient sans exception la forme caractéristique en éteignoir.

Mais on n'aurait du sujet qu'une idée incomplète si l'on ne considérait que les cavités ouvertes par l'eau en pleine masse de roche, c'est-à-dire dans des blocs non fissurés. Le cas le plus fréquent est au contraire celui où les couches du sol ont été tout d'abord traversées par les cassures souterraines, connues sous les noms de joints et de failles et qui présentent au liquide souterrain des lignes directrices.

M. Stanislas Meunier a fait, encore dans cette voie, de longues séries d'expériences. Une dalle de calcaire placée horizontalement étant réduite à coups de

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masse en trois ou quatre fragments par deux fissures se recoupant mutuellement, on rapproche les débris et on dirige, sur la ligne d'intersection des fissures, un courant d'eau acidulée. La dalle est soutenue de façon que le liquide corrosif, après avoir circulé dans toute l'épaisseur de la pierre, s'écoule sans difficulté.

Après quelques jours de ce régime, on trouve le calcaire traversé par un conduit vertical dont tous les détails de forme coïncident avec ceux qui ont été décrits dans les avens des Gausses et dans les gouffres d'autreâ régions calcaires. Au commencement, quand la circulation de l'eau est difficile dans la fissure étroite, le conduit est plus large en haut qu'en bas ; il est en entonnoir. Mais quand il a acquis une certaine largeur et que le liquide s'y déplace très facilement, on voit le diamètre inférieur gagner rapidement. Bientôt l'ensemble a la forme de deux cônes réunis par leur sommet, la forme dite en sablier; le cône inférieur gagne en hauteur peu à peu au détriment du cône supérieur, et à la fin on passe à l'éteignoir.

La figure 17, n® 4, montre le résultat obtenu et on peut y voir en même temps sur la dalle monolithe et placée sous les fragments, un sillon creusé par l'eau acidulée qui reproduit dans tous ses caractères les cours souterrains des rivières, c'est-à-dire les cavernes; nous y reviendrons dans un instant.

C'est dans le développement de ces expériences qu'ont pu être tout à fait élucidés de nombreux faits concernant l'action directrice des joints sur les puits naturels et les autres perforations plus ou moins ver-

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ticales. Une foule de particularités observées dans l'exploration des goiilTres ont été imitées dans tous leurs détails.

Des jets ascendants de liquide corrosif ont pu être lancés dans des Bssures plus ou moins verticales et on a revu les entonnoirs déjà mentionnés tout à Theure,

et bien d'autres détails qui seront d'ailleurs mieux à leur place à propos du travail horizontal des eaux souterraines.

Dans les cavernes comme dans le Ut de maint torrent se présentent souvent ces accidents caractéristi-

ques connus sous le nom pittoresque de marmites de géants. La fîg. 18 représente l'appareil qui a permis à M. Stanislas Meunier de les imiter et dont on a eu la description page 68. C'est un vase cylindrique plein d'eau dont le fond est tapissé d'argile A et où une roue à palettes verticales R, actionnée par une petite turbine, permet de produire un tourbillon qui entraîne quelques billes B dans son mouvement de rotation. Ces billes ne tardent pas à creuser dans l'argile des cavités cylindroïdes dont les formes rappellent celles des marmites de la nature.

Le travail horizontal des eaux dlnfiltration.

La forme la plus visible du travail horizontal de dénudation réalisé par les eaux souterraine consiste dans l'ensemble des cavernes, parmi lesquelles figurent nécessairement les lits souterrains des rivières. Les observateurs en ont décrit les caractères en détail et la principale conclusion, déjà mise en évidence par Desnoyers, est la ressemblance intime des cavernes avec les gorges de torrents, ces casernes à ciel ouç^ert^ selon l'heureuse expression qu'il a adoptée. Il résulte de là que les expériences relatives au creusement des vallées étroites peuvent souvent s'appliquer, presque sans variante, à l'histoire des cavernes, et c'est ce que nous constations à la fin du précédent paragraphe, puisque nous remarquions, au-dessous d'une crevasse verticale directrice et à la surface d'une dalle sousjacente, la production par l'eau corrosive d'un sillon

ayant avec les cavernes les ressemblances les plus intimes.

Un bloc de calcaire ayant été fend-u en deux par une fissure verticale qu'il maintient très étroite, M. Stanislas Meunier les dispose sur une dalle bien plus large et non fissurée, inclinée plus ou moins à l'horizon (V. n® 4 de la fig. 17). Du côté d'amont, on fciit arriver plus ou moins horizontalement dans le plan de la fissure un filet d'eau acidulée. Au bout d'un temps convenable, la cassure s'est élargie sous forme de vraie caverne et la grande dalle se creuse d'un sillon qui se prolonge dans la partie découverte, de façon à imiter un vrai canton.

D'innombrables essais ont procuré les reproductions des cavernes les plus célèbres et l'état des parois s'est trouvé identique dans les expériences et dans la nature. On mentionnera l'association aux cavernes des marmites des géants et des corrosions cylindroïdes, comme on en voit par exemple à la chute de Trummelbach dans le canton de Berne, dans la grotte de Bramabiau, d'après M. Mazauric*, et bien ailleurs.

Un point très important, qui résulte de l'application du procédé expérimental, c'est l'allure extrêmement progressive du creusement des cavernes. Et à cet égard nous aurions à répéter tout ce que nous disions à propos du creusement de« gorges de torrents, c'està-dire des vallées.

Des résultats synthétiques font ressortir cette allure

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