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LES PILONS MÉTALLIFÈRES

le canon; ayant soin d'ailleurs de placer un peu d'eau dans Tespace annulaire compris entre les deux tubes de façon à conjurer, par une contre-pression, Texplosion du récipient en verre.

Beaucoup de très jolis détails pratiques pourraient être mentionnés, tels que l'artifice destiné à ne permettre le mélange des réactifs qu'au moment favorable, grâce à l'emploi d'ampoules distinctes, que de très petites bulles d'air sont chargées de faire éclater en se dilatant, etc.

Tout ce système, depuis Sénarmont, a été perfectionné : la fermeture des tubes et jusqu'à leur substance, qui est maintenant de platine; le mode de chauffage, qui peut être maintenu constant pendant un temps quelconque. Aussi le nombre des produits est-il coasidérable , mais les savants modernes , malgré le bonheur de leurs expériences , n'ont fait que grapiller dans le champ de Sénarmont.

La description de toutes les synthèses obtenues nous entraînerait bien trop loin ; il suffira de quelques exemples dans les directions principales*. Tout d'abord, il importe de noter la remarquable faculté cristallogénique de l'eau chaude, c'est-à-dire la facilité avec laquelle des substances amorphes soumises à l'eau suréchauffée se transforment, sans changer de composition, en substances cristallisées.

C'est ainsi que, comme Sénarmont lui-même l'a démontré, la silice gélatineuse, chauffée entre 200 et

1. Voyez à cet égard : Stanislas Meunier, Les méthodes de synthèse de minéralogie, in-8, 1892.

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300 degrés, se transforme en un sable dont chaque grain est un cristal. Le quartz ainsi produit est identique à celui de la nature par sa composition comme par sa forme cristalline, et celle-ci présente une foule de détails, comme des stries et des faces plagièdres, qui sont identiques avec les particularités des quartz naturels. Depuis, l'expérience a été variée : M. Daubrée en substituant du verre artificiel à la silice précipitée, puis MM. Frîedel et Sarrazin en ajoutant à la silice une certaine proportion d'alcali, ont reproduit le résultat de Sénarmont, dont la réalité ne saurait être contestée.

Et les autres gangues des filons concrétionnés ont été imitées tout aussi bien que le quartz. Sénarmont a préparé la fluorine en cubo-octaèdres et la barytine en prismes orthorhombiques, en ajoutant à Teau minéralisatrice de petites quantités de bicarbonate de soude et parfois un peu d'acide chlorhydrique.

Et ce succès si complet pour les gangues, l'auteur le réalise également pour les minerais.

L'oligiste est obtenu, soit par l'action de l'eau sur le chlorure de fer, ce qui rappelle, mais avec de profondes différences, l'expérience de Gay-Lussac, soit en décomposant dans l'eau la limonite, qui devient anhydre. Cette réaction, qui semble si étrange à première vue, se reproduit pour le gypse, qui devient de l'anhydrite, pour le sulfate de magnésie à 7 équivalents d'eau qui devient de la kiesérite, etc.

La sidérose, ou fer carbonate, résulte de la réaction développée dans l'eau suréchauffée entre le carbonate

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