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LA FORGE CENTRIFUGE

il s'agît. Il va sans dire d'ailleurs que, ne pouvant échapper à l'influence de la terre, nous n'avons à nous occuper que de la disposition obtenue dans le plan de Féquateur : il en résulte une grande simplification du problème et une application directe au triage des matériaux terrestres.

Si l'on met dans le ballon de la stéarine en fusion, de la poussière de granit et de très fines grenailles de plomb, on voit, après l'efroidissement et consolidation, le plomb constituer une ceinture équatoriale soutenue successivement par du granit et de la cire qui fait la masse centrale. L'aspect général rappelle celle de la planète Jupiter. L'ordre des superpositions est exactement inverse de l'ordre des densités. D'où l'on peut conclure qu'il a dû y avoir en bien des régions du globe un vrai conflit entre l'attraction et la force centrifuge.

Ceci posé et les expériences a^yant été variées de façons très nombreuses, on met dans un ballon une solution de chlorure de baryum et on y fait tomber avec une pipette, pendant la rotation, un peu de sulfate de soude goutte à goutte; on voit le sulfate de baryte précipité venir se concentrer dans la zone équatoriale et, dans certains cas, y acquérir une cohésion qui lui permet de subsister dans cette situation, même après l'arrêt de l'appareil.

L'application de cette expérience à la genèse de la coque primitive est tout à fait directe et contribue à justifier les conclusions d'un chapitre précédent.

On devra sans aucun doute modifier, en conséquence de ces expériences, les idées généralement admises

sur la constitution des régions internes du globe et, par exemple, celles que Roche s'est attaché à préciser d'une manière si savante. Il semble évident que les régions les plus profondes sont destinées à se constituer à Tétat d'une vaste chambre sfide lors de la consolidation enfin réalisée de toutes les substances du globe; le volume du solide définitif devant être prodigieusement inférieur à celui du fluide chaud originel.

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