CHAPITRE II
Les volcans.
Rôle de Teau dans le phénomène volcanique.
On peut dire, malgré Fapparence paradoxale de la proposition, que les volcans sont avant tout des sources d'eau.
Le cube de vapeur aqueuse qui sort des volcans pendant les éruptions est immense.
Les laves, une fois épanchées, se montrent comme imprégnées d'eau et d'autres substance^ élastiques qui se dégagent spontanément sous forme de fumerolles^ et qui sont partiellement retenues par occlusion dans les roches vitreuses comme les obsidiennes.
C'est l'eau qui, par la force expansive de sa vapeur, paraît avoir été l'agent de perforation de la croûte terrestre, traversée par les cheminées volcaniques. M. Daubrée, ayant recours pour la commodité des expériences à d'autres corps explosifs que l'eau, a l
montré comment des gaz soudainement dégagés, peuvent creuser, au travers de fragments pierreux, des conduits comparables auX cheminées dont il s'agit. 11 a fait voir aussi que les roches sont réduites en parti-
cules comparables aux cendres et aux lapilli des volcans. L'efficacité, comme moteur gazeux, de la vapeur d'eau est donc légitimée.
Quant à l'imitation de la forme des cônes de lapilli, elle a été réalisée par M. Behrens dans des expériences ingénieuses. Il fait arriver dans le fond d'une caisse pleine de sable fin, le tuyau vertical d'une soufflerie à jet d'eau ascendant et il voit se constituer bientôt un cône qui contient une cavité en entonnoir qui n'est d'ailleurs pas toujours circulaire. Parfois il se fait dans le cône des cavités analogues à celle qui existe dans les flancs de certains volcans ; l'auteur les a moulées en y injectant du plâtre gâché.
En chauff*ant, avec une flamme de gaz, un mélange d'argile fluide, de bicarbonate de soude et de sciure de bois, déposé dans une capsule plate, M. Behrens a déterminé au-dessus du point échaufi'é, la surrection du cône qui laisse épancher la bouillie par son sommet pendant qu'au pied il se fait une dépression annulaire. Beaucoup d'autres expérimentateurs ont collaboré à la même question. Lemery lui-même obtenait un résultat qui n'est pas aussi dépourvu d'intérêt qu'on pourrait le croire. M. Gorini a publié à cet égard un mémoire qu'il faut rappeler.
Selon M. Bergeron, on peut obtenir très simplement la représentation de certaines particularités volcaniques à l'aide de métaux fondus dans lesquels, pendant leur solidification, on fait arriver de bas en haut un courant d'air ; et le géologue Bombicci a cité avec détail et a dessiné une production de cônes avec cra-
ROLE DE l'eau DANS LBS VOLCANS 2ft3
tères pendant le rochage d'une masse de 2000 kilogrammes d'argent '. D'autres essais, comme ceux de M. Harrisson, pourraient être cités.
Poulett Scroppe a décrit une expérience que M. Stauislas Meunier a perfectionnée. Les figures 40 et 41 ci-
joiiîlcs montrent comment les résultats ressemblent dans certaines limites à la carte en reliefs de nos districts volcaniques. Ils ont été obtenus en soumettant à Tébullition une pâte de plAtre à mouler en train de se prendre. Les bulles de vapeur, en venant crever à la surface, déterminent dos accidents qui ressemblent singulièrement [»our la l'orme aux appareils volcaniques (fig. 40). En recouvrant le pUitre d'une couche de sable, on détermine des éruptions et des épanche-
1. M<:riioir,'« .le r.l.ademi,- -/r-i <cieni-ef de Bologm-, 1890.
ments de plâtre qui oflfrent des ressemblances singulières avec les coulées de laves volcaniques (fig. 41). C'est comme appendice à cet ensemble de recherches, qu'il faut mentionner l'appareil classique qui
donne «ne imitation des geysers et les expériences de M. Stanislas Meunier sur l'épanchement des laccolithes à l'aide de cire fondue ou d'alliage fusible, injectée entre des feuilles superposées de plâtre ayant encore une certaine malléabilité.
Introduction infra-granitique de l'eau.
Mais il reste, après ces résultats obtenus et qui font tous intervenir une énergie qu'on n'explique bien que par la force élastique de la vapeur d'eau infra-granitique, un problème capital à résoudre.