INTRODUCTION INFRA-GRANITIQUE DE L'EAU
Comment Teau peut-elle exister dans le laboratoire où la puissance volcanique prend naissance? Est-ce une eau d'origine? Celdi ne s'expliquerait pas, puisque la température du globe va constamment en s'abais* sant et que les conditions passées étaient dès lors moins favorables encore que les présentes pour le maintien de Teau.
■ G'est donc de Teau à^ introduction récente, et les preuves abondent que le laboratoire profond doit en effet être à chaque ihstant remis en possession de Teâu que les éruptions lui font perdre. Mais comment concevoir l'introduction?
Une première hypothèse émise par Gay-Lussac fait jouer un rôle à des crevasses sous-marines, mais il est facile de sentir son impossibilité. Si Ton suppose en effet vme crevasse aboutissant aux régions très chaudes d'où émane l'énergie volcanique, on devra reconnaître que Teau n'y saurait pénétrer justement à cause de la pression qui y est engendrée et qui, capable des explosions, capable de rejeter au dehors la lave volcanique si pesante, s'opposera nécessaire* ment à la pénétration de Teau.
M. Daubrée a décrit à cette occasion des expériences, dont les conclusions n'ont pas été vérifiées, sur la prétendue possibilité d'une infiltration capillaire de Teau au travers des roches, malgré une forte contrepression de vapeur.
La solution de la question paraît résulter d'expériences très simples de M. Stanislas Meunier, dont les conséquences nous occuperont de nouveau un peu
plus loin. Elles concernent les pulvérisations consécutives aux fractures du sol ou failles. On superpose deux couches de plâtre à mouler, d'ailleurs mélangé d'une quantité convenable de sable qui le rend un peu friable, et dont Tune, la supérieure par exemple, a été colorée en rouge par le mélange préalable d'un peu de colcothar. Quand la consistance est favorable, on détermine, par pression ou par torsion, des cassures au travers de la masse avec écartement des deux bords de la solution de continuité. On coule alors dans la crevasse béante, du plâtre légèrement coloré en vert par le mélange d'un peu d'oxyde de chrome. Après consolidation complète, on mène un trait de scie au travers de la masse, perpendiculairement au plan de la cassure, et on a alors la reproduction d'un dyke vert qui traverse un ensemble de deux terrains, dont l'inférieur est blanc pendant que le. supérieur est rouge. Or, on constate dans la massue intercalée, à la hauteur du terrain blanc, des blocs rouges qui sont tombés par égrènement au moment de l'ouverture de la cassure.
C'est, en somme, la reproduction artificielle des brèches de filons de roches, si fréquentes en maintes localités. Mais l'expérience se prête à une interprétation immédiatement applicable au sujet que nous avons en vue.
Imaginons en effet que nos deux couches horizontales de plâtre représentent toute l'épaisseur de la croûte terrestre, subdivisée en deux zones concentriques, dont la plus superficielle (rouge) est formée