CHAPITRE XV
Le juge et le bourreau. i
Doua Carmen, imprudente comme toutes les femmes qui aiment | sincèrement, s’était hâtée d’écrire à Carlos pour le conjurer de ne point revenir à Séville et, ainsi que la première fois, elle remit cette lettre au père de Paquarita.
Mais don Luis, aussitôt après avoir relâché son fidèle José, l’avait spécialement chargé d’épier tout ce qui pourrait approcher ou émaner | de sa belle-sœur.
D’un autre côté, dix espions surveillaient jour et nuit et à tour de rôle le vieux sonneur de la Giralda, avec ordre de rendre compte de ses moindres démarches et de l’arrêter s’il s’éloignait de la ville à plus d’une lieue.
C’est pourquoi cette lettre fut saisie, et Pedro enfermé dans la prison la plus secrète, de manière à laisser croire aux deux femmes j qu’il était réellement bien parti pour Madrid. !
Le comte se rendit, triomphant, chez le marquis; cette lettre à la main, non sans avoir pris d’avance la précaution de la lire. |
Il s’était composé un visage triste, et n’y laissait aucunement paraître la joie qu’il éprouvait; joie infernale dont les effets devaient être terribles.
— Mon frère, lui dit-il, quand, il y a trois jours, vous m’ordonnâtes de sonder l’esprit de votre épouse afin d’éclaircir un soupçon, vous vous souvenez que le résultat de cette démarche fut nul. Vous m’aviez prié même de n’y plus penser, et Dieu m’est témoin que j’avais à cœur, autant que vous, de ne pas donner suite à cette délicate affaire.
— Auriez-vous découvert quelque chose de nouveau? demanda le marquis dont les craintes renaissaient.
— Le hasard...
— Eh bien?...
— Le hasard s’en est chargé.
— Oh! parlez, parlez, fit don Ramon tout troublé.
— Vous voulez...
— Hâtez-vous, don Luis, je sens une colère ardente bouillonner déjà sourdement dans ma poitrine... Oh! mais que ce soient des certitudes, ou sinon je ne veux rien savoir.
— C’est la preuve la plus grande, mon frère, la plus positive.
— Une preuve !
Ce mot atterra le marquis ; il tomba sur un fauteuil, lé front inondé de sueur et ajouta faiblement :
— Voyons, où sont-elles... ces preuves?...
Le comte tira lentement la fatale lettre de son pourpoint, la déploya et la remit à son frère.
Le marquis lut à voix basse, lentement, et avec stupeur :
— « J’aurais voulu ne pas t’écrire, mon bon Carlos, afin d’avoir « la douce suprise de ton arrivée, mais les circonstances m’y forcent.
« Mon mari est instruit de tout. Comment?... Je ne sais. Au nom de « notre amour, ne reviens pas, il te tuerait! Pedro, qui t’aime comme « un fils, doit joindre ses prières aux miennes, pour t’en empêcher.
« Si tu savais comme l’ennui m’accable depuis que tu es absent. Je « ne vis pas. A chaque instant du jour et de la nuit, mon cœur t’ap- « pelle et te désire. Ta bonne sœur Paquarita est ma confidente, elle « partage mes, douleurs et me console. 'Je l'aime. Elle est bonne et « compatissante. Elle a aussi bien des sujets de larmes, la i)auvre « enfant, je t’en dirai la cause. Nous pleurons souvent ensemble et « nous parlons de toi. Maudit soit le monde qui m’a rivée à la chaîne « qui me lie ! qu’elle est lourde, mon Dieu! Où sont les beaux jours « de notre enfance?...
Don Ramon laissa tomber le papier, ne pouvant achever ; le comte le ramassa et le lui replaça entre les doigts.
— Continuez, mon frère, continuez...
Le marquis releva la tète et reprit cette lecture dont chaque mot était un supplice pour son âme non entièrement fermée encore à tout bon sentiment de pitié.
— « Carlos, encore' une fois, au nom de notre amour, ne reviens « pas. Les portes d’un couvent vont, sans doute, s’ouvrir pour moi.
« J’y passerai toutes mes heures à prier pour toi... pour que tu sois « heureux. Adieu, Carlos, peut-être pour toujours... adieu, mon c ange bien-aimé. Pense à moi quelquefois... Je mourrai en pronon- « çant ton doux nom ; adieu, nous nous reverrons là-haut. Adieu.
« Carmen. »
— Ils sont heureux, dit le marquis avec mélancolie, pauvres enfants, Dieu les avait créés l’un pour l’autre. Ma colère s’est éteinte devant tant de résignation et d’amour... Pauvre, pauvre Carmen, je n’ai servi, ici-bas, qu’à te rendre l’existence pénible... Qu’avais-je besoin, moi, froid penseur, cœur de glace, d’unir les rides précoces de mon front à ton âme fraîche et pure! moi seul suis un obstacle à ta félicité sur la terre. Pardonne-moi d’être venu la briser... Que faire?...
Malheureusement, ces pensées généreuses avaient été exprimées à haute voix et plus malheureusement encore devant un témoin, et ce témoin était don Luis. Le bon ange, conseiller de paix et de miséricorde, avait murmuré aux oreilles du marquis ces paroles toutes de
pardon; mais le démon, le mauvais ange, le tentateur, instigateur de haine et de vengeance, souffla cette réponse par la bouche du comte :
— N’avez-vous point honte, don Ramon, de parler de la sorte? Vraiment, si quelqu’un vous avait entendu, je rougirais pour vous.
— Rougir, et de quoi? parce que j’ai horreur du crime et pitié des coupables ?
— Songez donc qu’un des coupables, et le plus grand, est votre épouse ; une femme qui vous a juré, au pied des autels, fidélité et amour.
— Amour...
— Fidélité au moins !
— Sa famille l’y a forcée...
— Songez qu’elle en aime un autre que vous !
— Je n’ai rien fait, moi, pour me faire aimer d’elle...
— N’avez-vous pas compris cette lettre que vous venez de lire ?
— Compris ! hélas !
— Au nom de leur amour, telles sont ses paroles!... mais cet amour est criminel !
— Que ce soit leur châtiment...
— Et pour vous, que croyez-vous qu’il vous en reviendra de tout ceci ? Pardieu ! Ce sera une plaisante chose à voir ! Un mari débonnaire et prêtant les mains à un commerce infâme. Ah ! vous êtes vraiment ce qu’on appelle un mari complaisant, un mari de comédie! Les oisifs et les méchantes langues vont assurément avoir beau jeu I
— J’ai mon épée pour les réduire au silence.
— D’accord ; mais la médisance a cent bouches, et le trépas d’un ou de deux imprudents ne prouvera rien. Votre nom deviendra un sujet inépuisable de quolibets et de scandales : vous l’aurez attaché, cloué vous-même au pilori du ridicule !
— Assez, don Luis, assez !
— Et l’on dira, continua le comte avec une voix vibrante : Si le marquis d’Aracena, ce noble gentilhomme, aussi noble que le roi des Espagnes, ne se venge pas de l’amant de sa femme, c’est qu’il en a peur!
— Peur !
— On le dira, monseigneur, et malheureusement vous aurez une voix en vous qui vous le répétera.
— Tais-toi, démon.i.
— Oui, elle vous le répétera, comme une conscience hargneuse, car ce sera la vérité.
— Silence! Carlos mourra.
Tout était dit. Le comte d’Aracena ne laissa pas à son frère le temps de se rétracter ; il le fit écrire sur-le-champ à don Carlos pour le rappeler, et se chargea d’aposter des assassins sur son passage, assassins qui, on le pense bien, devaient être choisis parmi des hommes à lui et dont il était l’âme.
11 commença d’abord par envoyer un homme à Alcala, avec mission d’y demeurer jusqu’au retour de Carlos, lequel homme devait crever un cheval pour en porter la nouvelle à don Luis.
Il se passa quarante jours de mortelle attente.
Dona Carmen s’étonnait de ne point voir arriver Pedro, avec une lettre du jeune homme.
Don Luis craignait de ne pouvoir satisfaire sa haine, il pensait parfois que Carmen avait envoyé un nouveau messager à Carlos, pour l’empêcher de venir; il était bien sûr de ses espions, mais malgré cela il craignait.
Mais don Carlos ne pouvait rester plus longtemps à Madrid sans nouvelles de Carmen, et avec une lettre de rappel du marquis.
Les routes qui sillonnaient l’Espagne, en l’an de grâce 1639, n’avaient point encore acquis les facilités qu’elles offrent de nos jours, quoique cependant elles soient encore susceptibles de notables améliorations. Et puis Carlos, d’après la première lettre de Carmen, qu’il reçut un mois environ après son départ, ne voulait revenir, comme elle l’en priait, qu’au bout de deux autres mois ; mais l’ordre de retour du marquis d’Aracena, indiquant positivement que sa pré- ; sence était nécessaire à Séville, lui fit quitter Madrid à l’instant.
11 eut l>icn un moment cVUésUation en songeant quç peut-être c’était u,n piège qu’on lui tendait, mais son àrne noble repoussa bientôt ■ cette idée comme indigné de lui : rester à Madrid serait éveiller les. soupçons ou les çonfirtner, et d’ailleurs il ne voulait pas qu’on pût le supposer d’avoir peur. — O amour-propjçe, tu n’en fais jamais d’autres î
il se mit donc en route.
Quand don Luis apprit que Carlos n’était plus qu’à quelques pas de la ville, il se trouvait joyeusement plongé dans une'orgie complète. L’ivresse, qui déjà commençait à le gagner, se dissipa soudain à cette nouvelle, et, rejetant sa coupe pleine de vin, repoussant brusquement la fille de joie qui dormait sur ses genoux, il sortit de la salle au grand étonnement des illustres convives,
— Où va-t-il donc ? demanda un marquis couronné de roses qui, vu la saison, avaient dû coûter dix piastres chacune.
— Affaires politiques!... répondit gravement une bacchante.
— Je gagerais que non, dit un comte également couronné.
^ C'est alors une affaire d’amour, — une nouvelle beauté.
— Qui parle de nouvelles amours, à propos de Luis?... demanda celle que le comte avait abandonnée en sortant, don Luis n’aime que moi, apprenez-le.
— Toi, Manuela? assurément, tu es ivre d’oser avancer une telle sottise. .
— C’est bien parlé, ajouta une autre femme, don Luis est un vrai papillon d’amour.
— Ah! papillon! le mot est joli!... cela sent la cour de France et les sonnets de M. de Bois-Robert.
— Le fait est que don Luis est parti.
— Comme un fuyard.
— Non pas, messieurs, il reviendra, j’en suis sûr.
— Avez-vous remarqué la figure de celui qui est venu lui glisser quatre mots à l’oreille?
— C’était celle d’un moine, si je ne me trompe.
— Uii moine, oui, mais d’habit.
— Pourquoi donc? — non pas : un véritable moine.
— Don Luis va se confesser.
— Don Luis est aussi bon catholique que fidèle en amours !
— Qui a dit cela? demanda Manuela.
— C'est moi, dit le marquis fleuri.
— Santa-Cruz, vous êtes un impie !
— Don Luis te trompe, Manuela, quitte-Ic.
— Jamais.
— Comment, jamais ?
— C’est-à-dire, pas à présent. ■
— A la bonne heure !
— Tu vas nous chanter alors une chanson Iiacliiijiie?
— Pour qui me prenez-vous?
— Tu sais, celle qui commence par
Frasquita laGaditanc...
— Bah ! c’est un tissu d’absurdités, dit un des personnages, il y a une strophe qui commence ainsi ;
îlaclricl, la cité royale,
Où. s’étale
Le large Manzanarès...
OÙ diable a-t-on vu que le Manzanarès s’étale dans Madrid et qu’il est large? Je l’ai sauté un jour à pieds joints.
— Cher, .marquis, cela prouve que le poète n’a jamais quitté son village, voda tout.
Mais revenons au comte d’Aracena, malgré le peu de sympathie qu il inspire a nos lectrices.
Don Luis, en quittant la salle du festin, se rendit lui-mènie, en courant, vers les salles basses du palais, éveilla les hommes qu’il y trouva endonins, au nombre de huit, et les fit partir aussitôt, bien armes, a la rencontre de don Carlos, sur la route qui mène à Alcala.
— José, dit-il à l’espion, qui commandait la troupe, José, tu sais
quels sont m,es ordres; en, marchant, et sans t’arrêter, ta [les transmettras à tes hommes. 11 y a mille piastres pour toi, ei cent pour chacun d’eux. Mais surtout fais en sorte qu’il n’y ait pas de conffiat, comme avec ce niais de Norea. Placez-vous en embuscade, derrière quelque bonnes touffes d’aloès... et feu! Hâte-toi !
Les bandits se dirigèrent précipitamment vers la porte de Carmona, et le comte retourna prendre place au banquet.
— Messeigneurs, dit-il en entrant, j’espère que vous n’avez pas vidé toüs les flacons ?
— Il faudrait pour çela un régiment de votre garde, don Luis ; car vraiment vous nous avez traites royalement. Je suis certain qu’il n’y a pas moins d’un cellier, tout entier, sur ces consoles.
— D’où venez-vous, monseigneur ?
— Manuela, je n’aime pas les femmes curieuses.
— Je le suis horrriblement, et vous?
Moi, c’est selon, reprit le comte préoccupé.
— Eh bien ! si vous l’étiez, vous me demanderiez compte de ma conduite en votre absence.
— Qu’as-tu fait,- félonne ?
— Ma paix avec Santa-Cruz.
— Bah !
— Il m’épouse.
— Et quand cela?
— Demain, au point du jour.
— Nous y sommes déjà, le soleil commence à se lever. Si je ne craignais de faire pâlir vos fronts, et de rendre vos yeux ternes au feu de ses rayons naissants, je ferai lever les stores et éteindre ces bougies.
— Alors, dit Santa-Cruz, nous sommes en plein carnaval. Aujourd’hui c’est dimanche gras, si je ne me trompe.
Don Luis, au lieu d’imiter les autres, s’enfonça dans les coussins de l’espèce de lit qui entourait la table, maugréant et maudissant les buveurs qui, par leur tapage et leurs chants, empêchaient sa pensée de se porter vers l’endroit où, quelques instants auparavant, il avait dirigé ses sicaires.
Cependant il n’y put tenir et quitta la salle, au milieu des reproches et des sarcasmes des convives.
Il descendit aux écuries, et y trouvant tous les valets endormis, il voulut seller lui-mèinc un cheval, de sorte qu’il perdit près d’un quart d’heure, sans pouvoir y parvenir entièrement.
Enfin il partit, excitant sa monture, le sang aux yeux, et ne respira librement qu’une fois hors des murailles.
11 ralentit le pas et se mit à scruter attantivement chaque buisson, chaque fossé, s’étonnant de ne rien voir encore, et surtout de ne point entendre le- bruit de la fusillade. Il craignit un moment que son cousin n’eût pris le ücuve à Alcala.
Tout à coup, il vit sortir de derrière le parapet d’un petit pont jeté sur un bras du Guadalquivicr, un vieillard effaré, qui, saisissant la bride de son cheval, le força d’arrêter.
— Monseigneur, dit-il, monseigneur, accourez vile, il eu sera temps encore, vous pourrez le sauver peut-être.
— Qui donc ?
— Un noble seigneur qui expire à quelques pas d’ici, assassiné!...
— Assassiné! répliqua le comte, à deux pas de la ville!
— Mdnscigneur, j’ai vu le combat. J’étais sur une barque, là, à deux brasses, sur le lleuve lorsque je vis arriver trois hommes à cheval, marchant dans la direction de Séville. Soudain,.un coup de feu retentit et les cavaliers s’arrêtèrent. Celui qui marchait en avant se retourna vers ceux qui le suivaient et leur dit quelques mots que je ne pus entendre; puis tous trois fondirent en même temps vers la direction des coups de feu. Quand j’abordai, tout était fini.
— Où est-il? demanda Luis avec vivacité.
— Ah ! vous êtes compati88|tnt^, vous, monseigneur, dit le vieillard se méprenant sur la cause de cel empressement.
Il le^conduisit derrière un rocher et le comte aperçut, gisant, un homme se débattant dans les derniers trassaillements de l’agonie.
C’était Diego, le valet de don Carlos.
— Mort et enfer! fit,le comte,'ce n’est pas lui.
LA GIIULDA
Diego, en apercevant don Luis, se souleva et prononça quelques mots sans suite, mais il ne tarda pas à retomber mort, malgré tous les efforts du vieillard pour le rappeler à la vie.
Le comte d’Aracena, après s’ètre assuré que le fer seul l’avait tué, continua ses recherches, laissant ainsi auprès de lui 'qeulqu’un pour veiller sur son corps.
— Mais Carlos, mais’^Carlos, où est-il donc?
Il reprit In chemin, remonta sur son cheval, qu’il avait attaché à un arbre, etavança.
Au bout de quelques pas, il distingua, au milieu de la chaussée, le cadavre d’un cheval.
■— C’est là, pensa-t-il.
Il enfonça ses éperons dans les flancs de sa monture, mais'celle-ci refusa d’obéir, et sentant l’odeur du carnage qui avait eu lieu, se mit à se cabrer, sans vouloir faire un pas en avant.
Don Luis, impatient, mit pied à terre.
Derrière le cheval était Carlos, presque"enlièrehieht privé de ses vêtements.
Le comte remarqua qu’une balle l’avait atteint eh pleine poitrine, et il poussa son corps du pied.
Le corps resta immobile. Don Luis sb pencha sur lui bt cut'rhorrible courage de le toucher. Il lui sembla qu’il était déjà froid.
— La mort a dû être instantanée... dit-il, les yeüx animés d’une joie sombre.
11 resta quelques instants à considérer fce Corps inanimé, regrettant, au fond de son âme, de n’avoir pas eu mille morts à lui faire souffrir.
En ce moment le soleil était tout à fait lové, colorant joyeusement de ses teintes dorées les pics environnants; aussi don Luis se liàta de retourner sur ses pas, enfourcha son cheval, reprit le chemin de Séville, laissant aux passants le soin de relever les cadavres de scs victimes.
— Eh bien ! pensait- d, en s’en revenant lentement et sans songer à exciter son coursier, au moins ce cher cousin est hiort heurcuseiilent; Qui sait l’existence qui lui était réservée? — Pas dé vieillesse iii de maladies aiguës à craindre. — Il est mort, le sourire sur les lèvres en pensant à sa maîtresse!... Mordieu!...[orgueilleuse Carmen, maintenant du moins personne ne sci’a plus entre rtOUS; Ce Carlos est heureux, bien heureux. Je ne soidiaile, moi, ({u’unç Seule iiioi’t, oui, je voudrais,mourir de la sorte, sans m’y attendre... sans avoir surtout le temps do regretter la vie... la vie... stupide dérision !... Cependant elle est belle à présent, et dès ce jour elle me sourit.
Au point de jonction de deux chemins, don Luis roheontra une troupe d’hommes à cheval, armés de longues piques, et polissant devant eux un troupeau composé d’une trentaine de beaux et vigoureux taureaux,