CHAPITRE IV
La tête et les bras.
Dès que le comte d’Aracena se fut retiré dans son appartement, il sonna violemment et ordonna au laquais qui parut de lui amener trois hommes qui devaient se trouver pour le moment, attendant ses ordres, dans une salle basse attenante aux écuries.
Le laquais sortit pour exécuter cet ordre.
Bon! se dit don Luis, on dirait que mon très-honoré frère a deviné que messire Carlos me gênait dans mes amours avec la Paquarita : à merveille! — Cependant, j’aurais désiré mille fois qu’il se fût chargé lui-même de porter à Saragosse cette chape d’or. J’aurais été également plus à l’aise pour les projets que j’ai conçus relativement à Carmen... Elle est bien belle, cette femme!... ce matin plusque jamais !... mais Paquarita est plus jolie, plus piquante, plus...
Il s’arrèt a et reprit eq ouvrant des yeux ardents de convoitise.
— Mais cette chape d’or... comme elle reluisait... Que peut-elle bien valoir?... Je m’en accommoderais fort, pardieu! D’autant plus qu’à la grande rigueur, Notre-Dame del Pilar s’en pourrait fort bien passer... Voilà, certes, une très-grosse somme qui va tomber dans le gouffre ecclésiastique; et sans cette tardive réminiscence de ma mère... Dom Pamfilo tient beaucoup, il m’a semblé, à ce que cette chape parte pour sa destination... Ah çà, est-ce que ce prêtre serait de bonne foi?...
Le comte s’approcha d’une glace de Venise et frisa sa moustache avec complaisance.
— Et ce Manoel, continua-t-il, ce rival inconnu... cet amant préféré de la marquise... quel est-il? il m’inquiète... Ne désespérons pas de le trouver... Si mes espions principaux échouent, je mettrai cent diables fins à ses trousses, et il sera bien adroit si... Je vais voir José, le drôle est capable d’avoir déjà découvert ce maudit homme... Ah ! si au lieu d’entrer à la Giralda, j’avais tourné l’angle...
Don Luis fut s’asseoir dans un fauteuil, assez impatienté déjà d’attendre l’accomplissement de sa volonté.
— Ah ! Satan, exclama-t-il à voix basse, mon puissant maître, si tant est que tu existes, ô mon divin protecteur, je ne te demande en
DoSa Carmen était dans tout l’éclat de ses vingt ans.
ce moment que trois choses... non, quatre, puisque j’y suis, à savoir : faire rompre le cou dans son voyage, afin qu’il me laisse Paquarita, à mon bon cousin Carlito ; — découvrir ce Manoel maudit ; — posséder Carmen... et aussi cette reluisante chape d’or.
Comme on le voit, don Luis n’était pas seulement infâme en amour et mauvais frère, il était encore avare et cupide ; car l’or ne lui manquait pas, et il pouvait bien se dispenser de songer à des richesses dont la source faisait toute la religion de sa mère ; nous verrons plus tard qu’il était encore mauvais fils.
Le laquais introduisit trois hommes.
Ces trois hommes étaient différents quant à leur costume.
Le premier élégamment vêtu, musqué, levant haut la tête et appuyant fièrement sa main couverte de fines dentelles sur le pommeau d’une épée à coquille, ciselé dans le dernier goût, portant la moustache relevée et la royale galamment frisée, s’avançait avec assurance , ses deux compagnons lui ayant cédé le pas vu son grand air de gentilhommerie.
Le second, affublé du costume des moines mendiants, robe brune, sandales de cuir, un chapelet énorme pendu à sa ceinture de cordes, la tête rasée : l’air béat.
Le dernier, homme du peuple, paresseux Andaloux, avec la cigarette éteinte entre les doigts, le manteau roulé sur le bras, le chapeau calanez, la chamarra du majo, sorte de veste bariolée, la ceinture écarlate et laissant passer le manche d’une navaja fraîchemen ai-
guisée, couteau à lame large et effilée, garnie à son extrémité d’une sérié idé crochet dont l’ortice èst de faire, d’une bleêsure, une large plaie, — ia culotte ample et retenue au genou pac une boucle de cuiwe, enfin des gilèirés de cuir façorihées de soies de diverses éouleurs ; iequél éostiinié s’est cbnsfervé jusqu’à nos jours.
El cependant cèS trois hommes si differents ne faisaient point fi l’un de l’autre et se serraient coMialement la main, quand ils se rencontraient dàiis un corridor, dafis une allée sombre, oü le soir dans les rues de Séville, à la recherche de quelque cabaret discret èt sûr. toiis trois avaient rhême emploi.
Le gentilhomme espionnait les gentilshommes, le moine espionnait lés religieux, l’homnie du peuple espioniiait les gens du peuple. Trinité d’èsplons^ trinité de coquins.
Ils s’inclinèrent respectueusement; don Luis les reçut en souriant. — Â véïts d'abord, réiérènd frère Tofnaso, dit doh Luis eh faisant signe âu riioine de le venir joindre dans l'erabrasüre d’une fenêtre, que savez-vous de bouveau ?
— Beaucoup de chosès, morisei^néur : par quoi votre grâce véut-elle que je commence ?
— Par ce que tu vbüdras, je t’écoute.
Hier, le prieur dd couvent de Santiago est Venu trouver mdrt-
seigneur l’archevêque à la nuit close ; il était vêtu en majo et fumait le cigarito, mais je l’ai reconnu.
— Qu’allait-il faire chez l’archevêque, le sais-tu?
— Le prieur se souvient qu’il y a quelques années vous avez séduit une religieuse d’une' cornmuha'üté à lui soumise et depuis ce temps ne vous a pas, monseigheur, en grande amitié ; je crois qu’il voulait beaucoup de bien à cette nonne. Quoique monseigneur l’archevêque soit votre parent, il n’aime pas beaucoup non plus messieurs d’Aracena; de sorte que tous deux, le prieur et l’archevêque, s’entendent pour faire casser monsièür le marquis de son gouvernement.
— Haine de prêtre, haine mbrtelle, dit-bn, mais le prieur y succombera. Continue, fray Tomaso.
— Le gitano Ramiro Norea, que vous avez été chercher celte nuit au faubourg, a été commandé pour unè expédition prochaine de contrebande. Il s’agit d’une cargaison dé vins de France — pour les moines de San-Francisco de Cadiz. Sa réputation s’étend bien loin, comme vous voyez... est-ce que monseigneur ne songe pas à faire pendre ce mécréant?
— Il vous a causé quelque dommage, mon révérend?
—Non, pas précisément, mais là rriorale et la vertu qu’il outrage...
— A d’autres, saint père; — mais dis-moi, et le Manuel?
— J’ai votre affaire, fit le moine en souriant. Hier, à dix heures du soir, le chanoine doin Manoel était en aventure galahte avec une dame qui s’est trouvée à sa rencontre non loin de la Giralda.
Après avoir exprimé par son étonnement l’invraisemblance d’une pareille assertion, don Luis songea cependant à la bizarrerie des femmes, — surtout en amour.
— En es-tu sûr? reprit-il.
—Tout à fait. 11 avait une clef dé la cathédrale ét il y est entré parune petite porte.
— D’où sais-tu cela, serpentdit don Luis, rongé de colère.
— Je prends tous les matins le chocolat chez cette darne et j’espère un jour diriger sa conscience.
— Tu es un imbécile, dit don Luis, va-t’en !
Le moine glissa comme un chat sur le parquet et disparut.
Le comte fit signe au gentilhomme d’approcher. L’air évaporé et les manières tranchantes de celui-ci disparurent au fur et à mesure qu’il avançait vers son maître.
—Eh bien! don Juan de Mosquira, qu’avez-vous à m’apprendre?
— Une seule chose, monseigneur : l’archevêque et le prieur de Santiago...
— Je sais cela. Juan, mon ami, tu te négliges. Tu prends au sérieux le masque dont je t’ai affublé. Il faut mieux faire ton métier, mon cher, si tu tiens à con.server mes bonnes grâces. Laisse-moi.
Don Juan de Mosquira s’inclina et sortit, non sans avoir lance un regard dédaigneux au laquais qui se tenait derrière la porte.
Don Luis marcha vers l’homme du peuple et lui frappant sur l’épaule t
— Eh bien ! José, mon fidèle, as-tu déterré le Manoèl?
— L’amant de doua...
— Silence I
— J’ai tenté tout à l’heure de faire parler la duègne et elle, a fini, après bien des façonfe, par m’avouer que Mahoel n’était pas un hom. — Diable !
— Je lui ai promis de l’or, je l’ai menacée de la prison, du giliet et de mon couteau, rien n’y fit; elle n’a pu desserrer tes dents sur le véritable nom. Doiia... la dame le liii a caché, vraisemblablement. — Crois-tu ?
Oh ! je connais assez la vieille pour nb pas l’estimbr aù-^üèssus des arguments que j’ai employés en sa faveur.
— C’est tout?
Je suis allé par fantaisie me promener à la Giralda, après quê vous m eûtes quitté ce matin, et j’ai trouvé au sbmmef ces brins de plume couleur orange.
— Je sais, fit le comte.
— Ils viennent de lapiurae du feutre de votre cousin dbh Carlos,-' qui est sorti cette nuit de la tour avec vous, monseigneur. ^
— C’est vrai.
— Ah ! j’oubliais, ajouta l’espion avec nonchalance, la duègne m’a encore dit autre chose : — Quand la marquise l’a rejointe, elle avait 1 air effaré et les yeux hagards ; elle a remarqué en outre que le derrière de sa mante était souillé de poussière, et comme si elle se fût frottée à un mur.
— C’est bien, José, je suis content de toi. Viens un peu de ce côté. Le comte marcha vers un placard, l’duvrit et en tira un paquet
qu’il mit entre les mains du majo.
— Tiens, mon brave, lu füifîeras ceci en mon honneur. Du tabac de pi’eraier choix.
— Merci, monseigneur.
— Ecoute. Tu continueras les fechefehes, car je tiens beaucoup à mettre la main sur cet amant inconnu...
Don Luis vit bien à l’air de l’ëspion qu’il était coinjiris. 11 continua.
— Tu vas descendre fidr l’escalief sècret. Tu suivras le mur du jardin. — Voici la clef dé la petite porte. Une fois dans le parc tu marcheras à droite et, arrivé au bord dû Cuadalqüivir, tu casseras une branche d’oranger avec Son frilit que lu jetteras au milieu du fleuve. Une barque abordera et tu è'ônduirSs Ÿèrs moi l’homme qui viendra à toi. Va,, mon fidèle, et sols prompt.
Don Luis fit jouer un ressort et fin panneau de la boiserie s’ouvrit, par lequel José sortit, puis il courut vers la fenêtre et suivit des yeux son digne confident qu’il perdit de vue; mais qui reparut bientôt accompagné d’un autre homme.
— C’est lui! se dit-il, et il alla au-devant de ces deux homjnes qui entrèrent bientôt dans le' salon.
Le panneau se referma sur eux.
— Laisse-moi, José, j’ai à causer avec Ramiro, (jue tu connais sans doute.
Si je le connais ! exclama José, certainement : Ramiro et moi sommes de vieilles connaisgqnçes, de vieux amis.
Non, dit le nouveau venu en repoussant la main tendue vers lui, je ne suis pas 1 ami de ceux qui se sont faits espions.
— Taime mieux être espion qu’assassin.
Parce que tu es un lâche, et que tu aimes mieux assassiner aVec. la langue; tandis que moi,c’est en plein jour, et corps à corps, que je tue. Jamais tu ne m’as vu me poster derrière un buisson ou me servir de mes amis. Non pas, je suis plus noble que cela : j’attaque celui qu’on m’a ordonné de tuer, je lui offre le combat...
D accord, mais tu as à ton service une botte infaillible et s’il refuse... C est de l’honneur à ta façon. — Va, si tu me crois, nous nous serrerons la main, et tout sera oublié.
— Je suis gitano et fils do la montagne, je n’ai pas besoin de tou amitié. Va-t’en, monseigneur te l’a déjà dit.
José sortit eu lançant un regard de sourde haine sur Ramiro, qui lui tourna le dos et s’avança vers don Luis.
Le gitano Ramiro Norea ctaiL comme il l’avait dit,, un de ces enfants des moniagnés et de la liberté, dont le type est vivant èhcoré; parias de la société qu’ils fuient, non parce qu’ils en sont méprisés, mais parce qu’ils en détestent les préjugés; natures sauvagès et fières, refusant d’obéir à des souverains, mais pliant aveuglément sous des lois étranges qu’elles se sont imposées elles-mêmes; hommes aux mœurs patriarcales, aux amours ardentes, aux haines toujours vivaces et auxquelles il faut du sang pour s’attiser ou s’éteindre.
Nous n’entreprendrons pas une minutieuse description de ces peuples noniades et universels, connus sous différents rioms, selon les contrées qu’ils habitent; nous nous contenterons de dire que ces gitano's, jadis rcpoiissés, corriraencent à présent à s’approcher des villes, et que ceux qui ne se livrent pas aux métiers les phis infimes, savent trouver leur existence et fournir aux besoins de leurs familles toujours très nombreüsês : ceux-ci tondent les mulets, ceux-là sont forgerons, etc. — Nous en avons vu un à Cadix, fils dégénéré, trafiquant de l’infamie, qui, à l’industrie de vendre dans les rues de la viande de rebut, joint celle d'entremetteur.
* —- Ramiro Norea, dit le comte d’Àracena, tu te souviens; n’est-ce pas, du serment qué tu me fis il y a bientôt un an?
— Oui, monseigneur.
— Et à quelle occasion? Redis-moi cela.
— J’allais être pendu, lorsque vous m’avez accordé ma grâce, à la condition que je vous serais' dévoué corps et àme, et que je frapperais ceux que vous m’indiqueriez.-
— Et?...
— Et j’ai juré d’obéir, ainsi que de... me contenter de tuer et non
de combattre. ^
— Ce n’est pourtant point cela que tu disais tout à l’heure à l’ami José.
— Eh! monseigneur, on a son amour-propre... pour l’avenir.
— Ramiro, il y a encore, si je ne me trompe, une clause à notre marché; mais celle-là, par exemple, est toute en ta faveur.
— Vous avez limité ce marché à quinze victimes : il y en a déjà onze. Je vous connaissais assez, monseigneur, pour me croire bientôt libéré de mon serment, fit le gitano en souriant.
— Vois-tu, Norea, j’ai pour habitude de ne jamais faire une chose sans en peser d’abord toutes les chances et sans en prévoir toutes les conséquences. Je connaissais, moi aussi, ton caractère d’honnête bandit, et comme je tenais à te conserver longtemps, j’ai exigé une promesse sacrée. C’est dans ton intérêt, mon cher, il faut m’en savoir gré; car, avec ta vaillantise d’assassin, tu ne ferais pas de longs jours.
— Maintenant tu vas savoir ce que je veuxjde toi. — Le vent serat-il bon demain, pour permettre à ton lougre de tenir la mer?
— Je lè crois.
— Est-il prêt à mettre à la voile?
— H est à San-Lucar, tout gréé et pafé; mon second est intelligent.
— As-tu grande confiancejen lui?
— Caramba ! comme en moi-même.
— Écoute-moi bien. Cette nuit, avec les deux hommes que tu as laissés dans ta barque, tu viendras dans cetté chambre, par cet escalier dérobé. — Vous m’attendrez. —Quand il sera temps, je vous conduirai dans un appartement où se trouvera une femme. — Vous vous saisirez de cette femme : si elle veut crier, vous la bâillonnerez.
— Vous l’emporterez dans la barque, et à force de rames, si le vent et le courant ne suffisent pas, descendez au plus vite le Gnadalquivir.
— Arrivés à San-Lucar, tu remettras ta prisonnière aux mains de ton second èt fui ordonneras de la Conduire à Cadix, où elle est déjà attendue. Tu m’as bien compris, n est-ce pas? — D’ailleurs, ce ne sont point mes dernières paroles. Quant à toi, lu reviendras aussitôt à Séville; j’ai à te charger d’une autre affaire. — Ramiro, il y a mille piastres pour toi, si tout réussit. —Va, mon brave, je n’ai pas besoin de t’indiquer le secret du panneau, tu le connais de reste. — Voici la clef de la porte du parc.
Le gitano fit jouer le resssort, et comme il allait franchir la porte secrète, le comte le rappela.
— Norea! Norea! attèiids!... Diable! il faut changer nos pians. —
Vois-tu, querido,ic viens de trouver, là, sur cette table, un billet qu ;vàut de l’or. -
— Est-ce que la dame consentirait à vénir de bonne volonté à Cadix, monseigneur? dèmànda Ramiro en s’avançant vers le comte.
Don imis dévorait le billet des yeux, et s’écria :
— Ah ! ce cher cousin ! ce bon Carlos, comme il m’a trompé ! joué comme un écolier... H faut que Satan s’en mêle, ma parole d’honneür !... ainsi ; Paquarita est libre, et Carmen... — Viens çà, Ramiro. Considère ce que je t’ai dit tout à l’heure comme non avenu. A demain l’expédition amoureuse! au plus pressé d’abord... Tu iras te poster avec tes deux hommes sur là route de Cordoue, et tu attendras avec patience qu’un jeune garçon y passe. Il sera sans doute accompagné, mais n’importe : Feu! sur tous les deux. Je ferai en sorte que ce soit à dix heures. Va.
— Monseigneur!... fit le gitanO sans bouger.
— Eh bien?
— Monseigùeur oublie une chose importante.
— Laquelle?
— C’est qu’il arrive fréquemment que la route de Cordoue est suj- . vie par un grarid nombre de jeunes garçons et quç, faute du signalement de celui qui gêne votre seigneurie çt qu’elle désire faire passer de vie à trépas, jè ne puis guère, afin de ne pas le manquer, suivre l’exemple de mèssire Hérode en exterminant tous ceux à qui la fantaisie viendra de prendre ce chemin.
— Tu as, pardieu, raison, et je ne sais vraiment où j’ai la tête. Voici le signalement : Jolie tète, vingt-trois ans, cheveux longs et bouclés, moustache blonde et relevée, rubans et plume orange, — et d’ailleurs, viens ici, je puis justement te le montrer.
Ramiro s’approcha d’une fenêtre opposée à celle qui donnait sur le parc.
— Vois-tu, dit le comte, ce beau cavalier qui traverse la cour du palais.
— Parfaitement, monseigneur.
— Eh bien! c’est lui. Va-t’en à présent.
— Monseigneur, j’ai bien peur de ne pas aller jusqu’au quinzième!
— Et pourquoi cela, sefior?
— C’est que vous êtes trop expéditif, et que si la Sainte-Hermandad
s’avisait de songer à moi... mon procès ne serait pas long, savezvous! .
— N’aie aucune crainte, Norea ; la Sainte-Hermandad, lès alcades
elles alguazils sont sous ma dépendance, et j’en fais ce qu’il me plaît. D’ailleurs, ils ont à penser à mille choses avant de s’occuper d’uu brave tel que Ramiro Norea. . ^ .
— Mais, monseigneur, votre frère?...
— Mon frère est plus facile à conduire encore. Laisse-moi : à ce soir.
Le gitano disparut par la porte secrète.
Voici le contenu du billet qui avait opéré ce changement dans les ordres du comte :
« Monseigneur.
» Don Carlos d’Aracena est son amant. Trouvez-vous, ce soir, au » jardin, à la nuit tombante, je vous donnerai des détails. »
Le comte brûla le papier à une bongie, en disant ;
— Viva la Teresa!