‹ La Glande à Sécrétion Interne de l'Ovaire Humain Étude Anatomique et Physio-PathologiqueChapitre 11 sur 23 · TO · texte numérisé non relu

TO

A) Physiologie de l’Ovaire en dehors de la gravidité

1° Trophicité de l’appareil génital et des caractères sexuels secondaires.

a) LORS DE LA PUBERTÉ.

La castration chez les femmes jeunes trouble le développement de l'appareil génital et empêche l'apparition des caractères sexuels secondaires. Ce fait paraît bien démontré ; dans l'antiquité, on faisait des eunuques femmes en castrant des petites filles. Une telle pratique existe encore de nos jours dans l’Asie centrale. Les Hedjéras n’ont ni seins ni mamelons, leur appareil génital externe est atrophié et leurs caractères somatiques sont presque masculins : elles ont la voix grave et le bassin etroit.

Il y a dans la littérature médicale quelques cas d'agénésie des ovaires avec manque d'apparition des caractères sexuels. On cite également quelques exemples de castration pratiquée pendant l'enfance, dont les résultats ont été désastreux au point de vue du développement.

Quel rôle faut-il faire jouer à la glande ovarique dans cette action trophique et morphogène exercée sur le tractus génital, Pour avancer dans cette étude, il faudrait poursuivre l'analyse des relations évidentes et globales que nous venons de rappeler. Gela n'a pas été pos:

sible chez la femme ; mais la question a été très fouillée

ne

chez les animaux. Depuis Hégar et Kehrer, qui provoquaient l'atrophie des utérus chez la lapine par ablation des ovaires, de nombreuses expériences ont été faites. Nous n'en voulons retenir que les conclusions ; elles ne sont pas propres à établir une solution définitive du problème.

Fraenkel croyait avoir démontré que c’est le corps jaune qui agit sur l’utérus pour causer et maintenir son complet développement et qu’en l'absence de corps jaune l'utérus s’atrophie. Quelques années plus tard, Villemin confirmait cette opinion par des observations faites chez les animaux de boucherie et par deux nouvelles méthodes expérimentales : la mise en ectopie et la destruction élective de l'appareil folliculaire grâce aux rayons X.

Iscovesco (1) a obtenu de très intéressants résultats en injectant aux lapins des extraits de corps jaune de gros animaux. Il a expérimenté avec divers produits solubles dans l’acétone, l'alcool et l’éther, c’est-à-dire avec des lipoïdes. Ils ont une action variable, mais la plupart d’entre eux ont produit une hyperplasie du tractus génital. C’est ainsi que chez de jeunes animaux, il a pu obtenir un développement des utérus quatre fois plus considérable que chez les témoins. Les expériences duraient trois mois, pendant lesquelles l'animal recevait des injections répétées. Ces expériences sont du plus haut intérêt ; elles auraient été reproduites avec de semblables

résultats par Fellner, Hermann, Nafilian (+).

(HS coyEScos CPR ES APiol roue. lp 8581; -p. 110 104 TÉOMTOLO, LD. 3007 (2) Nafilian. — Thèse de Paris, 1913-14, n° 268

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Ces expériences sont donc un bel exemple d’une action morphogène d’origine chimique et la première détermination d’une substance capable de produire, par une action très lente, le développement d’un organe. Ce sont ces produits que Gley a baptisés, par avancé, des härmozones. ‘

Mais des résultats contradictoires sur le rôle trophique de la glande ovarique ont été publiés dans le même temps et sur la même espèce, qui avait servi aux expériences précédentes, la lapine.

Regaud et Dubreuil ont fait tout une série d'observations d'où résulte qu’il n'y a pas de rapports entre le développement du tractus génital et l’état des ovaires. Ils révoquent les conclusions de Fraenkel ; pour eux ce n'est pas le corps jaune qui régit la trophicité du tractus génital. Bucara a obtenu également par la méthode des greffes ovariennes des résultats qui ne plaident pas en faveur de l’action du corps jaune. Tout récemment Bondi et Neurath (1) ont fait des greffes ovariennes chez des rats femelles de trois mois. La conséquence a été très souvent la stérilité des animaux et l'atrophie du tractus génital. La base expérimentale est déjà sapée par ces divergences.

Serait-elle bien établie chez le lapin qu'elle resterait de peu de valeur pour le problème de la puberté chez la femme. C'est ici le lieu d'illustrer par un exemple

ce que nous avons avancé au début de ce travail

(1) Bondi et Neurath. — Wiener kl. Wochensch, 8 juin, 1922, CD DE

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