TRUE
le danger de se baser uniquement sur la physiologie comparée, dans l’étude de l'appareil génital.
1) L'ovaire de la lapine est absolument différent de l'ovaire humain. Il contient une glande interstitielle et des corps jaunes qui, si l’on en croit la plupart des auteurs, ne se forment qu'à l’occasion de l’accouplement, c'est-à-dire de la gravidité. S'il était démontré que je corps jaune de la lapine régit la trophicité utérine, quelle conclusion serait-on en droit d'en tirer concernant les
éléments de la glande ovarique humaine ?
2) Mme Mulon expose très justement quelques faits tirés de la clinique et de l'observation humaine, qui permettent de discuter du rôle de l'ovaire humain. La puberté, époque du développement du tractus génital, ne coïncide pas toujours avec l'instauration des menstrues ; les deux phénomènes peuvent être en retard ou en avance, l’un par rapport à l’autre, de quelques années. Lors de la menstruation se forme le corps jaune; cette glande n’est donc pas indispensable à la puberté. S'agit-il d’une action des formations lipoïdiques ? Des examens faits au cours de cette dissociation des phénomènes pubertiques pourraient renseigner sur l’état de l'o-
vaire.
3) L'existence de caractères sexuels secondaires chez des sujets hermaphrodites, considérés comme féminins et porteurs de glandes génitales mâles, doit rendre circonspect sur ce sujet en matières d’hypothèses.
4) Enfin on a observé le manque de puberté et l’absen-
pla
ce de tout caractère sexuel secondaire féminin dans les lésions des glandes à sécrétion interne autres que l’ovaire ; ainsi dans les lésions congénitales du corps thyroïde entraînant le myxædème avec idiotie et dans les lésions de l’hypophyse causant le syndrome adiposo-génital ou le nanisme avec infantilisme.
En résumé, nous ne pouvons pas attribuer formellement à la glande ovarique une fonction dans le dévelop-
pement pubertique de l'utérus.
b) APRÈS LA PUBERTÉ.
L'action n'est pas du tout la même si la castration est faite après la puberté. Nombreux sont les exemples de castrations faites chez des femmes de 20 à 30 ans, qui n'ont amené aucune modification du système pileux, des seins et des autres caractères sexuels. Ce sont des faits bien connus. L'état de l'utérus après la castration a été étudié autrefois, quand l'opération de Hégar était de pratique courante. Il a été publié des résultats divers. Terrier croyait à l’action trophique de l'ovaire sur l'utérus. Glovecke, Goltchalk ont vu l’atrophie de l'utérus et du vagin. De Rouville (1) à retrouvé six ans après la castration un utérus du volume du pouce.
Mais ce sont là, en réalité, des faits très inconstants et d'une revue d'ensemble, Pozzi concluait à la variabilité des résullats après la castration, tandis que Weymeersch croit que la diminution de volume de l'utérus après
l’'ovariotomie n’est que passagère.
G) De Rouville. — Soc. de méd. et chir. de Montpellier, janvier
RS a
. Dans un cas que nous avons eu l’occasion d’oberver et qui concernait une femme d'une quarantaine d'années, castrée 11 ans auparavant, l'utérus était atrophié et sa cavité légèrement dilatée.
Nous en avons fait l'examen histologique. La musculeuse est presque normale, on peut noter cependant que les faisceaux de fibres sont séparés les uns des autres par un tissu conjonctif assez abondant, ce qui signifie un processus de sclérose atrophique. La muqueuse est extrêmement modifiée, elle est réduite en hauteur, son stroma est très dense et formé de cellules fusiformes, de telle sorte qu'il se distingue très malaisément de la couche musculaire sous-jacente. Dans ce stroma existent des nodules lymphoïdes typiques avec des ceiiules pâles comme celles des centres folliculaires et de nombreux lymphocytes. Les glandes sont rares, étroites et contournées ; elles sont comme étouffées par le stroma compact. Les cellules glandulaires, de même que l’épithélium de revêtement, sont un peu plus basses que normalement.
L'hystérectomie avait été commandée par des métrorragies tenaces ; on en voyait les signes histologiques sous forme de raptus hémorragiques nombreux et d’un abondant afflux leucocytaire.
Il serait intéressant de vérifier par d’autres examens les particularités de structure que nous venons de décrire. Nous n'avons pas trouvé de renseignements dans la littérature sur les modifications histologiques de l’utérus après la castration chez la femme.
La radiothérapie, très employée en gynécologie depuis quelques années, fournit un nouveau moyen de
Do
juger de l’action trophique de l'ovaire sur l'utérus. On sait, en effet, que les rayons X, à fortes doses, réalisent en très peu de temps une destruction complète des folli-: cules et suppriment tous les éléments de la glande ovarique, Un des premiers travaux parus à ce sujet est celui de Reifferscheid (1). Il a vérifié l'existence d'une véritable castration sous-cutanée chez les animaux et chez la femme,
Depuis lors de nombreux travaux confirmatifs ont été publiés, notamment par Regaud et ses élèves.
On a employé les radiations ræntgeniennes, et plus rarement le radium, pour traiter les fibromes utérins.
L'efficacité de cette thérapeutique est aujourd’hui démontrée par bon nombre de cas, mais le mécanisme de cette action n’est pas parfaitement connu. Tandis que les Allemands attribuent la régression de la tumeur utérine à la seule destruction ovarienne, et admettent, par conséquent, l’action trophique de l'ovaire sur l'utérus, les radiologistes français croient que les radiations ont une action atrophiante directe sur les fibres musculaires lisses néoformées. L'effet de la castration serait accessoire et la régression rapide de certains fibromes ne pourrait s'expliquer que par la radio-sensibilité des éléments néoplasiques. (2)
Ge qui rend l’expérimentation par les rayons plus mé-
diocre encore, pour juger de la physiologie de l'ovaire,
(x) Reifferscheid. — Zentrablatt f. Gyn., 1910, tome I, 30 avril, Db.509:
(2) Zimmern. — Gaz. des Rôp., 1921, p. 1147.
c'est qu'il subsiste un doute sur la réalité même de la régression utérine par cette thérapeutique. Ce qu'on a observé nettement, c'est l'arrêt des hémorragies étreest à une autre question que celle dont nous traitons ici,
Quant à la diminution de volume de la tumeur, elle ne se produit qu'inconstamment. Lorsqu'elle existe, ne peut-elle ètre mise sur le compte de la décongestion et de la disparition de l'æœdème ? Ce sont les fibromes mous qui régressent le mieux sous les rayons X.
En définitive, nous conclurons que l’action trophique de l'ovaire sur l'utérus n’est pas démontrée par la pratique de la radiothérapie.
Nous ne chercherons pas à invoquer ici une action endocrinienne que nous n'avons pas pu présenter comme certaine pour l'effet, cependant bien plus démonstratif, résultant de la castration pré-pubertique.
Après destruction d'une partie essentielle de l'appareil génital adulte, on voit le plus souvent la partie restant: s’atrophier. Elle est désormais privée d'usage et il semble que cette raison soit suffisante pour expliquer son atrophie. La loi générale des adaptations fonctionnelles ne dit-elle pas que les organes ne sont maintenus en parfait état anatomique que par l'exercice même de la fonction ?
Il n’y a donc pas lieu d'admettre qu’une sécrétion interne de l'ovaire régisse la trophicité du tractus génital adulte.
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2° Variations cycliques de la muqueuse utérine
De l’action trophique de l'ovaire sur l'utérus, il faut rapprocher l’action de l’ovaire sur les variations cycliques de la muqueuse utérine.
Ces variations consistent en changements d'aspect et de structure de l’endomètre suivant les périodes du mois où il est considéré. Cette étude est relativement récente (1) ; l'abondance des pièces chirurgicales l’a permise et aussi la correction d’une erreur qui avait fait étiqueter « métrite glandulaire » l’état d’hyperplasie muqueuse périodique qui, jusqu’à un certain degré, est un phénomène normal. Nous croyons que c'est Theilhaber et surtout Hitschmann et Adler qui ont clairement exposé les premiers le cycle structural de la muqueuse utérine (1908).
Ils le divisent en 4 stades schématiques, reliés par
toutes les transitions.
1) L’intervalle, la muqueuse est lisse, pâle, de faible épaisseur à la coupe (un à trois millimètres). Le stroma adénoïde est indifférencié, de type embryonnaire. Seuls, les noyaux y sont apparents. L'épithélium superficiel est au repos, il porte des cils vibratils. Les invaginations glandulaires constituent des canalicules étroits, presque droits et perpendiculaires à la surface de la muqueuse.
(1) Les anciens auteurs n'avaient pas été sans noter les variations de la muqueuse utérine. Pouchet connaissait la decidua menstrualis, et de Sinéty (Bull. Acad. de méd., 1881) décrivait l'allongement et l'élargissement des glandes utérines avant les règles. Mais les phénomènes congestifs et l'infiltration séreuse avaient surtout retenu leur attention.