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(4) Delespine. — Th. Paris, 1904-05, n° 443.
ovariennes ou annexielles, sont indiscutables, Ils nous paraissent très intéressants et, à propos de quelques observations inédites, appartenant soit à M. Lecène, soit à nous-mêmes, nous reprendrons avec notre maître l'étude de cette question et montrerons que les néoplasies ovariennes sont susceptibles de produire, non seulement des métrorragies, mais encore des modifications structurales de la muqueuse utérine.
Cette cause de métrorragie, si bien établie soit-elle, est exceptionnelle.
2) On a rattaché, un moment, les hémorragies utérines à l'ovarite scléro-kystique.
Lawson Tait, Fraikin, Richelot admettaient l’association fréquente de la sclérose utérine et de la sclérose ovarienne. Cornil (1) avait noté, lui aussi, ce rapport.
La thèse de Barraud (2) donne la statistique de 94 métrorragies sur 277 cas d'ovarite scléro-kystique.
L'étude systématique des pièces opératoires montre bien vite qu'il n'y a aucun rapport fixe entre la transformation kystique des ovaires et les hémorragies utérines. Les kystes folliculaires sont extrèmement fréquents ; ils existent très souvent chez les femmes bien portantes, ils manquent lorsqu'il y a de gros troubles menstruels.
Ils ne sont donc pas la cause des métrorragies.
3) L'étude histologique des ovaires scléro-kystiques
(Forgue et Massubuau) {3) a montré qu'il fallait les dis-
.(x) Cornil. — In th. Hepp., Paris, 1898-99, n° 44r, p. 42.
(2) Barraud. — Th. Bordeaux, 1902-1903.
(3) Forgue et Massabuau. — Revue de Gynécologie, 1910, p. 96 à 155, 208 à 285, 305 à 398.
tinguer les uns des autres, suivant la structure de la paroi des kystes. Certains, en effet, ne contiennent plus aucun parenchyme ovarien. Il y a une dégénérescence totale de la glande et les parois des poches, minces et scléreuses, sont tangentes entre elles. D'autres ovaires montrent des parois kystiques, très riches en cellules. Ce sont des éléments de deux ordres : les cellules de la couche interne sont petites et sombres, elles dérivent de la granulosa du follicule ; les cellules de la couche externe sont plus grandes, plus claires, et semblent être des éléments glandulaires, elles dériveraient de la théque folliculaire et on les appelle généralement des cellules lutéiniques. Nous avons exposé au chapitre I la morphologie de ces cellules péri-kystiques et nous avons dit qu'elles renfermaient parfois des gouttelettes fines
constituées par des lipoïdes.
L'école de Montpellier soutient actuellement que ces cellules péri-folliculaires des ovaires scléro-kystiques sont la cause des métrorragies.
Puisque la fonction menstruelle est sous la dépendance de la glande ovarique, il est tout naturel d'admeitre que le fonctionnement pathologique de cette glande entraînera des troubles de la menstruation. Dans le plus récent travail sur ce sujet, de Rouville et Sappey (1)
s'expriment de la façon suivante
« La menstruation est due à la sécrétion interne de
(1) De Rouville et Sappey. — Gyn. Obst. 1929, t. V, p. 1. Voir aussi Congrès de Gyn. 1921 (in Gyn. Obst., 1921, t. IV, p. 499) et Sappey. Th. Montpellier, 1921-29, n° 7.
l'ovaire ».. un hyperfonctionnement de cet appareil « produira l'hémorragie pathologique ».
Nous suivrions volontiers dans le raisonnement a marche inverse, c’est-à-dire que nous voudrions, une fois démontré le rôle pathogène de la glande ovarique, conclure de ce vice de fonctionnement à la nature de la fonction normale, L'argument tiré de la physio-pathologie complèterait heureusement la démonstration, que nous savons un peu faible, du rôle physiologique. Mais qu'importe ! l'essentiel est de vérifier la théorie que nous venons d'exposer.
-Sappey apporte six observations d'hémorragies utérines importantes avec hyperplasie de la glande ovarique. L'une d'elles concerne un fibro-myome, une autre un chorio-épithélioma ; ce sont des cas où il n’est pas besoin de faire intervenir une action ovarienne pour expliquer l’hémorragie.
Dans les quatre autres, la muqueuse utérine est épaisse et présente un grand développement des tubes glandulaires ; il est difficile de savoir à la lecture des observations, s’il s’agit ou non de métrites infectieuses (x).
Les cas de Sappey, trop peu nombreux, ne sont pas des mieux choisis. Il en tire cependant des conclusions si formelles qu'il est nécessaire de le citer ici
« Là où il y a hémorragie, il y a augmentation con- « sidérable des cellules lutéiniques ; là où il n’y à pas
(1) L'auteur parle à plusieurs reprises de réactions inflammatoires dans la muqueuse utérine, avec infiltration de cellules rondes à type de plasmocytes; ce qui serait caractéristique d’une infection.
De plus, l'observation IV rapporte que la trompe gauche est épaissie et oblitérée au niveau du pavillon.
« d'hémorragie, il y a hyperproduction modérée de ces « cellules... Ce principe est tellement absolu, qu'au « cours de nos recherches, il nous est arrivé, dans le Ia- « boratoire d'anatomie pathologique, par le seul exa- « men d'ovaires dont nous ne connaissions pas la symp- « tomatologie, de faire, d’une façon courante, le diag- « nostic de syndrome hémorragique ou non hémorragi- « que, qui, Chaque fois, était vérifié exact ».
Sous cette forme, l'affirmation est tout à fait excessive ; nous avons vu, plus haut, que les hémorragies utérines se produisent pour des raisons diverses et il ne vient à l’idée de personne qu'on puisse connaître, par l'étude des ovaires, les métrorragies qui se produisent dans l’ictère grave ou chez les malades porteuses de polypes utérins muqueux ou fibreux. Nul n’a cherché à expliquer les hémorragies de l’hypertrophie prostatique par l'existence de lésions testiculaires. Si l’adénome prostatique peut entraîner des hémorragies uréthrales par excès de congestion, pourquoi un fibrome situé au voisinage de la cavité utérine ne causerait-il pas par l'irritation de sa présence et à cause de la congestion entrainée par son rapide développement, des suintements sanglants ? Dans les cas témoins destinés à confirmer sa thèse, Sappey rapporte un observation (IX) de fibrome utérin avec ovaires scléreux et explique l'absence d’hémorragies par l'absence de cellules glandulaires dans l'ovaire, Les exemples sont innombrables de fibromes ayant entraîné de grosses métrorragies bien au-delà de
la ménopause et à l'examen anatomique desquelles on
à trouvé des ovaires séniles, dépourvus de tout follicule, et de tout élément de la glande ovarique.
Ce sont là, évidemment, des exagérations de la théorie.
Il faut, du moins, en vérifier le bien fondé dans les cas où ‘aucune lésion vasculaire ou locale n'est la cause des métrorragies,
Nous avons dit au début de ce travail que nous avions justement été conduit à l’entreprendre par cette même hypothèse de travail : l’origine ovarienne de certaines métrorragies. Or, nos recherches, poursuivies depuis 1920, nous ont détourné de l'idée, qui d'abord nous avait entraîné, et voici que nous devons conclure maintenant qu'il n'y a pas de rapport direct et constant entre la richesse des formations glandulaires de l'ovaire et les métrorragies utérines.
Comme toujours en biologie, la différence des résultats tient à la différence des techniques. La plupart des auteurs qui ont fait ces recherches avec nous, ont étudié uniquement les coupes obtenues par inclusion à la paraffine, après dissolution des graisses.
Nous avons, au contraire, toujours fait simultanément, et par comparaison, les examens histologiques par les deux méthodes de l'inclusion avec dissolution des graisses et de la congélation avec caractérisation des graisses.
Tous les auteurs admettent, cependant, avec nous, que Ja glande ovarique sécrète des lipoïdes et que c'est là son produit actif. Nous avons vu, au chapitre précédent, les
raisons anatomiques et expérimentales qui ont fait ad-